INGÉRENCE RUSSE. Fin octobre 2023, des centaines d'étoiles de David étaient taguées en région parisienne. Confirmant la piste explorée par Conspiracy Watch dès le mois de novembre dernier, la Cellule investigation de Radio France étaye l'hypothèse d'une déstabilisation politique orchestrée par la Russie. Elle s'inscrit dans une campagne numérique de manipulation de l'information bien plus vaste que Viginum, l'agence nationale chargée de surveiller les ingérences étrangères sur Internet, nomme « RRN », en référence à un site russe de désinformation (source : France Info, 26 janvier 2024).
Depuis septembre, la désinformation en ligne attribuée à la Russie ne consiste plus seulement à relayer des infox anti-ukrainiennes mais aussi à interpeller directement les médias occidentaux pour les inciter à les vérifier. Ce mode opératoire a été surnommé « Matriochka » ou « poupées russes » par le collectif « Antibot4Navalny » qui traque les opérations d'influence en lien avec la Russie sur X (source : 20Minutes.fr avec AFP, 27 janvier 2024).
BURKINA FASO. La junte d'Ibrahim Traoré poursuit son rapprochement avec le régime de Vladimir Poutine. Des organes de propagande proches du Kremlin annoncent l'arrivée de « spécialistes militaires » russes au Burkina Faso. Un supposé complot visant à éliminer le capitaine Traoré avait été dénoncé par les soutiens de la junte, mi-janvier, sur les réseaux sociaux. « Désormais, le dirigeant burkinabé n'a plus peur des menaces et des complots », a commenté sur Telegram, l'Africa Initiative, un réseau de propagande lié à l'ancienne société de sécurité privée de Wagner et au GRU, le service de renseignement militaire de la Fédération de Russie (source : Le Monde, 25 janvier 2024).
TAÏWAN. Le 13 janvier dernier, les Taïwanais étaient appelés aux urnes. Pendant toute la campagne, l'île a été ciblée par la Chine avec un flux ininterrompu de désinformation visant à saper la confiance dans le gouvernement sortant et à le présenter comme susceptible de déclencher une guerre que Taïwan ne peut pas gagner, ou à fustiger les États-Unis, présentés comme un partenaire peu fiable. Pourtant, la petite démocratie taïwanaise n'a pas connu de mouvement de contestation post-électorale. L'une des clés de cette résilience réside dans la rapidité de la réponse taïwanaise à la désinformation − comparée à une tumeur qu'il faut repérer et éliminer le plus tôt possible avant qu'elle se propage −, et à l'adoption d'une approche multi-facettes s'appuyant sur la presse, la société civile et l'État. « Des groupes de fact-checking ont démenti les rumeurs, tandis que la Commission électorale centrale a tenu une conférence de presse pour réfuter les allégations d'irrégularités électorales. Des influenceurs comme @FroggyChiu, qui compte plus de 600 000 abonnés, ont également diffusé des vidéos explicatives sur YouTube pour expliquer comment les votes sont comptabilisés » (source : AP, 27 janvier 2024).
DIDIER RAOULT. « C'est probablement l'infection respiratoire la plus facile à traiter » : au début de la pandémie de Covid-19, en février 2020, Didier Raoult se fait connaître par une vidéo où il parle d'un médicament miracle pour soigner les malades du coronavirus : l'hydroxychloroquine. L'infectiologue devient par la suite un étendard de la contestation contre les mesures prises pour lutter contre le Covid-19. C'est le début d'un « phénomène Raoult ». « Didier Raoult, figure adulée par la complosphère », c'est le 60e épisode de Complorama avec Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France. Un podcast à retrouver sur le site de France Info, l'application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple podcasts, Podcast Addict, Spotify, ou Deezer.











