Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme
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Bruno Gollnisch (capture d'écran YouTube, 14/12/2020).

Membre du bureau national du Rassemblement national, Bruno Gollnisch (1950 -) est l'un des fidèles de Jean-Marie Le Pen.

Il a notamment été député (1986-1988), conseiller régional de Rhône-Alpes (1986-2015) et député européen (1989-2019) sous les couleurs du Front national (FN) puis du Rassemblement national. Un temps secrétaire et délégué général du FN et son vice-président, il s’est opposé à la normalisation du discours frontiste. Il est le candidat malheureux à la présidence du parti d'extrême droite lors du Congrès de Tours (janvier 2011) qui a consacré Marine Le Pen. Yvan Benedetti était alors l'un des coordinateurs de sa campagne.

Pour certaines de ses déclarations légitimant le négationnisme (notamment en octobre 2004, à l’occasion de la sortie d’un rapport sur le négationnisme à l’université Lyon III), cet ancien professeur de langue et civilisation japonaises à l'université Lyon II a été suspendu de ses fonctions d’enseignement en 2005. Condamné le 18 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Lyon à trois mois de prison avec sursis et à 5 000 euros d’amende pour contestation de crimes contre l’humanité (jugement confirmé ultérieurement), il s'est pourvu en cassation. En juin 2009, la Cour de cassation a annulé sa condamnation.

Le lendemain des déclarations de Marine Le Pen sur les camps d’extermination qualifiés de « summum de la barbarie », Bruno Gollnisch a signé la pétition initiée par Paul-Eric Blanrue avec le concours du physicien belge Jean Bricmont « pour  l’abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » [archive].

Début novembre 2012, Gollnisch est annoncé comme participant à la « Rencontre des “têtes de réseaux” représentants l’engagement chrétien en politique et l’engagement sociétal chrétien » réunissant les dif­fé­ren­tes com­po­san­tes de l’oppo­si­tion au mariage de personnes de même sexe. Sébastien Trejo (alias Monsieur K) y participe également. Alain Escada, président de Civitas, et Michel Janva du Salon Beige, font partie des « absents ou représentés ».

En janvier 2014, le site AgoraVox fait circuler une photo (datée d'octobre 2013) sur laquelle il apparaît en compagnie de Jean-Marie Le Pen et de trois autres individus en train d'effectuer une quenelle. Deux mois plus tard, le député européen expliquera ainsi la signification de son geste tout en faisant une allusion très nette au pseudo-dérapage de Jean-Marie Le Pen qualifiant les chambres à gaz nazies de « détail de l'histoire » : « le salut de la quenelle est une parodie aimable et édulcorée de bras d'honneur fait à l'égard des puissances de l'establishment et ainsi que d'ailleurs du présenté arme. Mais comme beaucoup de nos collègues n'ont pas suffisamment d'éducation militaire, ils ne connaissent pas ce détail. Nous savons qu'au Front national, il [y a] des détails d'une extrême d'importance ».

Suite au décès du négationniste Robert Faurisson, Bruno Gollnisch « constate que [sa] mort est très largement médiatisée » et souligne que les « persécutions [à l'encontre de Faurisson - ndlr] finalement se retournent peut-être contre leurs auteurs et ont plus fait peut-être pour la propagation des conceptions ou les analyses de Monsieur Faurisson que si on l’avait laissé s’exprimer et si on s’était donné la peine de réfuter publiquement ses positions puisqu’il paraît que ses positions sont abominables, affreuses, qu’elles ne reposent sur rien, qu’elles sont tout à fait contraires à la vérité… Je pense qu’il devrait être facile de le prouver ».

Il affiche son soutien à Hervé Ryssen, suite à l'incarcération du négationniste en septembre 2020. Il signe d'ailleurs la pétition « Liberté Pour Ryssen » présentée comme un « appel tous les défenseurs de la liberté d'expression ».

Fin octobre 2020, Bruno Gollnisch intervient à la journée de formation organisée par Civitas sur le thème « La Vérité vous rendra libre » pendant laquelle il revient sur lois Gayssot et Taubira qui, selon lui, « interdisent de rechercher la vérité en histoire », ajoutant que ces « mensonges ont leurs procès en sorcellerie, ont leurs procureurs et leurs juges » et que « défendre la vérité c’est combattre ce mensonge et ce mensonge est partout ».

