Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

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Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, de Pierre-André Taguieff
L'imaginaire du complot mondial, de Pierre-André Taguieff
Mythes et mythologies politiques, de Raoul Girardet
La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
L'Obsession du complot, de Frédéric Charpier





Par Alice Maruani


J’ai essayé d’interviewer quelqu’un qui croit que la Terre est plate
Les « plateux », très actifs sur Internet, sont-ils des trolls de génie ou des conspirationnistes de l’extrême ? J’ai enquêté un jour d’ennui.

Tu les as peut-être découverts comme moi, au cours d’une soirée où un ami t’a sorti :

« Tu sais qu’il y a des mecs qui pensent que la Terre est plate ? Que l’image du globe terrestre est un complot de la Nasa ou des francs-maçons ? Je suis persuadé que c’est une grosse bande de trolls qui font une performance. Mais j’aimerais en avoir le cœur net. Vas-y, enquête, toi qui es journaliste ! »

Je me suis donc lancée dans cette enquête de longue haleine.

Les « platistes », appelés aussi « plateux », posent une sorte de défi intellectuel : c’est tellement énorme qu’on a du mal à croire qu’ils y croient.

Rien qu’en français, il existe plusieurs forums et pas mal de groupes Facebook qui parlent de Terre plate, avec quelques centaines à quelques milliers de personnes dans chaque.

Il y a Terre plate pour tous, Terre plate pour tous sauf les rageux, Terre plate Education, Terre plate vs Terre sphérique, Terre plate et creuse pour tous, et bien d’autres encore. Beaucoup sont illustrés d’images de la Terre aplanie, avec un cercle de glace tout autour. C’est comme ça que les platistes se représenteraient la Terre et ses pôles.

Je m’inscris à plusieurs groupes Facebook (certains sont fermés). Premier constat : les platistes sont actifs. Tellement actifs que j’ai dû désactiver les notifications sur mon téléphone qui vibrait toutes les heures. (...)

Lire la suite sur Rue89.

Par Peter Bergen


Montage issu du site conservativedailypost.com (pro-Trump)
Le 10 août dernier, Donald Trump a de nouveau accusé le président Barack Obama et sa rivale démocrate Hillary Clinton d’avoir « créé » l’Etat islamique (EI). Que faut-il en penser ? Auteur de United States of Jihad: Investigating America's Homegrown Terrorists (Crown Publishers, 2016) et expert pour les questions de sécurité nationale sur CNN, Peter Bergen, explique que c’est la conjonction de quatre facteurs qui a donné naissance à l’EI.

Comme beaucoup des attaques de Trump, celle-ci ne tient pas vraiment la route. Hillary Clinton a quitté le Département d’Etat en janvier 2013 et l’EI [sous la forme de "l'Etat islamique en Irak et au Levant" - NdT] n’a été fondé que trois mois après son départ.

Mais cette attaque de Trump pose une question intéressante, qui est de savoir à qui incombe la responsabilité de l’émergence de l’EI, et à quel point la décision de l'Administration Obama de se retirer d’Irak fin 2011 lui a pavé le chemin.

Tout a commencé avec un voyou

L’émergence de l’EI a commencé avec un malfrat jordanien appelé Abou Moussab Al-Zarqaoui, qui a fondé l’organisation-mère de l’EI, Al-Qaïda en Irak. C’est Zarqaoui qui a inauguré les décapitations télévisées d’Al-Qaïda en Irak, avec l’assassinat de l’homme d’affaires américain Nick Berg en 2004. Et c’est Zarqaoui qui, la même année, a déclenché une guerre civile contre les chiites en Irak. Ces stratégies et politiques restent aujourd’hui au cœur de l’EI.

Par Kahina Sekkai


Meurtre à Washington : WikiLeaks relance la théorie du complot
WikiLeaks a annoncé offrir une récompense de 20.000 dollars à quiconque permettant l’arrestation du tueur de Seth Rich, un employé du parti démocrate.

