Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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Dernières notes



La Bibliothèque
La Causalité diabolique, de Léon Poliakov
L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff
L'Obsession du complot, de Frédéric Charpier
Les Nouveaux imposteurs, d'Antoine Vitkine
Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amérique, de Richard Hofstadter
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
La synarchie. Le mythe du complot permanent, d'Olivier Dard
L'effroyable mensonge, de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel
Le Complot : L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion, de Will Eisner









Tariq Ramadan
Un rapport embarrassant pour les Etats-Unis, de prétendues « zones d'ombres » montées en épingle, des informations non vérifiées ou sorties de leur contexte, le tout énoncé sur un ton péremptoire et sarcastique : Tariq Ramadan est passé maître dans l'art de la théorie du complot.

« Attention "conspirationnisme" dangereux » : c'est le titre d'un texte de 1500 signes mis en ligne sur les réseaux sociaux par Tariq Ramadan lundi 21 juillet. L'islamologue suisse y qualifie d'« accablant » un rapport publié le même jour par Human Rights Watch (HRW) sur les pratiques américaines en matière de lutte antiterroriste. Evidemment, personne ne peut sérieusement accuser HRW d’entretenir « les délires conspirationnistes », et Ramadan prend bien soin de le souligner. Sauf que ce rapport n’accuse à aucun moment le gouvernement américain d’avoir été à l'initiative de véritables attentats terroristes comme le suggère Ramadan qui n'hésite pas, dans son articulet, à établir un lien entre les pratiques douteuses dénoncées par HRW et... l'affaire Merah !

Par Gilles Bouvaist


"Montagsdemos" : comment des conspirationnistes veulent faire main basse sur le pacifisme
Mouvement pacifiste transversal ou manifestations conspirationnistes aux forts relents d’extrême-droite ? Chaque lundi, les "Montagsdemos" réunissent en Allemagne une foule disparate mobilisée contre la guerre, les Etats-Unis, et la "désinformation".

Samedi dernier, au cœur de Berlin, à Potsdamer Platz, là où vingt-cinq ans plus tôt se dressait le Mur dont on aperçoit encore les reliques à quelques mètres de là, se tenait un rassemblement fédérale des “Veillées pour la paix”. Sous un soleil écrasant, environ 2000 personnes ont répondu à l’appel des “Montagsdemos” (Les Manifs du lundi), un mouvement qui, depuis le printemps, fait entendre une petite musique dissonante aux marges de la politique allemande. (...)

Lire la suite sur le site des Inrocks.
Aymeric Chauprade interviewé sur la chaîne de télévision russe Russia Today (décembre 2010)
Pour l’eurodéputé frontiste Aymeric Chauprade, le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu par «le camp ukraino-américain».

Il revient à un collaborateur du journal nationaliste et royaliste Action Française 2000, Grégoire Dubost, de signaler sur son blog le tout dernier dérapage complotiste d'Aymeric Chauprade.

Le géopolitologue préféré d'Alain Soral et ReOpen911 a mis en ligne mercredi un court article dans lequel il affirme que « le drame du vol MH-17 en Ukraine ne profite pas à la Russie mais bien aux gouvernements de Kiev et de Washington ». « A l’évidence, poursuit Chauprade, le camp ukraino-américain avait un réel intérêt à abattre cet appareil ».

Par Slate.fr


Le faux document qui a circulé sur Twitter
Il est facile de croire que l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), organisation terroriste islamique qui a pris possession depuis juin de plusieurs villes en Irak et en Syrie, est l’auteur des pires exactions. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines informations qui circulent à son propos sur les réseaux sociaux semblent vraies. Et c'est pour cela qu'il faut d'autant plus se méfier... Une rumeur qui circule depuis deux jours vient encore d’illustrer ce phénomène.

Tout a commencé par la déclaration de Jacqueline Badcock jeudi 24 juillet, correspondante de l’ONU en Irak en charge de l’humanitaire, lors d’une conférence de presse à Genève donnée en visioconférence depuis Irbil, capitale de la province kurde. (...)

