Conspiracy Watch : les faits contre le complotisme

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Alex Jones

Publié le 1 mai 2026 par 
La Rédaction
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Alex Jones (capture d'écran Rumble, 01/05/2026).

Alex Jones (1974 -) est l'un des principaux influenceurs complotistes américains d'extrême droite.

Fondateur du site InfoWars en 1999, cet animateur-radio basé au Texas est considéré comme le précurseur de l'« ère de la post-vérité ».

Né en 1974 à Dallas, Alex Jones confie avoir été largement influencé dans sa jeunesse par le livre de Gary Allen, None Dare Call it Conspiracy (1971), un best-seller de la littérature complotiste. Il commence sa carrière à la radio en 1996, avec l'émission The Final Edition qui propageait toutes sortes de théories du complot sur Bill Clinton, et sur des chaînes de télévision locales à Austin. Dès ses débuts, il adopte une posture de lanceur d'alerte contre un État fédéral jugé tyrannique.

Baignant dans la rhétorique du Militia movement (un mouvement d'extrême droite, paramilitaire, farouchement opposé à l'interdiction des armes à feu), Alex Jones fut longtemps un admirateur de Randy Weaver, ce suprématiste blanc dont la femme et le fils ont péri dans une fusillade avec des agents fédéraux en 1992 à Ruby Ridge.

Son influence grandit après les attentats du 11 septembre 2001. Il devient l'un des principaux promoteurs de la thèse de l'« inside job » (coup monté de l'intérieur) et une figure de premier plan du 9/11 Truth Movement. Selon lui, l'administration Bush aurait orchestré les attaques pour justifier des guerres au Moyen-Orient dans le cadre d'un vaste plan d'asservissement de l'humanité.

Jones ne se contente pas de commenter l'actualité. Il la réécrit à travers le prisme du Nouvel Ordre Mondial (NWO). Ce mythe prétend qu'une élite mondialiste occulte utilise des crises fabriquées pour instaurer un gouvernement mondial dictatorial. Cette grille de lecture lui permet d'interpréter n'importe quel événement comme une preuve de ce mégacomplot séminal.

L'éventail des théories du complot propagées par Jones est en effet extrêmement vaste. Il a notamment prétendu que le Pentagone utilisait des produits chimiques pour contraindre les grenouilles à adopter des comportements homosexuels ; que Michelle Obama était née homme et mentait sur son genre ; que les élites cherchent à exterminer une grande partie de l'humanité via les vaccins ou la famine organisée ; que les « Illuminati » ont placé leurs symboles d'inspiration maçonnique sur le logo de la chaîne de cafés Starbucks Coffee ; que les catastrophes, industrielles ou naturelles, les meurtres de masse (comme le massacre de l'école Sandy Hook, à Newtown) ou les attentats terroristes (comme celui du marathon de Boston) sont des opérations sous faux drapeaux (des false flag) organisées par la Maison-Blanche.

Supporter de Donald Trump, après l'avoir été de Ron Paul, Jones s'est taillé au fil des ans un véritable petit empire du complotisme numérique. L'affaire de la fusillade à l'école de Sandy Hook en 2012 marque cependant un tournant décisif dans sa carrière. Jones affirme pendant des années que le massacre est une pure mise en scène : « Sandy Hook est une mise en scène factice. C'est un simulacre total avec des acteurs, un énorme canular » déclare-t-il par exemple en 2014. Il dépeint aussi les parents des victimes comme des « acteurs de crise » (crisis actors) impliqués selon lui dans un complot gouvernemental visant à légiférer sur le port des armes à feu.

Cette désinformation a des conséquences concrètes sur les familles endeuillées qui subissent un harcèlement constant de la part des partisans de Jones. Des menaces de mort et des profanations de sépultures forcent certaines familles à déménager à plusieurs reprises. Ce déni de réalité finira par causer la ruine financière d'Alex Jones. En 2022, les tribunaux du Connecticut et du Texas le condamnent à verser plus de 1,4 milliard de dollars de dommages et intérêts aux familles des victimes. Jones organise parallèlement son insolvabilité afin de continuer son activité de performeur complotiste. Toutefois, en 2026, la justice américaine confirme la reprise de son site, InfoWars, par la société éditrice du média parodique The Onion.