Vingt mille dollars pour inciter à arrêter un tueur… et relancer les théories du complot. WikiLeaks a annoncé mardi offrir une récompense de 20.000 dollars à quiconque permettrait d’identifier le meurtrier de Seth Rich, un employé du parti démocrate tué le 10 juillet dernier près de son domicile de Washington. Une proposition qui relance une théorie qui a circulé sur Internet: certains sont persuadés que Seth Rich n’a pas été tué lors d’un cambriolage qui a mal tourné, comme le pense la police, mais qu’il a été assassiné car il était un lanceur d’alerte. Les sites complotistes ont relayé des théories selon lesquelles Seth Rich aurait été prêt à témoigner concernant une future fraude électorale, hypothèse que le site Snopes.com a longuement démontée, expliquant notamment que le travail du jeune homme concernait la localisation des bureaux de vote par les électeurs et ne lui permettait pas d’avoir accès aux plus hautes sphères du parti. (...)

Lire la suite sur le site de Paris Match.


Voir aussi :
* Julian Assange, la Stasi et ''les Juifs de la Côte Est''
* Pourquoi Wikileaks travaille-t-il avec un négationniste notoire ?
Les délires complotistes antijuifs d'une professeur de Janson-de-Sailly [MàJ]
Une professeur d'anglais enseignant en classe préparatoire du prestigieux lycée Janson-de-Sailly à Paris (16ème arrondissement) a dénoncé, sur Facebook, « le lobby juif américain [qui soutient Hillary Clinton] ».

Elle a également fustigé François Hollande, le qualifiant de «Juif qui a profité de son appartenance à la communauté pour monter en politique et se renie, maintenant, en se prêtant un père "catholique" sur Wikipédia».

« Hollande est juif et le nie. Ça va commencer à rétropédaler de partout, maintenant que la gamelle est moins bonne du côté de la juiverie » poursuit-elle. Le même jour, elle écrit : « La Shoah a été prévue et organisée par les Juifs ».

Le Ministère de l'Education nationale a été informé par Le Canard Enchainé et le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF).

Une enquête du Rectorat est en cours.


Sources : CRIF, 28 juillet 2016 ; I24news, 29 juillet 2016.

Par Laurent Joffrin‏


Illustration issue du site du militant d'extrême droite Luc Michel
« Rien (...) ne prédisposait Orwell à servir de caution ni à la droite souverainiste ni aux libéraux. Rien, sinon cette idée d’une surveillance généralisée, d’un conformisme obligatoire, qu’on accole à toutes sortes de situations avec une trompeuse désinvolture. «Big Brother» est une expression du langage courant qui désigne, dans nos sociétés, tantôt les organismes de surveillance, tantôt une «pensée unique» soi-disant oppressive. Mais là encore, Orwell a donné de son vivant l’antidote à cette utilisation abusive. Souvent, on recourt à Big Brother pour délégitimer la démocratie, pour suggérer l’idée faussement sulfureuse (en fait, c’est un cliché) qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre nos démocraties et les tyrannies diverses et variées qui s’épanouissent sur la planète.

Le réquisitoire est connu : contrôlées par une oligarchie qui tient les médias, minées par la corruption politique, dominées par l’argent et le matérialisme consommateur, les démocraties seraient un décor de Potemkine qui présenterait une apparence de liberté derrière laquelle se dissimulerait la dictature de la classe dirigeante. Pont aux ânes de la «pensée critique», héritage désuet du marxisme, tirant fort vers le complotisme, cette thèse se retrouve à l’extrême gauche et à l’extrême droite et dans nombre d’interventions d’universitaires qui finissent par assimiler démocratie et dictature, autorisant ainsi toutes les dérives illégales ou violentes contre les systèmes de liberté (pourquoi respecter la loi, puisqu’elle est la simple cristallisation d’une tyrannie de classe ?). Badiou ou Zizek en sont les exemples les plus connus. Et la faveur dont ils jouissent dans une partie de l’intelligentsia parisienne ressemble à s’y méprendre à la fascination des intellectuels des années 50 pour l’URSS.