Lire la suite sur Slate.fr.


Voir aussi :
* Offensive djihadiste en Irak : le Guide suprême iranien accuse la CIA
Vendredi 25 Juillet 2014



Le FBI, les complotistes et la "fabrication" du terrorisme‏
Lundi 21 juillet 2014, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport accusant le FBI et le ministère de la Justice américains d'avoir effectué des opérations d’infiltration abusives consistant à « encourager, pousser et parfois payer » des musulmans pour qu’ils préparent des actions terroristes. Ce faisant, les autorités américaines auraient « dans certains cas transformé en terroristes des individus respectueux de la loi ».

HRW ne conteste pas que ce type d’opérations sous couverture, développées pour lutter contre le crime organisé et étendues au terrorisme après les attentats du 11-Septembre, soient parfaitement licites aux Etats-Unis. Contrairement à des pays comme la France, la police fédérale américaine peut, sous le contrôle de la justice, inciter au crime afin de réunir le maximum de preuves pour confondre un suspect et le mettre hors d’état de nuire.

Par Alban Mikoczy


MH17 : la théorie du complot a du succès en Russie
Le crash du Boeing de la Malaysia Airlines, abattu le 17 juillet 2014 au-dessus du territoire ukrainien par un missile tiré depuis une zone contrôlée par des rebelles pro-russes, place le Kremlin dans une position délicate. Comment réagit-on en Russie à ce drame ? Les réponses du correspondant de France 2 à Moscou, Alban Mikoczy.

FranceTVinfo.fr : Comment réagissent les autorités et l'opinion russes à cette affaire et à ses développements ?

A. M. : Les Russes reconnaissent que ce crash est une tragédie, d'autant que 80 enfants ont péri dans la catastrophe. Mais très rares sont ceux qui pensent que le coup mortel peut venir des séparatistes. La télévision russe accrédite, depuis jeudi 17 septembre au soir, l'idée que les Ukrainiens cachent la vérité et que les Occidentaux en profitent pour nuire à la Russie. Cette théorie du complot a beaucoup de succès en Russie. Bercée de nationalisme, l'opinion est acquise à l'idée d'une vérité cachée par les Américains. Cette position a été réaffirmée officiellement par la conférence du ministère de la défense russe, lundi 21 juillet. (...)

Lire la suite sur FranceTVinfo.fr.
Mardi 22 Juillet 2014



Par JOL Press


45 ans après le premier homme sur la Lune, la théorie du complot persiste
C’est sans doute l’un des événements du XXe siècle qui a suscité les plus grandes passions et provoqué les fantasmes les plus fous : le 20 juillet à 20h18 (heure américaine), l’équipage d’Apollo XI atterrissait sur la Lune, devant plus de 500 millions de téléspectateurs à travers le monde. Un véritable coup de maître des Etats-Unis dans sa lutte perpétuelle avec l’URSS, et un vibrant hommage à Kennedy, qui déclarait en 1961, deux ans avant sa mort : « We choose to go to the Moon » - Nous faisons le choix d'aller sur la Lune. Cependant, les premiers pas de l’Homme sur la Lune n’ont pas suscité que de l’émerveillement ; beaucoup sont les sceptiques qui crient au canular, au complot du siècle.

Dès 1974, cinq ans après l’alunissage, Bill Kaysing débute sa croisade pour dévoiler ce qu’il considère comme une mascarade. (...)

Lire la suite sur le site de JOL Press.

Par Alexandre Devecchio


"Théories du complot. On nous cache tout, on nous dit rien", de Nicolas Chevassus-Au-Louis (First, 2014)
Alors que les Etats-Unis impliquent Moscou dans la destruction du vol MH17, les rumeurs les plus folles circulent sur le web. Nicolas Chevassus-Au-Louis, auteur de Théories du complot démonte les mécanismes complotistes.

