
Apparue en octobre 2020, l'association BonSens.org (bonsens.info), domiciliée à Entzheim (Bas-Rhin), regroupe des personnalités évoluant dans la complosphère covidosceptique francophone.
Xavier Azalbert préside l'association. Il dirige aussi le site complotiste FranceSoir et est responsable de la publication de bonsens.info. Le Pr Christian Perronne en est le vice-président. Jean-Yves Capo, Gérard Guillaume et Silvano Trotta siègent au conseil d'administration. Laurent Toubiana, Pierre Chaillot et Corinne Reverbel figurent parmi ses « experts » [source].
Lors de son lancement, le site intégrait à son équipe d'autres personnalités qui se sont illustrées pendant la crise sanitaire de Covid-19 par leurs prises de position anti-masque, antivaccination voire conspirationnistes comme Valérie Bugault, Alexandra Henrion-Caude ou encore Martine Wonner. Ces deux dernières se sont mises en retrait de l'association quelques jours après sa création, pour des raisons de disponibilité selon elles.

Le site d'extrême droite Profession Gendarme – qui diffuse depuis l'année 2020 des contenus à caractère complotiste sur la pandémie de Covid-19 – est l'un des premiers à annoncer la création de l'association Bon Sens qu'il salue comme une « bonne nouvelle ». Si Bon Sens « marche et prend de l'ampleur » avance ce site animé par un retraité de la gendarmerie nationale, « les pressions, magouilles des médias subventionnés mais aussi associations néfastes, seront présentes pour les discréditer. Lors de ces attaques « ils » seront obligés de se mettre à découvert comme lors du Covid et nous serons plus nombreux à comprendre que nous ne sommes que du bétail pour une oligarchie qui nous envoie à l'abattoir ! [...] la manipulation actuelle à l'échelle mondiale vise à dissoudre le discernement des gens par la propagande de la peur! »
Des publications à caractère conspirationniste
Le 6 septembre 2021, Bon Sens partage un contenu du canal « Silvano Trotta Officiel » suspectant les médias de mentir sur une manifestation à Mulhouse : « Franchement si les médias mentent sur cela, la question est pourquoi ? Parce qu'on leur donne l'ordre de mentir ! Sans subvention publique, ils sont morts ! »
Le 31 octobre 2022, le canal Telegram de Bon Sens affirme que les similitudes entre le traitement du Covid et de l'Ukraine impliquent nécessairement « des institutions subversives à l'origine des deux grandes manipulations de l'opinion occidentale », puis ajoute qu'il est « statistiquement impossible » que tous les grands médias s'alignent ainsi : « Le phénomène n'est pas naturel, il est construit. »
Le 23 novembre 2022, Bon Sens évoque, toujours sur son canal Telegram, le rôle qu'auraient joué le Forum économique mondial de Klaus Schwab, l'OMS, la fondation Bill Gates et Anthony Fauci « dans l'origine de la pandémie et la planification de sa gestion ».
Une « guérilla judiciaire »
L'association revendique une soixantaine d'actions en justice. Elles portent, selon elle, sur l'obligation vaccinale, les traitements précoces à base d'hydroxychloroquine ou d'ivermectine, le port du masque ou encore les effets secondaires des vaccins... Le 23 mai 2022, Bon Sens assigne Bill Gates en référé devant le tribunal judiciaire de Nanterre, aux côtés de Xavier Azalbert, Christian Perronne et Silvano Trotta. Elle lui reproche des propos tenus sur France 2 au sujet des vaccins contre le Covid-19. Le tribunal la déboute le 24 novembre 2022. L'association annonce alors une action au fond pour « démontrer que monsieur Bill Gates ne dépense pas des milliards pour sauver des vies » mais « pour en gagner d'autres ». Le but de son « mensonge » serait « de convaincre le public français de se faire vacciner contre la COVID 19 pour en tirer profit ».
FranceSoir publie une série d'articles accusant l'épidémiologiste Dominique Costagliola de conflit d'intérêts. Bon Sens dépose ensuite plainte contre elle. La chercheuse est perquisitionnée dans le cadre d'une enquête du Parquet national financier, puis mise hors de cause. En décembre 2022, l'association saisit la justice américaine pour obtenir les SMS échangés entre Ursula von der Leyen et le PDG de Pfizer. Elle échoue. En 2024, Bon Sens et FranceSoir font pression pour obtenir la rétractation d'une étude imputant 17 000 décès à l'usage de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19.
Dons, défiscalisation et études « indépendantes »
L'association a collecté 906 973 euros d'adhésions et de dons entre octobre 2020 et fin 2022, selon son rapport financier. Les frais d'avocats et d'huissiers en absorbent l'essentiel. Dès son lancement, Bon Sens promettait à ses donateurs une déduction fiscale et délivrait des reçus fiscaux. Or, le 11 octobre 2021, la Direction générale des finances publiques lui oppose un refus. L'association affirme cependant avoir obtenu un rescrit « mécénat » le 3 janvier 2023.
Bon Sens finance la production de ses propres études. Elle envoie aussi des représentants à des rassemblements covidosceptiques. Ses responsables participent à l'International Covid Summit au Parlement européen en mai 2023. En février 2024, Christian Perronne intervient au Sénat américain, lors d'une table ronde du sénateur républicain Ron Johnson sur « le cartel du Covid » [source]. Selon Le Point, l'association a sponsorisé une étude publiée dans une revue « prédatrice » ayant servi à légitimer un prétendu traitement contre le Covid-19 et les effets secondaires des vaccins. Xavier Azalbert et ses associés ont breveté ce traitement au Brésil.
Un canal Telegram homonyme
Un canal Telegram intitulé « Bon Sens » (@vivrecorrectement) et reprenant le logo de l'association depuis octobre 2020 relaie ses communiqués [archive], ses appels à adhésion et des vidéos de Silvano Trotta. Il a aussi diffusé des contenus complotistes sur la pandémie. Il y évoque un « génocide qui ne dit pas son nom » et la « responsabilité du génocide COVID » que porterait la famille Rockefeller. Ce canal compte plus de 21 000 abonnés. Sa description précise toutefois qu'il « n'a aucun lien avec l'association » dont il « ne reprend que le logo ». Le canal officiel de l'association, @BonSens_org, compte près de 10 000 abonnés.
(Dernière mise à jour le 04/10/2026)