Dans un texte de février 1941, Orwell fait justice de cet amas de sophismes. «Dénigrer la démocratie, commence-t-il, est un des passe-temps les plus faciles du monde.» Effectivement, poursuit-il, ces critiques ont leur part de vérité. Les régimes de liberté sont souvent oligarchiques, et tellement inégalitaires qu’une partie de la population est en fait écartée de la vie collective. Pourtant, ajoute-t-il aussitôt, le raisonnement est faux. Pour une raison simple : il néglige volontairement les différences de degré. Certes, il y a des phénomènes d’oppression dans les démocraties - monopoles économiques, inégalités, atteintes aux libertés, conformismes médiatiques, etc. -, mais à un degré très inférieur à ce qu’on observe dans les dictatures. A la différence de certains intellectuels, les individus ordinaires, d’ailleurs, ne s’y trompent pas : les réfugiés politiques viennent des dictatures, non des démocraties. »


Source : « Souverainistes et libéraux, laissez George Orwell en paix » (Libération, 31 juillet 2016)

Voir aussi :
* Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie
Vendredi 5 Août 2016



Couverture de Charlie Hebdo (3 août 2016)
Saluée par les uns, déplorée par les autres, la décision prise au cours de la semaine dernière par plusieurs médias français (Le Monde, BFM-TV, Europe 1, RFI, France 24, RTL…) de ne plus publier les photos d’auteurs d’attentats – voire, comme Europe 1, de ne plus donner leurs noms – pose inévitablement la question de son impact en matière de complotisme. Quels sont les arguments en présence ?

C’est le psychanalyste Fethi Benslama qui a proposé l’idée d’« un pacte par lequel tous les médias s’engagent à ne mentionner les tueurs que par des initiales, à ne pas publier leurs photos, à ne pas donner de détails biographiques qui permettent de les identifier ».

Pour éviter l’héroïsation posthume des terroristes, le psychiatre et anthropologue Richard Rechtman est allé jusqu’à suggérer « que les responsables politiques décrètent l'anonymat obligatoire de tout auteur d'atrocités, l'interdiction de diffuser ses images, ou tout renseignement sur son identité, l'interdiction de relayer le moindre élément permettant de l'identifier, bref de classer secret-défense tout ce qui concerne les personnes commettant ces attentats. (...) Rendre impossible l'identification des assassins est une façon de faire que personne ne puisse s'identifier à eux. Que celui qui souhaite mourir avec la gloire sache qu'il mourra dans l'anonymat le plus total. »

Un cadeau fait aux complotistes ?

Par AFP


(crédits : AFP)
"Ceci est un complot de l'Etat", "du travail de franc-maçon", "Mohamed Lahouaiej est en vie" : les conspirationnistes, comme après chaque attentat, se déchaînent sur la tuerie de Nice, au mépris de la douleur des victimes.

"Le suspect de Nice parle depuis la Tunisie et dit qu'il n'est pas responsable du massacre !!!!", affirme une vidéo postée sur Youtube par "Orlando USA". Sur ce film de 41 secondes, un homme, vraisemblable homonyme du tueur mais qui ne lui ressemble en rien, affirme, en arabe, n'avoir rien à voir avec la tragédie.

Pourquoi Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il laissé ses papiers dans le camion qui a fauché des centaines de personnes, en tuant 84 ? Pourquoi un "homme en beige" apparaît-il "dans plusieurs vidéos" alors que des policiers abattent le tueur ? Un deuxième homme était-il dans le poids lourd ? Réponses : "curieux", "complot".

Il y a ce témoin allemand ayant filmé le début du carnage, qui est, d'après Panamza.com, un site phare de la sphère conspirationniste, "lié à Israël". Les images deviennent alors "troublantes", les "coïncidences" moquées, les conclusions suggérées. "Que chacun déduise ce qui lui convient le mieux !", lance un lecteur.

Attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, 13 novembre, Bruxelles, Nice... A chaque tragédie ses théories complotistes. (...)

Lire la suite sur le site de l'Est éclair.


Voir aussi :
* Newtown : ces conspirationnistes qui s’en prennent aux familles de victimes

Par Théo Conscience


Nice : quand Christian Estrosi flirte avec la théorie du complot
Dans "Le Parisien" de ce vendredi 22 juillet, Christian Estrosi accuse le gouvernement de vouloir détruire des preuves relatives à l'attentat de Nice, et remet en question l'indépendance de l'enquête.

Christian Estrosi serait-il en train de verser dans le complotisme ? Après avoir multiplié les sorties médiatiques cette semaine pour pointer la responsabilité de l'Etat dans l'attentat de Nice le 14 juillet, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy va plus loin ce vendredi 22 juillet, accusant carrément le gouvernement de chercher à effacer des preuves.

De quoi s'agit-il ? Ce mercredi 20 juillet, la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) a demandé aux autorités municipales niçoises de détruire les enregistrements des caméras de vidéosurveillance qui ont filmé l'attentat. Après avoir refusé d'effacer les images en question, la municipalité niçoise a demandé au Procureur de les mettre sous séquestre. "L'Etat veut effacer toutes les traces", réagit ce vendredi 22 juillet le président Les Républicains (LR) de la région Paca dans Le Parisien. Il faut dire qu'au lendemain des révélations de Libération au sujet des "failles" dans le dispositif de sécurité sur la promenade des Anglais le soir du 14 juillet, l'occasion devait être trop belle pour l'ancien maire de Nice. Alors que le quotidien titrait sur les supposés "mensonges" du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'édile niçois va plus loin, agitant la théorie du complot. (...)

Lire la suite sur le site de Marianne.


Voir aussi :
* Attentat de Nice : pourquoi la justice veut effacer les images de vidéosurveillance (L'Obs, 22 juillet 2016)
* Attentat de Nice : "Il n'y a pas eu de mensonge des autorités", assure le préfet (L'Obs, 21 juillet 2016)
* Le mensonge sur le pseudo-mensonge de Cazeneuve, par Olivier Duhamel (LeLab d'Europe 1, 21 juillet 2016)
"Complotisme" : quelques remarques sur la querelle opposant Bernard Cazeneuve et Libération
Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme».

Première observation : on peut regretter que le ministre de l’Intérieur ne se soit pas abstenu d’user du terme «complotisme» sans préciser la différence de nature qu’il peut y avoir entre un journal comme Libération et les médias authentiquement complotistes qui prolifèrent sur la Toile. Surtout dans un moment où la prévention «des risques d'emprise complotiste» est constitutive des actions que le Gouvernement cherche à mettre en oeuvre pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Remarquons cependant que Bernard Cazeneuve n’accuse pas la rédaction de Libération d’être complotiste, comme le suggère le titre de l’édito de Johan Hufnagel. Dans un contexte où Libération lui reproche rien moins que d’avoir diffusé «un mensonge», de surcroît en une de son édition, le locataire de la place Beauvau a cru devoir dénoncer des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme», ce qui n’est pas exactement la même chose que de mettre sur le même plan Libération et, mettons, Egalité & Réconciliation.

Le ministre a également laissé entendre que Libération était partie prenante «de campagnes politiques ou de presse qui visent à [l’] atteindre […] dans sa réputation». Etait-il vraiment nécessaire que Libération en tire prétexte pour accuser à son tour Bernard Cazeneuve de céder aux sirènes du complotisme ? Ne peut-on pas, là aussi, regretter l’usage d’un tel terme dirigé contre un ministre de la République qui ne saurait être confondu avec le premier théoricien du complot venu ? Ne peut-on, dans le même temps, trouver malvenue sa dénonciation de «campagnes de presse» là où, de toute évidence, Libération se contente d’assumer le rôle que lui assigne son statut d’acteur du quatrième pouvoir ?

Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme.
Recep Tayyip Erdogan interviewé sur Al-Jazeera (20 juillet 2016)
Dans une interview accordée mercredi 20 juillet 2016 à la chaîne qatarie Al-Jazeera, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a affirmé, sans les citer, que des pays étrangers pourraient être impliqués dans le putsch avorté de la semaine dernière.

« D’autres pays pourraient être impliqués dans la tentative de coup d’Etat qui s’est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi en Turquie », a-t-il déclaré.

Samedi 16 juillet, le ministre turc du Travail et de la Sécurité sociale, Süleyman Soylu, avait laissé entendre que les Etats-Unis étaient derrière la tentative de putsch.

En juin 2013, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre de la Turquie, avait dénoncé dans le mouvement de contestation de son gouvernement un complot « organisé à l'intérieur et à l'extérieur » du pays.


Sources : Le Figaro, 20 juillet 2016 ; Tribune de Genève, 20 juillet 2016 ; Financial Times, 17 juillet 2016 ; Ouest-France, 17 juillet 2016.

Voir aussi :
* Le grand complot international contre Poutine, Erdogan, Assad, Mugabe et Maduro

Par Céline Lussato et Pascal Riché


Erdogan derrière le coup d'Etat ? 10 arguments à la loupe
La théorie est largement défendue à travers le monde. Mais les tenants du complot développent des arguments qui, pour beaucoup, ne tiennent pas.

L’échec de la tentative de coup d’Etat a été qualifié de "don d’Allah" par le président Recep Tayyip Erdogan. Et il est vrai qu’il tombe à pic pour lui : il lui permet de procéder aux purges dont il rêvait depuis longtemps, notamment dans l’armée, et de durcir encore son régime. Il n'en fallait pas plus nourrir, notamment sur les réseaux sociaux via le hachtag #theatrenotcoup" -, une théorie du complot qui voudrait qu’Erdogan lui-même ait manigancé le putsch avorté : une sorte de version turque de l’incendie du Reichstag. Ou tout du moins qu'il en ait eu connaissance.

Depuis les Etats-Unis où il a trouvé refuge, son ancien allié devenu ennemi juré, Fethullah Gülen, a démenti toute implication dans l’opération et laissé entendre qu’il pourrait s’agir d’une manipulation :

"Il y a une petite chance, une possibilité que ce soit un coup monté."

Voici dix arguments avancés par ceux qui évoquent un complot ourdi par le pouvoir. Beaucoup ne tiennent pas la route. Aucun scénario n’est encore à exclure bien sûr, mais celui d’un certain amateurisme des putschistes doublé d’une habile récupération par le président est jusque-là privilégié par les observateurs les plus sérieux. (...)

Lire la suite sur le site de l'Obs.
Un putsch fomenté par Erdogan ? «Il est capable de beaucoup de choses, mais pas de ça» (Bayram Balci)
De nombreux observateurs ont vu dans le putsch avorté de vendredi une manœuvre destinée à renforcer le pouvoir du président Erdogan. Une théorie "pas crédible" selon Bayram Balci, chercheur au CNRS.

"Certains dirigeants organisent de faux attentats-suicides pour renforcer leur pouvoir, et ces gens ont ce genre de scénarios en tête", déclarait l'imam Fethullah Gülen au New-York Times, samedi, au lendemain du coup d'Etat manqué d'une frange de l'armée turque. Dans le viseur du prédicateur musulman, qui vit aux Etats-Unis depuis 30 ans mais se trouve toujours à la tête d'un puissant mouvement d'opposition en Turquie : le président turc, Recep Tayyip Erdogan... qui, lui, l'accuse d'être à l'origine des événements de vendredi.

