
Axis for Peace est une conférence internationale « anti-impérialiste » organisée à Bruxelles les 17 et 18 novembre 2005 par le Réseau Voltaire de Thierry Meyssan.
Ses promoteurs la présentent comme un « Davos contestataire » et l'acte fondateur d'un « mouvement intellectuel » opposé au néoconservatisme et à l'« impérialisme états-unien ». La rencontre réunit cent cinquante personnalités venues de trente-sept pays. Plusieurs médias d'État ou proches d'États en assurent le relais : Russia Today (RT), l'IRIB (audiovisuel public iranien), la chaîne panaméricaine TeleSur (sous contrôle vénézuélien), la chaîne qatarie Al-Jazeera et le journal d'extrême droite américain American Free Press.
Derrière le vocabulaire pacifiste, la conférence diffuse surtout des théories du complot. Le 11-Septembre en forme le fil conducteur. Au cours d'une table ronde, les intervenants s'accordent sur le « caractère fictif » du terrorisme islamique international. L'ancien ministre allemand Andreas von Bülow y présente les attentats du 11-Septembre comme une « mise en scène » américaine. L'Américain Webster G. Tarpley y voit un « coup d'État ». Le Britannique David Shayler, ancien agent du MI5, affirme que « ce terrorisme est coordonné par le MI6 et la CIA ».
Le 18 novembre, les participants signent une déclaration finale. Le texte dénonce une « Coalition » qui « crée et manipule des groupes terroristes, fabrique des prétextes, propage la théorie du complot islamique mondial et fomente un clash des civilisations ».
L'événement rassemble un large éventail de figures conspirationnistes. On y croise l'Américain Christopher Bollyn, l'historienne Annie Lacroix-Riz, l'eurodéputé italien Giulietto Chiesa, le Libanais Youssef Aschkar, du PSNS (un mouvement allié au Hezbollah), le général russe Leonid Ivashov, le physicien belge Jean Bricmont, le journaliste belge Michel Collon ou l'ancien universitaire français Claude Karnoouh. Le mouvement de l'Américain Lyndon LaRouche y occupe une place notable. On y trouve ainsi l'Allemande Helga Zepp-LaRouche, épouse du gourou complotiste, et Jacques Cheminade du parti larouchiste français Solidarité & Progrès.
La conférence illustre aussi les accusations d'antisémitisme visant le Réseau Voltaire. Début 2005, trois administrateurs – Michel Sitbon, Gilles Alfonsi et Jean-Luc Guilhem – démissionnent de l'assocition, dénonçant « une dérive antisémite latente au sein de l'équipe de direction ». Claude Karnoouh, qui avait soutenu le négationniste Robert Faurisson, rejoint alors brièvement le conseil d'administration du Réseau Voltaire. À la conférence Axis for Peace, plusieurs orateurs présentent ces accusations comme un instrument d'« intimidation » médiatique. Le comédien Dieudonné y prend la parole, alors qu'il s'est déjà illustré depuis plusieurs années par des déclarations à caractère antisémite.
Le Réseau Voltaire annonce une deuxième édition pour 2007, qui n'aura jamais lieu. Les médias occidentaux l'ignorent largement. La conférence Axis for Peace de 2005 demeure un marqueur de la convergence entre complotisme post-11-Septembre, antiaméricanisme et réseaux pro-russes et syro-iraniens.
(Dernière mise à jour le 04/10/2026)















