Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff
L'Obsession du complot, de Frédéric Charpier
La Société parano, de Véronique Campion-Vincent
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots... de Pierre-Henri Tavoillot & Laurent Bazin
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff





Par AFP


(crédits : AFP)
"Ceci est un complot de l'Etat", "du travail de franc-maçon", "Mohamed Lahouaiej est en vie" : les conspirationnistes, comme après chaque attentat, se déchaînent sur la tuerie de Nice, au mépris de la douleur des victimes.

"Le suspect de Nice parle depuis la Tunisie et dit qu'il n'est pas responsable du massacre !!!!", affirme une vidéo postée sur Youtube par "Orlando USA". Sur ce film de 41 secondes, un homme, vraisemblable homonyme du tueur mais qui ne lui ressemble en rien, affirme, en arabe, n'avoir rien à voir avec la tragédie.

Pourquoi Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il laissé ses papiers dans le camion qui a fauché des centaines de personnes, en tuant 84 ? Pourquoi un "homme en beige" apparaît-il "dans plusieurs vidéos" alors que des policiers abattent le tueur ? Un deuxième homme était-il dans le poids lourd ? Réponses : "curieux", "complot".

Il y a ce témoin allemand ayant filmé le début du carnage, qui est, d'après Panamza.com, un site phare de la sphère conspirationniste, "lié à Israël". Les images deviennent alors "troublantes", les "coïncidences" moquées, les conclusions suggérées. "Que chacun déduise ce qui lui convient le mieux !", lance un lecteur.

Attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, 13 novembre, Bruxelles, Nice... A chaque tragédie ses théories complotistes. (...)

Lire la suite sur le site de l'Est éclair.


Voir aussi :
* Newtown : ces conspirationnistes qui s’en prennent aux familles de victimes

Par Théo Conscience


Nice : quand Christian Estrosi flirte avec la théorie du complot
Dans "Le Parisien" de ce vendredi 22 juillet, Christian Estrosi accuse le gouvernement de vouloir détruire des preuves relatives à l'attentat de Nice, et remet en question l'indépendance de l'enquête.

Christian Estrosi serait-il en train de verser dans le complotisme ? Après avoir multiplié les sorties médiatiques cette semaine pour pointer la responsabilité de l'Etat dans l'attentat de Nice le 14 juillet, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy va plus loin ce vendredi 22 juillet, accusant carrément le gouvernement de chercher à effacer des preuves.

De quoi s'agit-il ? Ce mercredi 20 juillet, la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) a demandé aux autorités municipales niçoises de détruire les enregistrements des caméras de vidéosurveillance qui ont filmé l'attentat. Après avoir refusé d'effacer les images en question, la municipalité niçoise a demandé au Procureur de les mettre sous séquestre. "L'Etat veut effacer toutes les traces", réagit ce vendredi 22 juillet le président Les Républicains (LR) de la région Paca dans Le Parisien. Il faut dire qu'au lendemain des révélations de Libération au sujet des "failles" dans le dispositif de sécurité sur la promenade des Anglais le soir du 14 juillet, l'occasion devait être trop belle pour l'ancien maire de Nice. Alors que le quotidien titrait sur les supposés "mensonges" du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'édile niçois va plus loin, agitant la théorie du complot. (...)

Lire la suite sur le site de Marianne.


Voir aussi :
* Attentat de Nice : pourquoi la justice veut effacer les images de vidéosurveillance (L'Obs, 22 juillet 2016)
* Attentat de Nice : "Il n'y a pas eu de mensonge des autorités", assure le préfet (L'Obs, 21 juillet 2016)
* Le mensonge sur le pseudo-mensonge de Cazeneuve, par Olivier Duhamel (LeLab d'Europe 1, 21 juillet 2016)
"Complotisme" : quelques remarques sur la querelle opposant Bernard Cazeneuve et Libération
Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme».