Depuis la tentative de putsch, le régime s’est en effet lancé dans une chasse aux sorcières dans les rangs de l’administration militaire et judiciaire, purgeant de ces institutions les éléments soupçonnés d’être opposés à la politique menée par l’AKP, le parti au pouvoir. Dimanche, le gouvernement a annoncé avoir procédé à plus de 6.000 arrestations. Et ce n'est pas fini. A posteriori, le coup d'Etat avorté semble donc avoir servi les intérêts d'Erdogan. Suffisant pour que nombre d’observateurs accusent le pouvoir en place d’avoir orchestré un simulacre de putsch, pour renforcer un peu plus son emprise sur son peuple. Sur Twitter, des théories conspirationnistes ont même fleuri avec le hashtag "#Darbedegiltiyatro" ("ceci n'est pas un coup, c'est du théâtre"). (...)

Lire la suite sur le site d'Europe 1.


Voir aussi :
* Turquie : « Ce qui frappe, c’est l’improvisation des putschistes » (Le Monde, 17 juillet 2016)
* La Turquie, proie du complot juif mondial selon Erdogan et ses partisans
* Attentats : les thèses conspirationnistes se multiplient en Turquie et en Russie
Attentat de Nice : le retour des théories du complot
Comme après les attentats de Charlie Hebdo ou ceux du 13-Novembre, rapidement, ce sont plus que des rumeurs qui circulent sur Internet. Les théories du complot commencent doucement à fleurir, remettant en cause les faits.

Lorsqu'on regarde le camion, loué par Mohamed Lahouaiej Bouhlel pour perpétrer sa tuerie à Nice le soir du 14 juillet, au premier abord, rien d'étrange. Le véhicule est passablement abîmé à l'avant, comme le symbole de la violence de l'attentat. Il est également criblé d'impacts de balle. Mais pour certains, il y a quelque chose qui cloche...

Un problème avec les impacts de balles ?

Le site "Résistance républicaine", assez coté dans la fachosphère, fait la même remarque : "30 impacts de balles... PAS UN SEUL COTE CONDUCTEUR!!!". (...)

Lire la suite sur Metronews.fr.


Voir aussi :
* Attentat de Nice : une vidéo manipulée fait croire que le terroriste a été capturé vivant (Le Monde, 16 juillet 2016)
Désinformation complotiste autour de la déclassification d'un document officiel de 28 pages
Le Congrès américain a rendu public hier, 15 juillet 2016, un document de 28 pages classifiées depuis 13 ans.

Ces 28 pages constituent un chapitre du rapport de la Congressionnal Joint Inquiry sur les attentats du 11-Septembre (décembre 2002), une commission d'enquête parlementaire sur les activités des agences de renseignement américaines. Détaillant les liens possibles entre le gouvernement saoudien et les attentats du 11 septembre 2001, elles étaient jusque-là considérées comme susceptibles de détériorer les relations diplomatiques américano-saoudiennes.

Vendredi, la Maison Blanche a adressé au Congrès une version déclassifiée du document assortie de quelques caviardages. Les 28 pages ont été diffusées quelques heures plus tard sur le site web de la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

La controverse persiste sur la possible implication des autorités saoudiennes, à quelque degré que ce soit, dans les attentats de 2001. Le document revient notamment sur le rôle éventuel joué par Fahad al-Thumairy, un diplomate saoudien basé dans la région de Los Angeles au moment des attaques qui fut aussi l’imam d’une mosquée visitée par deux des pirates de l’air du 11-Septembre, Nawaf al-Hazmi et Khalid al-Mihdhar.

Josh Earnest, le porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que ce document ne modifiait « en rien la position du gouvernement des Etats-Unis selon laquelle il n’y a aucune preuve indiquant que le gouvernement saoudien, en tant qu'institution, ou que des hauts fonctionnaires saoudiens auraient financé individuellement Al-Qaïda ».
Légion d'honneur : aucun complot contre Marion Cotillard
Soutenir publiquement des théories du complot frapperait ceux qui s'y risqueraient d'un anathème éternel, les condamnant à une véritable "mort sociale". C'est ce que l'on peut parfois lire sur les réseaux sociaux (voir ici, , ici ou encore ) de la part d'internautes ayant eux-même un évident penchant complotiste.

