« WARONFAKES.COM ». Le ministère russe des Affaires étrangères recommande un site en quatre langues – dont le français –, pour démêler les fausses informations sur la guerre. Intitulé « War on Fakes », disponible sans frais ni inscription, ce portail numérique, signé par d'obscurs experts prétendument apolitiques, prétend scruter les infos trompeuses circulant sur les réseaux sociaux et rétablir la vérité. Problème : tout y est grossier, les infox autant que leurs rectificatifs bâclés en quelques lignes (source : France Inter, 7 mars 2022).
MARIOUPOL. L'armée russe a qualifié de « mise en scène » de « nationalistes » ukrainiens la frappe ayant visé le 9 mars une maternité et un hôpital pédiatrique de la ville encerclée de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine. « La prétendue frappe aérienne est une mise en scène totale à des fins de provocation afin d'entretenir l'agitation antirusse du public occidental », a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Igor Konachenkov (source : La Presse, 10 mars 2022).
À noter que le compte de l'ambassade de Russie en France, qui relaie des comptes non institutionnels depuis le début de la guerre en Ukraine, participe activement à la diffusion des infox (source : Franck Clarot/Twitter, 10 mars 2022 ; Tristan Mendès France/Twitter, 6 mars 2022).
Depuis la guerre en Ukraine, l'ambassade de Russie en France semble avoir changé sa stratégie de comm' en retweetant des profils non institutionnels. Et les comptes qu'elle a retweetés sont assez hallucinants. #thread
— Tristan Mendès France (@tristanmf) March 6, 2022
ÉLECTION VOLÉE. L'ambassadeur de la Russie auprès de l'ONU a critiqué des pays occidentaux, dont les États-Unis, pour ne pas avoir condamné le renversement en 2014 de Viktor Ianoukovitch, le président ukrainien pro-russe. Vassily Nebenzia a affirmé que les États-Unis étaient « l'endroit où le président légitimement élu du pays a été renversé », allusion au mensonge de Donald Trump au sujet du prétendu « vol » de l'élection présidentielle de 2020 (source : Newsweek, 2 mars 2022).
COMPLOSPHÈRE PRO-POUTINE. Au sein du mouvement protéiforme des opposants à la vaccination obligatoire, au port du masque ou au passe sanitaire, la guerre en Ukraine est bien souvent vue comme une manœuvre de diversion, destinée à justifier d'autres mesures liberticides. Les éléments de propagande de Moscou trouvent de fait des relais dans cette communauté très présente sur les réseaux sociaux où l'on se félicite de ne pas être « des moutons » et d'exercer son esprit critique (source : Le Monde, 11 mars 2022).
À lire sur le même sujet, l'analyse parue dans Marianne et l'enquête d'Antoine Bayet publiée dans la Revue des médias de l'INA.
Alors que ses outils d'influence Russia Today (RT) et Sputnik ne peuvent plus sévir en Europe pour diffuser sa propagande, Moscou déploie une nouvelle stratégie. Libération a pu en identifier certains des rouages en français, entre sites grossièrement manipulatoires et influenceurs proches de l'extrême droite (source : Libération, 9 mars 2022).
Des lectures à compléter par le visionnage de « Vrai ou Fake », qui montre comment le soutien à Vladimir Poutine, en France, coïncide avec une pensée « anti-système » (source : Julien Pain/Twitter, 7 mars 2022).











