La catastrophe a donné naissance à un complotisme qui, il y a quelques mois, a failli tuer. Jérôme Fourquet (Ifop) et Rudy Reichstadt (Conspiracy Watch) dressent un état des lieux de l’opinion publique sur le sujet. Les sympathisants de l’extrême droite se distinguent nettement des autres.

La cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 (crédits : Geoffroy Van Der Hasselt/AFP/Getty)

Evénement traumatique national s’il en est, l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 a suscité d’innombrables commentaires à caractère conspirationniste. Onze mois plus tard, un sondage a été réalisé par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch afin de mesurer ce que représentait, dans l’opinion publique française, la thèse conspirationniste selon laquelle ce drame, loin d’être d’origine accidentelle, serait en réalité intentionnel. Il en ressort que 7% des Français considèrent qu’« il s’agit d’un incendie criminel à propos duquel le gouvernement cherche à dissimuler la vérité » tandis que 29% estiment que « des zones d’ombre subsistent dans cette affaire et qu’il n’est pas vraiment certain que cet incendie soit accidentel ».

Ce sont ainsi plus d’un Français sur trois (36%) qui affirment leurs doutes quant à la piste accidentelle de l’incendie, pourtant privilégiée par les enquêteurs. La part des Français qui souscrivent à la thèse selon laquelle l’incendie de la cathédrale est « probablement » d’origine accidentelle est certes majoritaire mais ne s’élève qu’à 54%, 10% des sondés choisissant quant à eux de ne pas se prononcer.

Parmi ceux qui souscrivent le plus à cette « version officielle », on retrouve les seniors. Les plus de 65 ans sont ainsi 61% à souscrire à la version officielle contre 45% seulement chez les moins de 35 ans.

Les diplômés de l’enseignement supérieur et les CSP+ sont, de la même manière, sur-représentés chez ceux qui adhèrent à la piste accidentelle.

Chiffre notable : les catholiques, qu’ils soient ou non pratiquants, ne se distinguent nullement du reste de la moyenne nationale : ils souscrivent majoritairement à la thèse de l’accident avec respectivement 52% et 53% d’adhésion à cette thèse, contre 54% en moyenne, soit des écarts trop faibles pour être significatifs, la marge d’erreur étant ici de 3 points. Alors qu’ils ont constitué le groupe le plus affecté par ce drame, les catholiques pratiquants n’ont, pour autant, pas davantage adhéré que la moyenne de la population à une lecture de type complotiste ou intentionnel de l’incendie.

La proximité partisane semble, en revanche, être une variable particulièrement prédictive. Ainsi, les sympathisants du Rassemblement national (RN) et les sondés ne se déclarant proches d’aucun parti politique en particulier sont ceux qui souscrivent le moins à la version accidentelle de l’incendie avec respectivement 30% et 38% d’adhésion à cet énoncé contre 54% en moyenne.

>>> Lire la suite de la note sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.