Michel Collon (capture d’écran YouTube, 8 juillet 2017).

Appelant à la formation d’« un grand front international de résistance aux États-Unis », qu’il considère comme « le grand danger du moment », Michel Collon (1946 -) se présente comme un journaliste indépendant.

Animateur à la fin des années 1970 d’un « Comité Joseph Staline », il a collaboré à l’hebdomadaire Solidaire, l’organe du Parti du Travail de Belgique (PTB), une formation se réclamant du marxisme-léninisme.

Auteur de livres sur Hugo Chavez, Israël ou la Libye, Michel Collon est un infatigable dénonciateur de ce qu’il appelle les « médiamensonges » que diffuserait selon lui la presse professionnelle. Dénoncé par des groupes antifascistes pour son « confusionnisme », il s’en défend, bien qu’il ait publié sur son site, Investig’Action, créé en 2004, plusieurs textes signés de personnalités liées à l’extrême droite comme Gilles Munier, Thierry Meyssan, Olivier Mukuna ou Louis Denghien (fondateur du site de « réinformation » Infosyrie.fr).

En mars 2005, dans le contexte des polémiques entourant les multiples dérapages de Dieudonné M’Bala M’Bala, il se fend d’un texte expliquant que le polémiste antisémite est la victime d’« un puissant lobby sioniste au service d’Israël ». Quelques mois plus tard, il participe à la conférence conspirationniste organisée à Bruxelles par Thierry Meyssan, Axis for Peace, un événement notamment sponsorisé par l’audiovisuel public iranien (IRIB), Russia Today, TeleSUR ou encore la publication d’extrême droite American Free Press fondée par Willis Carto.

Pour le sociologue Marc Jacquemain et le politologue Jérôme Jamin, « l’élément central caractérisant le travail et les contenus diffusés par Thierry Meyssan et Michel Collon est une suspicion généralisée vis-à-vis de toutes les informations et les analyses politiques produites d’une part par les grands quotidiens et les médias de masse et d’autre part par les pouvoirs publics. Qu’ils soient belges, français ou américains, les journalistes “ordinaires” sont systématiquement considérés comme suspects et manipulateurs, même si l’accusation englobe parfois des centaines de journalistes, de rédacteurs en chef, de secrétaires de rédaction et de correspondants locaux pour un seul média. […] Chez Thierry Meyssan et Michel Collon, la politique internationale est d’abord principalement et uniquement affaire d’argent, de profit, de pétrole ou de mainmise sur des ressources naturelles. Dans ce contexte, la diplomatie, les programmes politiques pour lesquels sont élus des milliers de parlementaires, les conflits d’intérêt au sein des cercles de pouvoir, les traités internationaux, la pression des ONG ou des médias et même l’opinion publique sont écartés de l’analyse. Ils ne sont que rideaux de fumée sans conséquences, destinés à nous faire croire que les peuples ont quelque chose à dire et que la démocratie est une réalité » (source : L’histoire que nous faisons, Espace de Libertés, Bruxelles, 2008, p. 33 ; p. 40).

En juin 2011, Michel Collon publie sur son site une interview de Jacques Vergès par Louis Denghien intitulée : « En Syrie, il faut défendre l’Etat actuel ! ». L’avocat y est présenté comme un défenseur « des résistants au Nouvel Ordre mondial ». Un mois plus tard, il se rend en Libye, à l’invitation du régime du colonel Kadhafi.

En 2013, dans une interview donnée au site complotiste algeriepatriotique.com, il parle de la guerre en Syrie comme d’un « plan de recolonisation dont fait partie l’Algérie ».

Lors d’une conférence à Roubaix le 27 mai 2015 aux côtés du sociologue Saïd Bouamama, un compagnon de route du Parti des Indigènes de la République, Michel Collon déclare : « Comme toujours dans les médias, on a les faits, une partie des faits, et de préférence, les sensationnels, et une autre partie des faits est mise de côté. Par exemple, les frères Kouachi [les auteurs du massacre de Charlie Hebdo – ndlr] ont l’air de tomber du ciel : en réalité, ils ont été armés, formés militairement, endoctrinés par Monsieur Fabius et ses amis qui ont envoyé pendant trois ans des milliers, des dizaines de milliers de frères Kouachi, faire encore pire qu’à Charlie, en Syrie et en Libye ».

En juillet 2016, il pose aux côtés du militant panafricaniste – et antisémite – Kemi Seba.

 

(Dernière mise à jour le 12/05/2020)