Alors que le parquet requiert 10 000 euros d'amende à l’encontre d’Éric Zemmour qui comparait à Paris pour contestation de crime contre l'humanité début décembre 2020 après avoir soutenu en octobre 2019 sur CNews que le Maréchal Pétain avait « sauvé » les Juifs français, Gollnisch reprend dans un tweet la phraséologie négationniste tout en défendant le chroniqueur. Dans une interview au journal Le Point, il reviendra une nouvelle fois sur les propos d’Eric Zemmour au sujet de Philippe Pétain qui « n’a dit que ce que nous disent beaucoup d’historiens ».

Gollnisch prend également la défense du Pr Jean-Bernard Fourtillan, qualifiant d'« extrêmement grave » son éphémère internement en soins psychiatriques. Il dit voir en lui une « sommité de la Pharmacologie, un lanceur d’alerte au sujet des nouveaux vaccins, un savant persécuté judiciairement qui a obtenu, contre la maladie d’Alzheimer, des résultats qui mériteraient d’être analysés ».

Gollnisch est de ceux qui s'exprime dans les médias de la mouvance Falun Gong, relais de la complosphère de l’extrême droite américaine.

Proche de la mouvance soralo-dieudonniste, Bruno Gollnisch s'est affiché à des rassemblements organisés par Dieudonné comme le Bal des Quenelles. Lors de celui de juin 2020, il est revenu sur sa « relation assez ancienne » avec le polémiste antisémite qui, selon ses mots, aurait « évolué ». Sans omettre de qualifier la loi Gayssot de loi « liberticide », il a rendu hommage à Me Damien Viguier et s'est insurgé contre l'une des dernières condamnations visant Alain Soral.

Bruno Gollnisch tient la chronique bi-mensuelle « libre page » dans le journal Présent. On peut le lire ou l'entendre sur divers sites comme TV LibertésBoulevard Voltaire [archive], Medias-Presse.info [archive] ou encore Le Réveil des Moutons [archive]. Il a été invité sur les plateaux de RT France à plusieurs reprises.

Début décembre 2021, il intervient sur la chaîne publique syrienne Alikhbaria Syria où il critique la politique des Européens en Syrie.

Début janvier 2022, au lendemain de l’admission d’Agnès Buzyn dans l’ordre de la Légion d’honneur, Gollnisch diffuse sur Twitter un visuel trompeur émanant de Damoclès, le média de « réinformation » dirigé par le directeur de la communication numérique de la campagne d’Éric Zemmour, Samuel Lafont, et attribuant à Agnès Buzyn la fausse citation suivante : « J’ai interdit la chloroquine parce que moins on prend des médicaments mieux c’est ! »

L'ancien n°2 du FN est relayé régulièrement par Égalité & Réconciliation où il « trouve qu’il y a beaucoup de choses intéressantes ». Il participe aux émissions de web-radio « Pourquoi tant de haine ? » d'ERFM. Mi-janvier 2022, il participe à l'une de ces émissions rendant « hommage à l'immense musicien et [...] courageux combattant pour la liberté » Stéphane Blet. On peut aussi y entendre Alain Soral, Dieudonné, Monsieur K ou encore Damien Viguier. De la même manière, le 10 avril 2022, il est invité d'ERFM pour commenter les résultats du premier tour de l'élection présidentielle en direct [archive].

 

IL A DIT :

« Il n’y a aucun historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg. Je pense que sur le drame concentrationnaire la discussion doit rester libre. Sur le nombre de morts, sur la façon dont les gens sont morts, les historiens ont le droit d’en discuter. L’existence des chambres à gaz, c’est aux historiens d’en discuter. »

« Il n’existe plus aucun historien sérieux qui adhère aux conclusions du procès de Nuremberg. Cela ne fait pas de moi l’apologiste des crimes indiscutables commis par le National Socialisme au cours de la seconde guerre mondiale, régime pour lequel ni moi ni mes amis n’avons eu jamais la moindre sympathie. Le nombre effectif de morts, les historiens peuvent en discuter. »

« Je ne remets pas en cause l’existence des camps de concentration. Il y a eu des déportations pour des raisons raciales, sans doute des centaines de milliers ou millions de personnes exterminées. Le nombre effectif des morts, 50 ans après les faits, les historiens pourraient en discuter. Moi je ne nie pas les chambres à gaz homicides mais la discussion doit rester libre. »

« L’existence des chambres à gaz [dans les camps d’extermination – ndlr], c’est aux historiens d’en discuter. »

Source : Cour européenne des droits de l’homme. Cinquième section. Décision sur la recevabilité de la requête n° 48135/08 présentée par Bruno Gollnisch contre la France, 7 juin 2011.

 

(Dernière mise à jour le 28/09/2022)

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