Première observation : on peut regretter que le ministre de l’Intérieur ne se soit pas abstenu d’user du terme «complotisme» sans préciser la différence de nature qu’il peut y avoir entre un journal comme Libération et les médias authentiquement complotistes qui prolifèrent sur la Toile. Surtout dans un moment où la prévention «des risques d'emprise complotiste» est constitutive des actions que le Gouvernement cherche à mettre en oeuvre pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Remarquons cependant que Bernard Cazeneuve n’accuse pas la rédaction de Libération d’être complotiste, comme le suggère le titre de l’édito de Johan Hufnagel. Dans un contexte où Libération lui reproche rien moins que d’avoir diffusé «un mensonge», de surcroît en une de son édition, le locataire de la place Beauvau a cru devoir dénoncer des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme», ce qui n’est pas exactement la même chose que de mettre sur le même plan Libération et, mettons, Egalité & Réconciliation.

Le ministre a également laissé entendre que Libération était partie prenante «de campagnes politiques ou de presse qui visent à [l’] atteindre […] dans sa réputation». Etait-il vraiment nécessaire que Libération en tire prétexte pour accuser à son tour Bernard Cazeneuve de céder aux sirènes du complotisme ? Ne peut-on pas, là aussi, regretter l’usage d’un tel terme dirigé contre un ministre de la République qui ne saurait être confondu avec le premier théoricien du complot venu ? Ne peut-on, dans le même temps, trouver malvenue sa dénonciation de «campagnes de presse» là où, de toute évidence, Libération se contente d’assumer le rôle que lui assigne son statut d’acteur du quatrième pouvoir ?

Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme.
Recep Tayyip Erdogan interviewé sur Al-Jazeera (20 juillet 2016)
Dans une interview accordée mercredi 20 juillet 2016 à la chaîne qatarie Al-Jazeera, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a affirmé, sans les citer, que des pays étrangers pourraient être impliqués dans le putsch avorté de la semaine dernière.

« D’autres pays pourraient être impliqués dans la tentative de coup d’Etat qui s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi en Turquie », a-t-il déclaré.

Samedi 16 juillet, le ministre turc du Travail et de la Sécurité sociale, Süleyman Soylu, avait laissé entendre que les Etats-Unis étaient derrière la tentative de putsch.

En juin 2013, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre de la Turquie, avait dénoncé dans le mouvement de contestation de son gouvernement un complot « organisé à l'intérieur et à l'extérieur » du pays.


Sources : Le Figaro, 20 juillet 2016 ; Tribune de Genève, 20 juillet 2016 ; Financial Times, 17 juillet 2016 ; Ouest-France, 17 juillet 2016.

Voir aussi :
* Le grand complot international contre Poutine, Erdogan, Assad, Mugabe et Maduro

Par Céline Lussato et Pascal Riché


Erdogan derrière le coup d'Etat ? 10 arguments à la loupe
La théorie est largement défendue à travers le monde. Mais les tenants du complot développent des arguments qui, pour beaucoup, ne tiennent pas.

L’échec de la tentative de coup d’Etat a été qualifié de "don d’Allah" par le président Recep Tayyip Erdogan. Et il est vrai qu’il tombe à pic pour lui : il lui permet de procéder aux purges dont il rêvait depuis longtemps, notamment dans l’armée, et de durcir encore son régime. Il n'en fallait pas plus nourrir, notamment sur les réseaux sociaux via le hachtag #theatrenotcoup" -, une théorie du complot qui voudrait qu’Erdogan lui-même ait manigancé le putsch avorté : une sorte de version turque de l’incendie du Reichstag. Ou tout du moins qu'il en ait eu connaissance.

Depuis les Etats-Unis où il a trouvé refuge, son ancien allié devenu ennemi juré, Fethullah Gülen, a démenti toute implication dans l’opération et laissé entendre qu’il pourrait s’agir d’une manipulation :

"Il y a une petite chance, une possibilité que ce soit un coup monté."

