“Ron Paul: A New Hope”, eLIB3RTY, YouTube, 10 octobre 2017.

Pour certains, le congressiste républicain est un sympathique « iconoclaste », un empêcheur de tourner en rond, qui « dérange le Système » par ses propositions « originales » et ses coups de gueule contre l’Etat fédéral.

Ron Paul (1935 -) a, par exemple, accrédité la thèse selon laquelle le SIDA aurait été créé dans un laboratoire d’Etat américain, à Fort Detrick, dans le Maryland. Dans l’un de ses bulletins d’information, on peut lire que les patients atteints du virus du sida ne devraient pas être autorisés à manger dans les restaurants car « le SIDA peut être transmis par la salive » ! Dans un autre, on apprend que des « gangs de jeunes filles noires âgées de 12 à 14 ans » parcouraient les rues de New York munies de seringues potentiellement infectées par le virus du sida pour l’injecter à des femmes blanches. Dans le Ron Paul Political Report du 15 juin 1992, édité un mois et demi après les émeutes de Los Angeles, consacré au « terrorisme racial », est expliqué que  « l’ordre a été restauré à Los Angeles quand les Noirs sont allés ramasser leurs chèques d’aide sociale ». Ron Paul ajoute : « J’ai conseillé à tout le monde dans ma famille d’apprendre à utiliser une arme à feu pour se défendre. Contre les animaux qui viennent ».

L’autre violon d’Ingres de l’homme politique – soutenu par Alex Jones – est son hostilité radicale à l’Etat d’Israël. Un bulletin publié en 1987 parle notamment de l’Etat hébreu comme d’« un Etat agressif et national-socialiste » (sic). En 1990, la prose flirte carrément avec le vieux thème du « complot juif » : sont dénoncés les « dizaines de milliers d’amis d’Israël bien placés dans tous les pays qui sont prêts à travailler pour le Mossad dans leur domaine d’expertise ». Un autre texte, daté de 1994, suggère que les services secrets israéliens seraient derrière l’attentat du World Trace Center (1993) : « S’il s’agit d’une opération du Mossad israélien, comme le suspectent certains de mes amis juifs, écrit Ron Paul, ou s’il s’agit réellement de représailles perpétrées par des fondamentalistes musulmans, cela importe peu ». L’homme n’est pas seulement populaire parmi les chantres du libéralisme économique. Il l’est aussi dans toute une fraction de l’extrême droite américaine et européenne.

Le 2 juillet 2018, l’ancien congressiste républicain et candidat à l’élection présidentielle américaine poste sur son compte Twitter un visuel à caractère raciste et antisémite. Il visait à illustrer la prétendue destruction de la culture américaine par le « marxisme culturel ». Après avoir déclenché un tollé sur les réseaux sociaux, l’homme politique efface son tweet et publie un message d’excuse.

Des textes de Ron Paul sont par ailleurs publiés, depuis plusieurs années, dans les colonnes du journal crypto-fasciste American Free Press, fondé par le négationniste Willis Carto. American Free Press est l’une des sources privilégiées des conspirationnistes du 11-Septembre. Le journal fut partenaire d’Axis for Peace, une conférence conspirationniste internationale organisée par Thierry Meyssan en 2005.

 

IL A RÉPONDU (à un journaliste sur le bombardement chimique de la Goutha) :

Ron Paul : « Je ne pense pas qu’Assad soit un idiot. Je ne pense pas qu’il aurait fait cela à dessein ».

Le journaliste, incrédule : « Ah ! Donc vous vous demandez si Assad a même jamais fait usage d’armes chimiques ou s’il n’est pas juste victime d’un coup monté ? »

Ron Paul : « Oui. […] Je pense que c’est un false flag. Je le pense vraiment, en effet. Et personne ne sait s’il a effectivement massacré des gens par milliers avec des gaz toxiques. Si on le savait, ce serait une autre histoire, mais ce n’est pas le cas. On nous dit qu’Assad a fait 100 000 tués. Il y a beaucoup de factions là-bas. Pourquoi est-ce qu’on ne demande pas de comptes à Al-Qaïda ? Pourquoi sommes-nous du côté d’Al-Qaïda ?».

Source : Émission de Neil Cavuto, Fox Business, 28 août 2013.

 

Voir aussi : Ron Paul et ses théories du complot

 

(Dernière mise à jour le 10/08/2018)