FigaroVox : Après le Crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, les rumeurs les plus folles circulent sur internet tandis que certains médias russes évoquent un complot visant Vladimir Poutine. La théorie du complot peut-elle se répandre durablement dans l'opinion ? Comment et pourquoi ?

Nicolas Chevassus-Au-Louis : Dans l'opinion russe, sans doute. Depuis une dizaine d'années, les télévisions du Kremlin décrivent les évènements politiques aux frontières russes, en particulier les révolutions «de couleur» d'Ukraine et de Georgie, comme le fait de complots occidentaux. Or, on sait bien que l'adhésion à une première théorie du complot rend plus probable l'adhésion à une seconde théorie du complot. L'opinion russe est en quelque sorte préparée à accueillir des explications complotistes du tir de missile contre l'avion de la Malaysian Airlines. (...)

Lire la suite sur le site du Figaro.


Source : « Crash du vol MH17 : comment naissent les théories du complot », LeFigaro.fr, 21 juillet 2014.
Manifestants pro-palestiniens en train de brûler un drapeau israélien (Paris, 19 juillet 2014)
Le texte qui suit est extrait d'un article de l'historien marxiste américain Moishe Postone paru sous le titre «Un autre automne allemand. Pour la manifestation contre l’antisémitisme à Hambourg le 13 décembre 2009» :

Je pense qu'il est politiquement important que le plus de monde possible à gauche prenne au sérieux les expressions d'antisémitisme qui se sont répandues parmi des groupes qui se considèrent comme anti-impérialistes. Peut-être cela peut aussi amener à une longue et tardive clarification théorique. La question n’est pas que l’on puisse ou non critiquer des politiques israéliennes. Les politiques israéliennes devraient être critiquées, particulièrement celles qui ont visé à saper n'importe quelle possibilité de créer un Etat palestinien viable dans la Cisjordanie (la Rive ouest) et à Gaza. Cependant, la critique du « sionisme » répandue dans beaucoup de cercles anti-impérialistes va au-delà d'une critique des politiques israéliennes. Elle attribue à Israël et aux « sionistes » une malveillance unique et une puissance globale de conspirateur.

Israël n'est pas critiqué comme d'autres pays sont critiqués - mais comme l'incarnation de ce qui est profondément et fondamentalement le Mal. Bref, la représentation d'Israël et des « sionistes » pour cette forme d'« anti-impérialisme », d'« anti-sionisme », est essentiellement la même que celle des Juifs dans l'antisémitisme virulent qui a trouvé son expression la plus pure dans le nazisme. Dans les deux cas, « la solution » est la même - l'élimination au nom de l'émancipation.

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Sur son compte Twitter, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé vendredi l'interdiction préfectorale de la manifestation pro-palestinienne prévue samedi 19 juillet à Paris en la qualifiant de « manipulation ». Selon le président du Parti de Gauche, François Hollande et Manuel Valls «souhaitent les incidents».



Mise à jour :
* Lire : « Manifestations pro-palestiniennes : Mélenchon accuse le gouvernement » (Le Point, 23 juillet 2014)
Crash du vol MH17 : une journaliste de Russia Today démissionne
Sarah Firth, basée à Londres, ne cautionne pas la couverture du crash, sur fond de conflit russo-ukrainien, par la chaîne proche du Kremlin.

"Tous les jours, nous mentons." La journaliste Sara Firth, qui travaillait pour la chaîne Russia Today, a démissionné vendredi 18 juillet, rapporte Buzzfeed (en anglais). En cause, la couverture par cette chaîne proche du pouvoir russe du crash du vol MH17 en Ukraine.

"Quand la nouvelle est arrivée, je suis allée dans la rédaction et j'ai vu comment nous étions en train de couvrir cette information. J'ai su que je devais partir, raconte-t-elle. Il n'y avait aucun respect des faits. Nous avons diffusé des témoignages accusant le gouvernement ukrainien." Sur Twitter, elle ironise sur la règle n°1 de la chaîne : "C'est TOUJOURS la faute de l'Ukraine." (...)