Voici dix arguments avancés par ceux qui évoquent un complot ourdi par le pouvoir. Beaucoup ne tiennent pas la route. Aucun scénario n’est encore à exclure bien sûr, mais celui d’un certain amateurisme des putschistes doublé d’une habile récupération par le président est jusque-là privilégié par les observateurs les plus sérieux. (...)

Lire la suite sur le site de l'Obs.
Un putsch fomenté par Erdogan ? «Il est capable de beaucoup de choses, mais pas de ça» (Bayram Balci)
De nombreux observateurs ont vu dans le putsch avorté de vendredi une manœuvre destinée à renforcer le pouvoir du président Erdogan. Une théorie "pas crédible" selon Bayram Balci, chercheur au CNRS.

"Certains dirigeants organisent de faux attentats-suicides pour renforcer leur pouvoir, et ces gens ont ce genre de scénarios en tête", déclarait l'imam Fethullah Gülen au New-York Times, samedi, au lendemain du coup d'Etat manqué d'une frange de l'armée turque. Dans le viseur du prédicateur musulman, qui vit aux Etats-Unis depuis 30 ans mais se trouve toujours à la tête d'un puissant mouvement d'opposition en Turquie : le président turc, Recep Tayyip Erdogan... qui, lui, l'accuse d'être à l'origine des événements de vendredi.

Depuis la tentative de putsch, le régime s’est en effet lancé dans une chasse aux sorcières dans les rangs de l’administration militaire et judiciaire, purgeant de ces institutions les éléments soupçonnés d’être opposés à la politique menée par l’AKP, le parti au pouvoir. Dimanche, le gouvernement a annoncé avoir procédé à plus de 6.000 arrestations. Et ce n'est pas fini. A posteriori, le coup d'Etat avorté semble donc avoir servi les intérêts d'Erdogan. Suffisant pour que nombre d’observateurs accusent le pouvoir en place d’avoir orchestré un simulacre de putsch, pour renforcer un peu plus son emprise sur son peuple. Sur Twitter, des théories conspirationnistes ont même fleuri avec le hashtag "#Darbedegiltiyatro" ("ceci n'est pas un coup, c'est du théâtre"). (...)

Lire la suite sur le site d'Europe 1.


Voir aussi :
* Turquie : « Ce qui frappe, c’est l’improvisation des putschistes » (Le Monde, 17 juillet 2016)
* La Turquie, proie du complot juif mondial selon Erdogan et ses partisans
* Attentats : les thèses conspirationnistes se multiplient en Turquie et en Russie
Attentat de Nice : le retour des théories du complot
Comme après les attentats de Charlie Hebdo ou ceux du 13-Novembre, rapidement, ce sont plus que des rumeurs qui circulent sur Internet. Les théories du complot commencent doucement à fleurir, remettant en cause les faits.

Lorsqu'on regarde le camion, loué par Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour perpétrer sa tuerie à Nice le soir du 14 juillet, au premier abord, rien d'étrange. Le véhicule est passablement abîmé à l'avant, comme le symbole de la violence de l'attentat. Il est également criblé d'impacts de balle. Mais pour certains, il y a quelque chose qui cloche...

Un problème avec les impacts de balles ?

Le site "Résistance républicaine", assez coté dans la fachosphère, fait la même remarque : "30 impacts de balles... PAS UN SEUL COTE CONDUCTEUR!!!". (...)

Lire la suite sur Metronews.fr.


Voir aussi :
* Attentat de Nice : une vidéo manipulée fait croire que le terroriste a été capturé vivant (Le Monde, 16 juillet 2016)
Désinformation complotiste autour de la déclassification d'un document officiel de 28 pages
Le Congrès américain a rendu public hier, 15 juillet 2016, un document de 28 pages classifiées depuis 13 ans.

