DIEUDONNÉ. Après avoir été banni de YouTube fin juin, Dieudonné M'Bala M'Bala, figure majeure de la complosphère francophone – condamné à plusieurs reprises et récemment encore pour des propos négationnistes et antisémites – a vu sa page Facebook et son compte Instagram supprimés « de manière permanente », le lundi 3 août 2020. Cette page était suivie, avant sa suppression, par près d'1,3 million d'autres comptes Facebook. Le compte Instagram l'était par 36 000 autres comptes (source : Le Monde, 3 août 2020). Il est à noter que celui que Facebook a identifié comme « figure de haine » compte toujours, aujourd'hui, plus de 153 000 abonnés sur Twitter. Selon nos informations, le réseau social TikTok a également décidé de bannir Dieudonné de sa plateforme.
ANTI-MASQUES. Les premiers signaux ont émergé dans la complosphère anglophone, plus particulièrement du côté des États-Unis, dans les fractions les plus radicales de la population qui se proclament ni à gauche ni à droite mais aux marges. Les antimasques s'inscrivent dans le mouvement plus large du complotisme, de ceux qui se pensent comme des dissidents face à un système qui leur ment et veut les opprimer. Interrogé par la RTS et par le journal Libération, Rudy Reichstadt, directeur de l'Observatoire du conspirationnisme, replace la mouvance anti-masques dans le sillage du mouvement complotiste (source : Libération, 3 août 2020).
Ce phénomène des anti-masques révèle des motivations très différentes, parmi lesquelles la remise en question de son utilité, à l'instar de Maxime Nicolle, figure du mouvement des Gilets jaunes, qui, dans une vidéo vue des dizaines de milliers de fois, a voulu administrer la preuve de la prétendue futilité du masque.
C'est notamment le cas du #GiletJaune Maxime Nicolle. Dans une vidéo vue 84.000 fois, il fume sa cigarette et montre que la fumée sort du masque. Il y voit une preuve incontestable de la futilité de cette "merde" qui "ne protège pas vos voies respiratoires". pic.twitter.com/2fWliGyxic
— Felicia Sideris (@felicia_sidx) August 4, 2020
L'engagement contre le masque prend des dimensions plus dramatiques aux États-Unis, comme le montre Tristan Mendès France, signalant des militants prétendant agir pour le compte d'une agence gouvernementale « The Freedom to breath agency », et qui font croire à des employés de magasins qu'ils risquent de graves poursuites judiciaires s'ils continuent à porter un masque (source : Twitter).