Lire la suite sur FranceTV.info.


Voir aussi :
* Russia Today critiquée pour sa couverture du conflit syrien
Samedi 19 Juillet 2014



Par Adrien Sénécat


Crash du vol MH17 : non, l'avion de Poutine n'était pas la "vraie cible" du missile
L'avion de la Malaysia Airlines aurait été abattu jeudi par un missile sol-air. Sur Internet, des articles ont affirmé que l'avion du président russe a survolé la même zone peu avant. Sauf que c'est faux.

Les circonstances du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines jeudi restent à éclaircir, mais certains n'ont pas attendu pour se lancer sur les pistes d'explication les plus folles. Parmi elles, une rumeur persistante affirme que l'avion du président russe Vladimir Poutine aurait pu être la "vraie cible" du missile qui aurait frappé l'avion.

Le site Russia Today, citant l'agence de presse russe Interfax, a publié jeudi soir ces déclarations troublantes d'une source confidentielle (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.


Voir aussi :
* MH17: la télévision russe alimente la théorie d'un complot contre Poutine (BFM TV, 18 juillet 2014)
Faut-il croire aux théories du complot ? (France Inter)
Débat animé par Thomas Chauvineau, avec :

Emmanuelle Danblon, linguiste, professeur de rhétorique (Université Libre de Bruxelles) ;
Pascal Froissart, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication (Université de Paris VIII) ;
Dominique Sopo, président de SOS-Racisme ;
Rudy Reichstadt, directeur du site conspiracywatch.info ;



Source : Le Débat de Midi, France Inter, 17 juillet 2014.
Jean-Marie Le Pen « ne sait pas » qui envoie des roquettes contre Israël
Entendu dans le dernier « Journal de Bord » de Jean-Marie Le Pen, le blog vidéo du président d’honneur du Front national :

« Personne ne peut rester indifférent devant le véritable martyre que subit la population palestinienne. Il y a quelque chose tout de même qui m’étonne : ce qui provoque ces réactions très violentes d’Israël et de son aviation, des bombardements dont les civils sont généralement comme toujours les premières victimes, c’est l’envoi de roquettes. Le Hamas enverrait des centaines de roquettes sur Israël… Ce qui m’étonne, c’est qu’il n’y a pas de morts… Et donc il y a une disproportion formidable entre la riposte et les dégâts causés. Je trouve d’ailleurs très étonnant que le Hamas continue d’envoyer sur des terrains vagues des missiles ou des roquettes… qui n’ont aucune efficacité. Alors il y a quelque chose qui m’étonne là-dedans… qui pose question. Voilà, qui envoie ces roquettes vraiment ? Je ne sais pas. En tous cas, c’est un prétexte qui est utilisé par Israël pour écraser, avec des moyens ultramodernes, une population qui est pratiquement sans défense et dont on sait qu’elle vit déjà dans une misère affreuse. Non, je crois que ce problème va continuer d’empoisonner la vie internationale et peut-être même un jour conduire à des excès de conflits très violents. »

Coutumier des saillies complotistes (voir ici, et encore ), Jean-Marie Le Pen avait, en mars 2013 (Journal de Bord n° 311), dénoncé la « désinformation totale » dont les Français étaient selon lui victimes s'agissant de la situation en Syrie, affirmant que l'Elysée et le Quai d'Orsay agissaient sous la férule de l'Etat d'Israël.
Assassinat des trois ados Israéliens : la théorie du complot fait son chemin
Et si la mort de Naftali Fraenkel, Gilad Shaar et Eyal Yifrach, les trois adolescents israéliens enlevés le 12 juin dernier en Cisjordanie, avait été commanditée par le gouvernement israélien lui-même pour justifier ses bombardements sur Gaza ? C’est la théorie du complot qui tourne depuis peu sur la complosphère francophone. Elle est aujourd’hui reprise en page d’accueil de l’Humanité.fr sous la plume de José Fort, ancien chef du service monde du quotidien fondé par Jean Jaurès.