Ces 28 pages constituent un chapitre du rapport de la Congressionnal Joint Inquiry sur les attentats du 11-Septembre (décembre 2002), une commission d'enquête parlementaire sur les activités des agences de renseignement américaines. Détaillant les liens possibles entre le gouvernement saoudien et les attentats du 11 septembre 2001, elles étaient jusque-là considérées comme susceptibles de détériorer les relations diplomatiques américano-saoudiennes.

Vendredi, la Maison Blanche a adressé au Congrès une version déclassifiée du document assortie de quelques caviardages. Les 28 pages ont été diffusées quelques heures plus tard sur le site web de la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

La controverse persiste sur la possible implication des autorités saoudiennes, à quelque degré que ce soit, dans les attentats de 2001. Le document revient notamment sur le rôle éventuel joué par Fahad al-Thumairy, un diplomate saoudien basé dans la région de Los Angeles au moment des attaques qui fut aussi l’imam d’une mosquée visitée par deux des pirates de l’air du 11-Septembre, Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar.

Josh Earnest, le porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que ce document ne modifiait « en rien la position du gouvernement des Etats-Unis selon laquelle il n’y a aucune preuve indiquant que le gouvernement saoudien, en tant qu'institution, ou que des hauts fonctionnaires saoudiens auraient financé individuellement Al-Qaïda ».
Légion d'honneur : aucun complot contre Marion Cotillard
Soutenir publiquement des théories du complot frapperait ceux qui s'y risqueraient d'un anathème éternel, les condamnant à une véritable "mort sociale". C'est ce que l'on peut parfois lire sur les réseaux sociaux (voir ici, , ici ou encore ) de la part d'internautes ayant eux-même un évident penchant complotiste.

La liste des promus du 14 Juillet de la Légion d'honneur apporte un démenti cinglant à cette idée-reçue. Marion Cotillard vient en effet d'être décorée de la plus haute distinction honorifique française. Une décoration qui récompense une carrière au service du rayonnement du cinéma français. Depuis huit ans, l'actrice est l'égérie de la marque de luxe Dior. Elle tourne avec les plus grands réalisateurs du monde et, en 2010, elle avait même été faite chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Tout cela, malgré ses dérapages conspirationnistes révélés en février 2008. Preuve, s'il en fallait, qu'il n'existe aucune conspiration contre les dénonciateurs de complots imaginaires.
Jeudi 14 Juillet 2016



Par Pierre-André Taguieff


Caricature antisémite apparue sur les réseaux sociaux en 2015
Parmi les grands récits d’accusation où les Juifs sont criminalisés ou diabolisés, c’est-à-dire les principaux mythes antijuifs constituant la dimension idéologique de la judéophobie, il convient de faire une place particulière au thème de la conspiration en vue de dominer, de corrompre et d’exploiter les autres peuples. Depuis la fin du XIXe siècle, le thème du Juif conspirateur est devenu le plus mobilisateur des thèmes antijuifs en même temps que le plus « intégrateur » d’entre eux. L’imaginaire du complot juif international est aujourd’hui au cœur de la nouvelle judéophobie d’extension planétaire. La plupart des traditionnels motifs d’accusation des Juifs tournent désormais autour du mythe du complot juif mondial, rebaptisé « complot sioniste mondial ». Comme l’a fait remarquer l’historien Walter Laqueur, « l’idée d’une conspiration juive à l’échelle planétaire influa peut-être davantage encore que la doctrine raciale sur le développement de l’antisémitisme moderne ».

Dans la vision conspirationniste, le peuple juif est essentialisé en tant qu’incarnation d’une menace permanente et ainsi construit comme ennemi absolu de tous les peuples. Il devient le porteur par excellence de la « causalité diabolique ». Il s’agit donc d’une interprétation globale de l’histoire dans laquelle le Juif apparaît « comme une force satanique, comme la source de tous les maux dans le monde, des origines à nos jours ». Dans l’imaginaire conspirationniste moderne et contemporain, les Juifs sont accusés d’être à la tête d’un mégacomplot en vue de la domination du monde. (...)