La liste des promus du 14 Juillet de la Légion d'honneur apporte un démenti cinglant à cette idée-reçue. Marion Cotillard vient en effet d'être décorée de la plus haute distinction honorifique française. Une décoration qui récompense une carrière au service du rayonnement du cinéma français. Depuis huit ans, l'actrice est l'égérie de la marque de luxe Dior. Elle tourne avec les plus grands réalisateurs du monde et, en 2010, elle avait même été faite chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Tout cela, malgré ses dérapages conspirationnistes révélés en février 2008. Preuve, s'il en fallait, qu'il n'existe aucune conspiration contre les dénonciateurs de complots imaginaires.
Jeudi 14 Juillet 2016



Par Pierre-André Taguieff


Caricature antisémite apparue sur les réseaux sociaux en 2015
Parmi les grands récits d’accusation où les Juifs sont criminalisés ou diabolisés, c’est-à-dire les principaux mythes antijuifs constituant la dimension idéologique de la judéophobie, il convient de faire une place particulière au thème de la conspiration en vue de dominer, de corrompre et d’exploiter les autres peuples. Depuis la fin du XIXe siècle, le thème du Juif conspirateur est devenu le plus mobilisateur des thèmes antijuifs en même temps que le plus « intégrateur » d’entre eux. L’imaginaire du complot juif international est aujourd’hui au cœur de la nouvelle judéophobie d’extension planétaire. La plupart des traditionnels motifs d’accusation des Juifs tournent désormais autour du mythe du complot juif mondial, rebaptisé « complot sioniste mondial ». Comme l’a fait remarquer l’historien Walter Laqueur, « l’idée d’une conspiration juive à l’échelle planétaire influa peut-être davantage encore que la doctrine raciale sur le développement de l’antisémitisme moderne ».

Dans la vision conspirationniste, le peuple juif est essentialisé en tant qu’incarnation d’une menace permanente et ainsi construit comme ennemi absolu de tous les peuples. Il devient le porteur par excellence de la « causalité diabolique ». Il s’agit donc d’une interprétation globale de l’histoire dans laquelle le Juif apparaît « comme une force satanique, comme la source de tous les maux dans le monde, des origines à nos jours ». Dans l’imaginaire conspirationniste moderne et contemporain, les Juifs sont accusés d’être à la tête d’un mégacomplot en vue de la domination du monde. (...)

Lire la suite sur le site du CRIF.

Source : Revue des Deux Mondes, juillet-août 2016.
Dimanche 10 Juillet 2016



Espagne : "Gauche unie" diffuse un tweet antisémite
Jeudi 7 juillet 2016, la section madrilène de Gauche unie (Izquierda Unida), la coalition de la gauche radicale espagnole, a diffusé sur Twitter une caricature intitulée "Guerras no" ("Non aux guerres") et destinée à protester contre la prochaine visite de Barack Obama dans le pays.

Le dessin représente le président américain et un Juif orthodoxe stéréotypé en pleine étreinte, le premier retirant de la poche du second une liasse de billets verts...

La Fédération des communautés juives d’Espagne a accusé dans un communiqué la formation espagnole de charrier « les stéréotypes antisémites les plus répugnants avec cette image ».

Source : JTA, 8 juillet 2016.

Voir aussi :
* Entre la « guerre juive » et le « complot américano-sioniste »

Par L'Express.fr


Non, la photo de ce nuage à Genève ne montre pas un portail interdimensionnel
Le cliché d'un nuage a jeté le trouble sur les activités du Centre européen pour la recherche nucléaire dans les milieux complotistes. Certains imaginent que l'organisation européenne a ouvert des failles interdimensionnelles.

