De la critique des médias à l'apologie de la « guérilla permanente », l'ancien patron de Sud Radio a basculé en quinze ans dans le conspirationnisme intégral.
« Piste israélienne », « mise en scène »... : dès le soir du 14 juillet 2016, la réécriture complotiste de l'attentat était en marche. Dix ans plus tard, il n'en reste rien.
Condamnée en appel pour détournement de fonds publics, candidate à l'Élysée quelques heures plus tard : la séquence aurait dû faire bondir les procureurs autoproclamés de la corruption du « Système ». Il n'en a rien été.
Derrière les images spectaculaires de clochers en feu, la complosphère voit la preuve d'un plan concerté contre la chrétienté. Même quand les faits disent autre chose.
Répondre à une objection factuelle par un score de viralité ? C'est l'argument du troupeau. Retour sur un sophisme aussi vieux que tenace.
Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France décryptent et analysent, dans ce nouveau numéro de Complorama, les liens entre cette idéologie antiféministe et le complotisme.
Mars 1973 : dans Paris Match, l'ancien officier SS déroule déjà l'argumentaire négationniste. Cinq ans avant que Faurisson ne le rende tristement célèbre.
Chemtrails, HAARP, OTAN ou complot écolo : quand le thermomètre grimpe, la complosphère préfère accuser le messager plutôt que de regarder la réalité en face.
Sans jamais endosser explicitement l'idée d'un complot interne, Benyamin Netanyahou et plusieurs figures de la droite israélienne multiplient depuis le 7-Octobre les sous-entendus sur un supposé « coup d'État silencieux » orchestré par la gauche et des élites sécuritaires déloyales.