Lire la suite sur le site du CRIF.

Source : Revue des Deux Mondes, juillet-août 2016.
Dimanche 10 Juillet 2016



Espagne : "Gauche unie" diffuse un tweet antisémite
Jeudi 7 juillet 2016, la section madrilène de Gauche unie (Izquierda Unida), la coalition de la gauche radicale espagnole, a diffusé sur Twitter une caricature intitulée "Guerras no" ("Non aux guerres") et destinée à protester contre la prochaine visite de Barack Obama dans le pays.

Le dessin représente le président américain et un Juif orthodoxe stéréotypé en pleine étreinte, le premier retirant de la poche du second une liasse de billets verts...

La Fédération des communautés juives d’Espagne a accusé dans un communiqué la formation espagnole de charrier « les stéréotypes antisémites les plus répugnants avec cette image ».

Source : JTA, 8 juillet 2016.

Voir aussi :
* Entre la « guerre juive » et le « complot américano-sioniste »

Par L'Express.fr


Non, la photo de ce nuage à Genève ne montre pas un portail interdimensionnel
Le cliché d'un nuage a jeté le trouble sur les activités du Centre européen pour la recherche nucléaire dans les milieux complotistes. Certains imaginent que l'organisation européenne a ouvert des failles interdimensionnelles.

La planète complotiste est en ébullition. En cause ? La publication d'un cliché par une photographe amateur sur Facebook, où l'on aperçoit un nuage menaçant, zébré d'éclairs dans le ciel de Genève en Suisse, révèle dimanche Le Point. Genève, où se trouve le Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), connu notamment pour son fameux accélérateur de particules. De quoi engendrer une vague d'hypothèses sur les prétendues activités de l'organisation européenne.

Comme le relève le magazine, les complotistes estiment que l'apparition de ce nuage est une preuve de l'activité du CERN. Une longue vidéo diffusée sur YouTube et relayée par The Sun s'interroge: "Est-ce pour cela que le temps est aussi détraqué à travers le monde ?", ajoutant que "des personnes ont vu des visages" dans le nuage en question. "C'est incroyable de voir comme ils détruisent la nature et le nient", ajoute l'auteur de la vidéo, se demandant "quels portails et portes ont été ouvertes dans ce nuage". (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.

Voir aussi :
* Le CERN répond aux questions posées sur les réseaux sociaux
Mardi 5 Juillet 2016


Tags : cern climat suisse

Camp de rééducation (Corée du Sud, 1952)
Comment lutter contre la radicalisation ou la théorie du complot à l’école ? Récemment, dans une tribune publiée dans Libération, des intellectuels critiquaient l’injonction de l’Education nationale à «penser droit». D’autres experts rappellent ici la nécessaire lutte contre ce phénomène.

Il ne s’agit pas de se faire ici les avocats d’une politique. Plutôt de dire notre surprise de voir certaines personnes pour lesquelles la lutte contre le complotisme est, selon leurs propres termes, la «nouvelle marotte du moment», se mettre à donner des leçons à ceux qui entendent mener ce combat.

Nous sommes un certain nombre à dresser le constat que le conspirationnisme est un phénomène qui traverse toute notre société et n’épargne pas l’Ecole. Depuis des années maintenant, les commentaires et discours à teneur conspirationniste se retrouvent dans les bouches et les copies d’élèves. Mesurant ce que cet état de fait pouvait avoir de préoccupant, nous n’avons pas attendu le récent plan gouvernemental pour nous retrousser les manches et agir.

En criant «Haro sur la jeunesse !», comme l’écrivent les signataires de ce texte ?