La planète complotiste est en ébullition. En cause ? La publication d'un cliché par une photographe amateur sur Facebook, où l'on aperçoit un nuage menaçant, zébré d'éclairs dans le ciel de Genève en Suisse, révèle dimanche Le Point. Genève, où se trouve le Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), connu notamment pour son fameux accélérateur de particules. De quoi engendrer une vague d'hypothèses sur les prétendues activités de l'organisation européenne.

Comme le relève le magazine, les complotistes estiment que l'apparition de ce nuage est une preuve de l'activité du CERN. Une longue vidéo diffusée sur YouTube et relayée par The Sun s'interroge: "Est-ce pour cela que le temps est aussi détraqué à travers le monde ?", ajoutant que "des personnes ont vu des visages" dans le nuage en question. "C'est incroyable de voir comme ils détruisent la nature et le nient", ajoute l'auteur de la vidéo, se demandant "quels portails et portes ont été ouvertes dans ce nuage". (...)

Lire la suite sur le site de L'Express.

Voir aussi :
* Le CERN répond aux questions posées sur les réseaux sociaux
* Sacrifice humain au Cern : le canular qui passe mal (L'Obs, 18 août 2016) [MàJ]
Mardi 5 Juillet 2016


Tags : cern climat suisse

Camp de rééducation (Corée du Sud, 1952)
Comment lutter contre la radicalisation ou la théorie du complot à l’école ? Récemment, dans une tribune publiée dans Libération, des intellectuels critiquaient l’injonction de l’Education nationale à «penser droit». D’autres experts rappellent ici la nécessaire lutte contre ce phénomène.

Il ne s’agit pas de se faire ici les avocats d’une politique. Plutôt de dire notre surprise de voir certaines personnes pour lesquelles la lutte contre le complotisme est, selon leurs propres termes, la «nouvelle marotte du moment», se mettre à donner des leçons à ceux qui entendent mener ce combat.

Nous sommes un certain nombre à dresser le constat que le conspirationnisme est un phénomène qui traverse toute notre société et n’épargne pas l’Ecole. Depuis des années maintenant, les commentaires et discours à teneur conspirationniste se retrouvent dans les bouches et les copies d’élèves. Mesurant ce que cet état de fait pouvait avoir de préoccupant, nous n’avons pas attendu le récent plan gouvernemental pour nous retrousser les manches et agir.

En criant «Haro sur la jeunesse !», comme l’écrivent les signataires de ce texte ?

Non. En mettant en place des ateliers d’autodéfense intellectuelle, de pédagogie des médias, en sensibilisant les élèves à la question de la fiabilité des sources et de leur nécessaire vérification, à celle des différents biais cognitifs susceptibles d’égarer leur jugement, en les formant à un usage éclairé d’Internet ou encore en insistant sur l’indispensable maîtrise des connaissances fondamentales, notamment en histoire.
Le président palestinien Mahmoud Abbas à la tribune du Parlement européen (23 juin 2016)
Deux jours après avoir accusé des rabbins israéliens d’avoir appelé leur gouvernement à « empoisonner l’eau des Palestiniens », le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'est rétracté samedi dans un communiqué, soulignant qu'il était devenu « évident » que ces propos étaient « sans fondement » et qu’il n’avait aucune intention d’offenser les Juifs.

Intervenant jeudi 23 juin 2016 devant le Parlement européen, Mahmoud Abbas avait déclaré, à la 24ème minute de son discours :

« Il y a tout juste une semaine, un groupe de rabbins en Israël a annoncé, dans une déclaration claire, qu’ils demandaient à leur gouvernement d’empoisonner l’eau des Palestiniens. N’est-ce pas de l’incitation ? N’est-ce pas une incitation claire au meurtre de masse contre le peuple palestinien ? »

Cette déclaration, qui ne figure pas dans la transcription arabophone officielle du discours de Mahmoud Abbas diffusée par l’Autorité palestinienne, trouve son origine dans une intox apparue sur internet le 16 juin, sur le site d’un bureau de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), puis reprise le 19 juin par l’agence de presse turque Anadolu.
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