Conspiracy Watch | l'Observatoire du conspirationnisme
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Née dans les milieux conspirationnistes américains, l'expression « acteurs de crise » (« crisis actors » en anglais) suggère que certains événements tels que des meurtres de masse (Aurora, Newtown...), des attentats terroristes (marathon de Boston, Nice...) ou des décès de civils sont, en réalité, des mises en scène dans lesquelles seraient utilisés des comédiens se faisant passer pour des victimes, des proches de victimes, des témoins ou encore des experts.

Trois semaines après le massacre de l'école Sandy Hook de Newtown (décembre 2012), James Tracy, un professeur en communication politique aux opinions complotistes notoires, avait ainsi affirmé sur son blog que la tuerie ne s’était pas passée de la manière dont les autorités et les médias l’avaient relatée. Il était allé jusqu'à déclarer à la radio que « des acteurs de crise ont pu être employés par l’Administration Obama dans le dessein de façonner l’opinion publique en faveur du contrôle des armes ».

Ces accusations conduisent fréquemment au harcèlement de personnes n'ayant souvent d'autre tort que d'avoir témoigné de ce qu'elles ont vu. Elles encouragent également la polarisation de l'opinion publique et l'incrédulité face aux atrocités de la guerre ou du terrorisme. Elles confinent, enfin, au négationnisme.

Dans le contexte des exactions menées par l'État islamique au Moyen-Orient, le média russe Sputnik avait laissé entendre que les décapitations d’otages américains par l’EI ont en réalité été réalisées par les Américains eux-mêmes, en studio, tout comme ils auraient tourné en studio le premier pas de l’homme sur la Lune.

La notion d'« acteurs de crise » a également été mobilisée pour nier la réalité des exactions commises par l'armée russe à Boutcha, en Ukraine.

Dans le contexte de la guerre Israël-Hamas, des comptes pro-israéliens sur les réseaux sociaux ont détourné des vidéos afin d’accuser des Palestiniens de Gaza de mettre en scène de toutes pièces leurs souffrances. Une rhétorique connue sous le nom de « Pallywood », jeu de mots sur « Palestine » et « Hollywood ».

 

(Dernière mise à jour le 16/12/2023)

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Née dans les milieux conspirationnistes américains, l'expression « acteurs de crise » (« crisis actors » en anglais) suggère que certains événements tels que des meurtres de masse (Aurora, Newtown...), des attentats terroristes (marathon de Boston, Nice...) ou des décès de civils sont, en réalité, des mises en scène dans lesquelles seraient utilisés des comédiens se faisant passer pour des victimes, des proches de victimes, des témoins ou encore des experts.

Trois semaines après le massacre de l'école Sandy Hook de Newtown (décembre 2012), James Tracy, un professeur en communication politique aux opinions complotistes notoires, avait ainsi affirmé sur son blog que la tuerie ne s’était pas passée de la manière dont les autorités et les médias l’avaient relatée. Il était allé jusqu'à déclarer à la radio que « des acteurs de crise ont pu être employés par l’Administration Obama dans le dessein de façonner l’opinion publique en faveur du contrôle des armes ».

Ces accusations conduisent fréquemment au harcèlement de personnes n'ayant souvent d'autre tort que d'avoir témoigné de ce qu'elles ont vu. Elles encouragent également la polarisation de l'opinion publique et l'incrédulité face aux atrocités de la guerre ou du terrorisme. Elles confinent, enfin, au négationnisme.

Dans le contexte des exactions menées par l'État islamique au Moyen-Orient, le média russe Sputnik avait laissé entendre que les décapitations d’otages américains par l’EI ont en réalité été réalisées par les Américains eux-mêmes, en studio, tout comme ils auraient tourné en studio le premier pas de l’homme sur la Lune.

La notion d'« acteurs de crise » a également été mobilisée pour nier la réalité des exactions commises par l'armée russe à Boutcha, en Ukraine.

Dans le contexte de la guerre Israël-Hamas, des comptes pro-israéliens sur les réseaux sociaux ont détourné des vidéos afin d’accuser des Palestiniens de Gaza de mettre en scène de toutes pièces leurs souffrances. Une rhétorique connue sous le nom de « Pallywood », jeu de mots sur « Palestine » et « Hollywood ».

 

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