Non. En mettant en place des ateliers d’autodéfense intellectuelle, de pédagogie des médias, en sensibilisant les élèves à la question de la fiabilité des sources et de leur nécessaire vérification, à celle des différents biais cognitifs susceptibles d’égarer leur jugement, en les formant à un usage éclairé d’Internet ou encore en insistant sur l’indispensable maîtrise des connaissances fondamentales, notamment en histoire.
Le président palestinien Mahmoud Abbas à la tribune du Parlement européen (23 juin 2016)
Deux jours après avoir accusé des rabbins israéliens d’avoir appelé leur gouvernement à « empoisonner l’eau des Palestiniens », le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'est rétracté samedi dans un communiqué, soulignant qu'il était devenu « évident » que ces propos étaient « sans fondement » et qu’il n’avait aucune intention d’offenser les Juifs.

Intervenant jeudi 23 juin 2016 devant le Parlement européen, Mahmoud Abbas avait déclaré, à la 24ème minute de son discours :

« Il y a tout juste une semaine, un groupe de rabbins en Israël a annoncé, dans une déclaration claire, qu’ils demandaient à leur gouvernement d’empoisonner l’eau des Palestiniens. N’est-ce pas de l’incitation ? N’est-ce pas une incitation claire au meurtre de masse contre le peuple palestinien ? »

Cette déclaration, qui ne figure pas dans la transcription arabophone officielle du discours de Mahmoud Abbas diffusée par l’Autorité palestinienne, trouve son origine dans une intox apparue sur internet le 16 juin, sur le site d’un bureau de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), puis reprise le 19 juin par l’agence de presse turque Anadolu.

Par Le Huffington Post


Référendum sur le Brexit : persuadés d'un complot, certains votants ont préféré apporter leur propre stylo
Dès les premières heures de cette journée de vote, au cours de laquelle les Britanniques doivent décider s'ils sont pour ou contre une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le bruit s'est propagé sur les réseaux sociaux : pour remplir leur bulletin de vote, les électeurs devront utiliser des crayons disposés dans tous les isoloirs du pays.

Pour que le gouvernement puisse mieux effacer leurs votes et faire dire au scrutin ce qu'il souhaite ? Certains électeurs en sont sûrs, parmi lesquels beaucoup de partisans d'un "Brexit". Sur Twitter, les hashtag "#useapen" ("Utilisez un stylo") et "#PenIsBest" ("Avec un stylo c'est mieux") ont donc vu le jour sur Twitter, accompagnés des photos des stylos que ces sceptiques ont préféré prendre avec eux dans l'isoloir. (...)

Lire la suite sur Le Huffington Post.
Dimanche 26 Juin 2016



Par Akram Belkaïd


Carte des accords Sykes-Picot du 16 mai 1916 (Archives nationales britanniques)
Il y a un an, j'ai publié un article à propos de l'extrême popularité de la théorie du complot dans le monde arabe. Grâce ou à cause des réseaux sociaux et de nombreux sites de partage, ce papier vit encore sa vie et alimente régulièrement les discussions.

Il provoque aussi nombre de messages destinés à son auteur, messages, il faut le dire, qui sont en majorité critiques voire virulents (c'est normal, on écrit rarement à un journaliste pour lui dire qu'on a apprécié ses lignes).

Remettons le couvert. Le fait est que les théories du complot foisonnent dans le monde arabe, région dans laquelle j'inclus le Maghreb - et cela pour diverses raisons notamment culturelles et linguistiques (et certainement pas ethniques) et cela au risque de déplaire à celles et ceux qui ont l'impression de découvrir la lune en usant et abusant de l'expression "monde dit arabe".

Donc, le monde arabe et le complot... Une révolution ? C'est un complot. Un pont qui s'effondre quelque part ? Idem. Une épidémie ? Kif-kif. Souvent, le propos accusateur mêle forces occultes, gouvernement secret du monde, la CIA, le Qatar et, bien sûr, les Juifs qui, à en croire radio-mouâmara (radio-complot pour les non arabophones), passeraient leur temps à comploter contre le monde musulman.