Pour José Fort, qui semble ignorer que les deux principaux suspects de ces enlèvements, résidents palestiniens de Hébron et membres du Hamas (1), ont été rapidement identifiés par le Shin Beth – les services de renseignement intérieurs israéliens –, l’assassinat des trois Israéliens « a été imputé immédiatement et sans la moindre enquête par les autorités israéliennes au Hamas » (sic). « Depuis, poursuit le journaliste, les bombes s’abattent sur Gaza avec des centaines de morts, de blessés, de destructions. Le point de départ de cette tragédie remonte donc à l’assassinat des trois jeunes dont on ne connaît toujours pas les assassins et leurs commanditaires. Etrangement, l’affaire semble avoir été étouffée. » Puis de poser une série de questions rhétoriques inspirées par le classique « à qui profite le crime ? » :
Caroline Fourest et Hillary Clinton (10 juillet 2014)
De passage à Paris pour la sortie en français de son livre Le Temps des décisions - 2008-2013 (Fayard, 790 p.), l'ex-chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a répondu aux questions de Caroline Fourest pour son émission diffusée sur France Inter "Ils changent le monde". Extraits (la traduction en français a été effectuée en simultané d'où la syntaxe approximative) :

Caroline Fourest : Vous connaissez toutes les théories du complot qui circulent en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup de gens disent et voient la main des Etats-Unis derrière chaque événement, que ce soit la Révolution orange, le Mouvement vert en Iran, le Printemps arabe... Donc j'aimerais comprendre, réellement, ce que vous avez vu du Printemps arabe. Est-ce que vous l'avez vu venir, est-ce que vous l'avez encouragé ou, comme le gouvernement français, vous avez été plutôt surprise ?
Nicolas Sarkozy, victime d'une machination politico-judiciaire ?
Les électeurs de droite le croient. Pas les complotistes !

Nicolas Sarkozy est-il victime d’une « instrumentalisation politique de la justice » ? C’est ce que l’ancien président de la République a affirmé le 2 juillet dernier, après avoir été placé en garde à vue pendant 15 heures puis mis en examen pour trafic d'influence, corruption active et recel de violation du secret professionnel.

Au cours de l’interview qu’il a accordée à TF1 et Europe 1, l’ancien chef de l’Etat a laissé entendre que ses tracas judiciaires n’ont pour autre origine que la volonté d’une poignée de juges militants (« militants » car membres, pour certains, du Syndicat de la Magistrature) de le terrasser politiquement, le tout avec la complicité, sinon active du moins tacite, de l’actuel gouvernement et de l’Elysée.
Le dossier du numéro à paraître demain, 10 juillet 2014, est le premier d'une série d'été consacrée aux théories du complot, « ces contes modernes qui nourrissent notre soif de secrets et de mystères ». Cliquez ci-dessous pour accéder au site de Courrier International :
Courrier International, n° 1236, 10 juillet 2014.

Par Thomas Hofnung


"Pour la vérité et la justice", de Laurent Gbagbo et François Mattéi (éditions du Moment, 2014)
Tel qu’en lui-même l’éternité le change. Du fin fond de sa cellule de la prison de Scheveningen, aux Pays-Bas, Laurent Gbagbo reste toujours aussi combatif. Et toujours aussi approximatif avec l’histoire et les faits. Dans l’attente de son procès devant la Cour pénale internationale, qui l’accuse d’être le «co-auteur» de crimes contre l’Humanité durant la crise post-électorale de 2010-2011, l’ex-président ivoirien s’est confié au journaliste François Mattéi. Le résultat est édifiant. Ce livre à deux voix (1) est un plaidoyer pro domo, sans nuance, d’où il ressort que la chute de Gbagbo serait le énième avatar d’une Françafrique qui ne veut pas mourir. Un de ces complots dont les héritiers de Jacques Foccart ont le secret.

