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Vladimir Poutine
Jeudi 8 décembre, lors d’une intervention télévisée, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a accusé le Département d’Etat américain d’être derrière la contestation qui a suivi les élections législatives organisées dans son pays dimanche dernier.

En déclarant que les élections « n’étaient ni honnêtes ni équitables », Hillary Clinton aurait, selon lui « donné le "la" pour certains activistes à l'intérieur du pays. (…) Ils ont entendu le signal et, avec le soutien du département d'Etat, ont commencé à travailler activement ».

Poutine a aussi dénoncé le « financement par l’étranger » de ceux qui protestent contre les fraudes électorales, à coups de « centaines de millions de dollars ». Il a ajouté qu’il envisageait de « renforcer les sanctions contre ceux qui travaillent pour un Etat étranger ».

Réagissant aux déclarations du Premier ministre russe, le porte-parole de la diplomatie américaine, Mark Toner, a objecté que les programmes américains de soutien à la démocratie étaient « conçus pour soutenir un processus électoral plus transparent, libre et équitable. Pas pour favoriser tel ou tel parti ou programme politique ».

Quant à l’historien russe Ian Rachinski, de l’ONG de défense des droits de l’homme Mémorial, il a comparé les propos de Poutine à « la rhétorique de l’URSS ».

Dès lundi, la mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) - dont la Russie est membre fondateur - a déclaré avoir relevé des irrégularités « fréquentes » et de « sérieuses indications de bourrage des urnes ».


Sources : Tribune de Genève ; Radio France internationale ; Associated Press ; Agence France Presse, 8 décembre 2011.

Voir aussi :
* Quand les conspirationnistes crient haro sur le printemps arabe
* Nathalie Ouvaroff, « Pourquoi le Kremlin ne condamne pas les dictateurs », Slate.fr, 27 février 2011.


Mise à jour (10/12/2011) :
Dans un chat mis en ligne aujourd'hui sur Le Monde.fr, Marie Jégo, correspondante du Monde en Russie, répond à la question d'un internaute sur les accusations lancées par Poutine contre les Etats-Unis. Voici la réponse de la journaliste :

« En disant cela, ce qui est à l'évidence une bêtise, Vladimir Poutine montre d'où il vient, c'est-à-dire du KGB soviétique dont la principale marotte consistait à voir partout des espions étrangers. A la veille du vote, un film a ainsi été montré à la télévision NTV pour salir l'ONG Golos, active dans la formation d'observateurs. Dans ce film, il était dit que cette ONG agissait pour le compte des Etats-Unis. Or, elle est financée, certes, par la Commission européenne et par les think-tanks américains, mais ce n'est pas pour autant qu'elle est en quoi que soit dans les falsifications. De plus, il y avait beaucoup d'autres observateurs, notamment de l'ONG russe Citoyen observateur ».