Commençons par trois points fondamentaux. Dénoncer ces théories ne signifie pas qu'il n'existe pas de complots, qu'il n'y en a pas eu ou qu'il n'y en aura pas. (...)

Lire la suite sur Al Huffington Post.


Voir aussi :
* Théories du complot : la fabrique de la méfiance (France Culture)

Revue des Deux Mondes, juillet-août 2016


"De Zeus à internet, la conspiration à travers les âges"
La Revue des Deux Mondes consacre un dossier "Complot et complotisme" dans sa livraison de juillet-août 2016.

Au sommaire :
"Plutôt Zeus que Big Brother !", par Xavier Darcos
"Le mythe du complot juif. Un survol historique", par Pierre-André Taguieff
"Sociétés secrètes, révolution et roman", par Michel Delon
"Du bon usage du complotisme", par Jacques de Saint Victor
"Darknet : de l’autre côté du miroir", par Laurent Gayard
"Répondre au conspirationnisme : erreurs, errances, méprises", par Loïc Nicolas
"École et complot", par Iannis Roder
Samedi 25 Juin 2016



Assassinat de Jo Cox : Boulevard Voltaire souffle le chaud et le froid
« L’assassinat de Jo Cox : pourquoi on ne peut écarter l’hypothèse d’un complot ». C'est le titre d'un article (capture d'écran ci-dessus) paru samedi 18 juin dans Boulevard Voltaire, site fondé par Robert Ménard, actuel maire de Béziers.

Selon l'auteur, un dénommé Christophe Servan, « si l’on veut influencer les électeurs, il faut se poser en victime pour susciter la compassion des indécis. Dans l’affaire Joanne Cox, l’hypothèse d’un complot ourdi par le camp du Brexit n’a donc aucun sens. En revanche, dans l’hypothèse inverse, le fait que Joanne Cox soit à la fois un député de la base et une mère de famille en fait la victime idéale. (...) Qu’il existe des lobbys (sic) privés pour ne pas dire mafieux, qui tirent grand profit de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Europe, est une évidence. Qu’ils n’hésiteraient pas à tuer pour préserver leurs privilèges l’est certes moins, mais il suffit d’un seul. (...) Alors, geste fou d’un militant de l’extrême droite nationaliste ou complot ? C’est à chacun de se faire son opinion mais, au moins, voilà la question posée »...

Le lendemain, rétropédalage : dans un hommage ambigu à Joanne Cox, Emmanuelle Duverger, directrice de la publication de Boulevard Voltaire et compagne de Robert Ménard, écrit :

« Il nous faut aussi rappeler que si rien, à l’heure qu’il est, ne permet (comme le font certains) de dépeindre son assassin comme un « néo-nazi » — à entendre son frère, il serait plutôt un malade mental — à l’inverse, rien non plus ne vient étayer la thèse du complot dont certains se repaissent déjà. Si les opposants au Brexit n’ont pas hésité à attiser les peurs, si la campagne a pris un tour de plus en plus violent alors que les derniers sondages donnaient gagnants les partisans de la sortie de l’Europe, on ne voit pas ce qui permettrait aujourd’hui d’en conclure que les milieux favorables à Bruxelles auraient ourdi un tel complot ».

« Restons-en aux faits » implore-t-elle.

Emmanuelle Duverger est-elle au courant qu'un texte signé par Christophe Servan et instillant l'idée d'un complot a été publié sur le site qu'elle dirige ? A-t-elle prévu de signaler aux lecteurs de Boulevard Voltaire qu'il est non seulement tout à fait possible d'être à la fois néo-nazi et sujet à des troubles mentaux, mais également que Thomas Mair, l'assassin, était un partisan de longue date de la National Alliance (NA), l'une des principales organisations néo-nazies américaines et que la police britannique a retrouvé à son domicile des symboles nazis et de la littérature d'extrême droite ?
Le trumpisme, un maccarthysme anti-musulman ?
« Il y avait quelque chose de nouveau - et de tout à fait terrifiant - dans le discours prononcé lundi par Donald Trump au lendemain de la tuerie de la discothèque d'Orlando : son portrait des musulmans américains comme ennemis intérieurs se cachant parmi nous ». C'est ce qu'écrit Jennifer Williams dans un texte publié sur le site Vox et intitulé « En tant qu’Américaine musulmane, le discours de Donald Trump me fait peur. Et il devrait vous faire peur à vous aussi. ».

