Les Khazars étaient un peuple turc d’Asie centrale installé dans le Caucase entre le VIe et le XIIIe siècle.

Depuis le XIXe siècle, des intellectuels (Ernest Renan, Arthur Koestler, Marek Halter…) et des historiens (Marc Bloch, Shlomo Sand…) présentent les Khazars comme les lointains ancêtres des Juifs dits « ashkénazes », c’est-à-dire originaires d’Europe centrale et orientale. Cette théorie contestée, qui repose sur la conversion présumée des Khazars au judaïsme au VIIIe ou au IXe siècle, est considérée par d’autres historiens (Chimen Abramsky, Hyam Maccoby, Bernard Lewis, Shaul Stampfer…) ainsi que par des linguistes et des généticiens comme une légende dénuée de base factuelle.

Le terme de « Khazars » est régulièrement utilisé par la propagande antisémite contemporaine pour stigmatiser les Juifs à travers la dénonciation d’un chimérique petit groupe de Juifs qui serait à l’origine de tous les grands maux de l’humanité et des grandes tragédies de l’histoire et chercherait inlassablement à saper l’ordre social des sociétés non juives (voir : Protocoles des Sages de Sion). Les principaux représentants de cette diabolique « mafia khazare » auraient ainsi pour noms Rothschild, Kissinger, Soros ou encore tout autre nom à consonance ashkénaze. Le mot est ainsi devenu un terme codé, synonyme de « juif », de « sioniste » ou d’« Israélien ».

Plusieurs auteurs complotistes et antisémites usent de ce vocable. C’est le cas, entre autres, de William Guy Carr, de David Icke ou encore d’Henry Makow, qui fait des Khazars une secte satanique tirant les ficelles du « Nouvel Ordre Mondial ».

Le fait de souscrire ou non à la thèse selon laquelle une partie des Juifs d’Europe de l’Est descendent des Khazars recouvre des enjeux politiques de première importance dans le cadre de l’antagonisme israélo-arabe au Proche-Orient. En effet, l’idée que des Juifs, et par extension tous les Juifs du monde, puissent en réalité descendre des Khazars a été utilisée et continue d’être utilisée comme argument, notamment dans l’enceinte de l’Assemblée des Nations unies, pour nier tout lien entre les Hébreux des temps bibliques et les Juifs de l’époque contemporaine, et par voie de conséquence dénier à ceux-ci toute légitimité historique à l’égard de la terre d’Israël (voir : Antisionisme). Ainsi, en août 2019, la présentatrice vedette de la chaîne Al-Jazeera, Ghada Oueiss, a publié un tweet dans lequel elle affirmait que « cette Terre sainte appartient aux Palestiniens, car ils sont sémites contrairement aux Khazars israéliens qui sont des occupants !! »

 

(Dernière mise à jour le 11/06/2020)