Qu’ils en soient conscients ou non, les complotistes œuvrent à la construction d’une société invivable en ce qu’elle n’accorderait plus aucune confiance au corps médical et aux gouvernants.
Chercheur en neuroscience cognitives à l’Université de Fribourg et auteur de Total bullshit ! Au cœur de la post-vérité (PUF, 2018), Sebastian Dieguez revient sur un lieu commun du discours conspirationniste : l'idée qu'on pourrait penser seul, par soi-même... Entretien.
"Lire Magazine Littéraire" nous invite dans son dernier hors série à retrouver une hygiène du doute. Un précieux viatique par les temps qui courent... à n'en pas douter !
Pour Céline Masson et Isabelle de Mecquenem, l’antisémitisme n’a jamais disparu. Ses mutations passées et présentes tiendraient à sa perpétuation sous une forme latente dans les strates les plus profondes de notre société.
Auteur d'une oeuvre considérable, le sémanticien François Rastier revient, pour Conspiracy Watch, sur les propos tenus par le philosophe italien Giorgio Agamben, théoricien de « l'état d'exception », au sujet des mesures prises par les pouvoirs publics pour endiguer l'épidémie de coronavirus.
Science politique, sociologie, philosophie, rhétorique, analyse du discours, histoire des idées : autant de disciplines mobilisées dans cette imposante radiographie de nos débats intellectuels contemporains.
« Albert Camus éliminé par le KGB » : c'est ce qu'affirme depuis des années le romancier italien Giovanni Catelli sur la base d'éléments pour le moins fragiles. A l'approche du soixantième anniversaire de la mort de l'écrivain, la théorie du complot fait à nouveau couler de l'encre.
Des gros titres aux petites infos passées inaperçues : ce qu’il fallait retenir de l’actualité des derniers jours en matière de conspirationnisme et de négationnisme (semaine du 06/05/2019 au 12/05/2019).
Comment définir le complotisme ? Comment faire la différence entre un complotiste et un lanceur d'alerte ? Nous avons posé ces questions à Mathias Girel, auteur de "Science et territoires de l'ignorance" (éd. QUAE GIE, 2017) et directeur du CAPHES à l'École normale supérieure (Ulm).
Une théorie du complot, au sens où l’on s’en inquiète, n’est pas condamnable parce qu’elle suppose des complots, des ententes secrètes et intéressées, mais parce que c’est une mauvaise théorie, infondée, mal étayée ou trahissant des biais évidents.
Pour Mathias Girel, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, il ne faut pas négliger, parmi les manières de répondre aux théories du complot, celle, modeste, consistant à comparer les raisonnements conspirationnistes aux pratiques traditionnelles de production des connaissances - qui, elles, ont fait leurs preuves.
De nos jours, c'est encore cette incapacité des pouvoirs démocratiques à mettre un frein aux excès de la recherche technologique et scientifique, aux grands flux financiers, aux réactions soudaines et violentes de certaines factions qui pousse les conspirationnistes à trouver refuge dans leur dénonciation d'un système occulte, caché, insaisissable et tenu par une tout petit nombre d’hommes se réunissant en conventicules secrets pour tirer les ficelles. "C'est faire beaucoup d'honneur à ces agents imaginaires que de leur prêter tant de pouvoir" estime Lionel Duvoy.
Pour Paul Zawadzki, l’affaissement des grands mythes complotistes et des grandes religions séculières n’empêche nullement un engouement contemporain pour différentes formes de théories du complot.
Peut-on tout remettre en question ? Non, répond sans ambages Alexis de Tocqueville. Nous sommes obligés de tenir pour vrais des faits que nous n'avons pu vérifier par nous-mêmes. Extraits. Si l’homme était forcé de se prouver à lui-même toutes les vérités dont il se sert chaque jour, il n’en finirait point ; il s’épuiserait […]