« Trump, poursuit l'auteure, répand une folle théorie du complot : l’idée que les Américains musulmans savent secrètement qui sont tous les terroristes, il dépeint l’ensemble de la communauté musulmane comme une cinquième colonne – un ennemi sournois qui travaille à miner en secret la nation dans laquelle il vit ».

Jennifer Williams fait référence aux propos tenus lundi par le candidat du Grand Old Party pour les présidentielles :

« Maintenant, la communauté musulmane doit travailler avec nous. Ils doivent coopérer avec les forces de l’ordre et dénoncer les personnes qu’ils savent être mauvaises. Et ils le savent. (…) Ils savent ce qu’il se passe. Ils savaient que les personnes de San Bernardino étaient mauvaises. Mais vous savez quoi ? Ils ne les ont pas dénoncées. Et vous savez quoi ? On a eu des morts, et de la destruction. »

Sur Fox News, le milliardaire américain a également suggéré que Barack Obama avait un agenda caché :

« Je reçois des milliers de lettres et de tweets qui me donnent raison sur la situation générale. Je ne veux pas de félicitations. Ce que je veux, c'est que notre gouvernement soit fort et vigilant. Nous sommes dirigés par un homme qui soit n'est pas fort et intelligent, soit a quelque chose d'autre en tête. Et ce quelque chose en tête, on ne peut pas y croire ».

Adepte de nombreuses théories du complot, Trump multiplie les attaques xénophobes appelant notamment à « l’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux Etats-Unis ». En novembre 2015, il avait assuré avoir vu à la télévision des « milliers et des milliers » de musulmans célébrer les attentats du 11 septembre 2001 dans le New Jersey.


Sources : Slate.fr, 13/06/2016 ; Libération, 15/06/2016.
Magnanville : l'assassin était (aussi) complotiste
Larossi Abballa, l'auteur du double meurtre de Magnanville, dans les Yvelines, avait un faible pour les théories du complot.

Le Point.fr révèle que le tueur, un Français de 25 ans connu des services de police pour de nombreux faits de droit commun et condamné en 2013 pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes », partageait des contenus conspirationnistes sur les réseaux sociaux :

« Larossi Abballa s'est montré ces derniers jours très actif sur son compte Facebook, ouvert au public. À 5 heures du matin, lundi, l'homme publiait encore des images à caractère complotiste. On y voit par exemple le montage-photo d'un homme crucifié et l'illustration d'un compas et d'une équerre entrecroisés - symbole de la franc-maçonnerie - sur fond de logo de l'Euro 2016. Circulaient également sur son wall (mur Facebook) de nombreuses vidéos religieuses ».

Libération note de son côté que lors d’une perquisition menée au domicile de ses parents en 2011, les enquêteurs avaient saisi une clé USB contenant, entre autres choses, une brochure présentant Al-Qaeda comme un groupe défendant l’islam et le Coran face à un complot judéo-chrétien ayant pour but l’anéantissement de l’islam.


Sources : Le Point.fr, 14/06/2016 ; Libération, 14/06/2016

Voir aussi :
* Il tue femme et enfants avant de dénoncer un complot visant à islamiser la France
* Le tueur d'Istres : entre troubles psychiques et paranoïa politique
* Le ''tueur de l’Arizona'', obsédé par la théorie du complot
* « Contre les Juifs et les Croisés » : l’arrière-fond complotiste de l’islamisme radical
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