Pour la rigueur et l’exactitude des faits, on repassera. En fait d’analyse François Mattéi se contente de relier entre eux des faits épars, de citer des bouts d’articles ou de discours, et d’extrapoler sans apporter la moindre preuve de ce qu’il avance. Mais tel n’est visiblement pas son souci. Le livre ne cherche pas à établir les faits, il fait office de cri d’indignation. Ce n’est pas la vérité qui compte, contrairement ce que promet son titre, mais celle de Laurent Gbagbo. Le reste n’est que littérature, et manipulation qu’il s’agit coûte que coûte de démonter.

Pas de place pour la contradiction sous la plume de François Mattéi, qui hormis l’ancien ambassadeur de France en poste à Abidjan lors de la crise, Jean-Marc Simon, n’interroge aucune voix discordante. D’ailleurs, quand il cite ce diplomate désormais à la retraite, c’est pour mieux le discréditer. Aucun proche d’Alassane Ouattara n’est mis à la question. Dommage, car il y a effectivement beaucoup à dire, avec le recul du temps, sur la façon dont les résultats de la présidentielle ivoirienne ont été proclamés par un président de la Commission électorale indépendante sous la forte pression de Paris et Washington, sur le rôle des Nations unies qui ont certifié ces résultats par-dessus le Conseil constitutionnel. Ou sur la gestion de la crise par la France (...).

Lire la suite sur le site de Libération.


Voir aussi :
* Côte d'Ivoire : Gbagbo et ses partisans dégainent la théorie du complot

Par Vincent Duchaussoy


L'Etat livré aux financiers ? La loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France
Plusieurs partis politiques voient aujourd’hui dans la loi de 1973 sur la Banque de France le début des problèmes de la dette publique française. Vincent Duchaussoy replace cette loi dans son contexte historique et montre combien cette interprétation est erronée.

Votée il y a plus de quarante-et-un ans, la loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, qui modifiait les statuts de la banque centrale et précisait les modalités de financement du gouvernement par cette dernière, continue d’alimenter de sa présence le débat public, alors même qu’elle n’est plus en vigueur depuis 1993, date à laquelle une nouvelle loi conférant notamment à la Banque de France son indépendance l’a rendue caduque. Par quel miracle expliquer ce phénomène ? Du fait de la contagion de la crise financière à l’économie réelle et, depuis au moins 2009, à sa mutation en une crise des dettes souveraines au sein de la zone euro, la loi de 1973 est parfois présentée, principalement à l’extrême droite et à l’extrême gauche de l’échiquier politique français, comme le point de départ de l’asservissement de l’État à la domination du capitalisme financier. Elle était ainsi présente, à l’occasion de la campagne présidentielle française de 2012, dans les programmes diffusés par trois candidats : Nicolas Dupont-Aignan [1], Marine Le Pen [2] et Jean-Luc Mélenchon [3]. À la faveur du relais de cette thématique par la blogosphère à tendance plus ou moins conspirationniste, cette loi s’est ainsi parfois vue rebaptisée par ses détracteurs « loi Pompidou », du nom du président de la République qui la promulgua ; ou encore « loi Pompidou-Rothschild », insinuant l’idée d’un complot ourdi par les banques d’affaires et rappelant opportunément l’expérience de banquier de Georges Pompidou, précisément au sein de la Banque Rothschild. (...)

Lire la suite sur le site de La vie des idées.


Voir aussi :
* La rumeur de 1973, par Alain Beitone (décembre 2011)
* La "loi Pompidou, Giscard, Rothschild" votée en 1973 empêcherait l'Etat de battre monnaie (Le Monde, 29 décembre 2011)
* Tout le monde en parle, personne ne la connaît : la "loi de 1973" (Libération, 13 avril 2012)
* La loi de 1973 et la légende urbaine (Le Monde, 18 avril 2012)
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