Longtemps cantonné aux marges, Alex Jones profite de l'ascension de Donald Trump pour gagner en notoriété. En décembre 2015, le futur président lui accorde une interview exclusive sur InfoWars. Trump y déclare : « Votre réputation est incroyable. Je ne vous laisserai pas tomber. Vous allez être très impressionné. [...] Je ne vous décevrai pas. »

Cette alliance brise le cordon sanitaire entre la Maison-Blanche et les sphères complotistes, Jones devenant un relais essentiel de la rhétorique MAGA (Make America Great Again).

En mars 2017, Jones présente ses excuses pour la compromission de son site dans la diffusion du soi-disant « Pizzagate » (la fausse rumeur selon laquelle le gérant d'une pizzeria de Washington protégeait des proches d'Hillary Clinton prétendument impliqués dans un réseau pédo-sataniste). Une théorie du complot qui avait dégénéré en fait divers lorsqu'un conspirationniste influencé par les thèses de Jones et souhaitant « enquêter lui-même » s'était rendu dans le restaurant muni d'un fusil d'assaut et avait failli faire une victime avant d'être arrêté.

L'année suivante, il prophétise le déclenchement d'une guerre civile aux États-Unis pour le 4 juillet 2018, jour de la fête nationale américaine. Selon lui, George Soros, les Démocrates et « l'élite mondialiste » devaient orchestrer des émeutes à travers le pays en se servant de militants antifascistes prêts à semer le chaos.

Le 6 août 2018, plusieurs réseaux sociaux (Youtube, Apple, Facebook, Itunes et Linkedin) annoncent qu'ils ne relaient plus les productions d'Alex Jones. Huit jours plus tard, son compte Twitter est suspendu pendant une semaine. En cause ? La publication d'une vidéo considérée comme une incitation à la violence. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, Twitter ferme définitivement les comptes d'Alex Jones et de son site InfoWars. Ils ne seront rétablis que le 10 décembre 2023, un peu plus d'un an après la prise de contrôle de la plateforme de micro-blogging par Elon Musk.

En 2020, Jones participe activement à la propagation du mensonge selon lequel l'élection de Joe Biden aurait été volée. Le 6 janvier 2021, il harangue la foule à Washington avant l'assaut du Capitole.

En avril 2022, Tucker Carlson, alors animateur sur Fox News, dit ne pas comprendre l'animosité qu'inspire Alex Jones : « Il est intelligent, diablement drôle, vraiment. Il est beaucoup plus talentueux que moi à bien des égards. »

En octobre 2022, il est condamné à verser près de 1,5 milliard de dollars après avoir fait passer pendant des années le massacre de l'école Sandy Hook pour une mise en scène. Il indique être en situation de faillite.

Fin avril 2026, Jones est privé de se studios et de son site InfoWars, mis en liquidation judiciaire. Il demeure toutefois actif sur les réseaux sociaux, avec une audience de 4,5 millions d'abonnés sur X.

 

IL A DIT :

« Ce que vous faites : vous avez votre opérateur d'opérations spéciales qui arrive masqué, comme à Columbine. Ils font leur tuerie, puis vous tuez ou droguez un lampiste qui attend avec des amnésiques ou autres produits chimiques, et qui sera le responsable – et c'est très facile de faire ça avec assez de PCP, le LSD et des trucs comme ça. […] Ils ont des drogues comme la scolopamine connue depuis des siècles sous le nom de « Souffle du diable » et ils vous jettent ça dessus. […] Voilà ce que c'est que le contrôle mental. […] Mais le pire, c'est que la télévision elle-même et ses messages programment les gens et il a été prouvé que cela mène à la violence. […] Tout ça, c'est de la programmation de masse et on ne peut pas les laisser utiliser ça pour emporter notre 2ème amendement. […] N'abandonnez pas votre liberté à cause de cette idée fantôme ».

Source : « Alex Jones sur la fusillade de Denver (Dark knight rises) S/T », YouTube, 21 juillet 2012.

 

(Dernière mise à jour le 01/05/2026)

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