Sylvain Baron (capture d’écran YouTube, 02/11/2020).

Figure de la complosphère d’extrême droite, Sylvain Baron est un blogueur conspirationniste et un activiste souverainiste connu notamment pour avoir initié un mouvement de décrochage des drapeaux européens des lieux publics.

Chauffeur routier de profession, il découvre en 2009 sur Internet des conférences filmées de François Asselineau, le président de l’Union populaire républicaine (UPR), selon lui « le seul homme qui parvint à créer les ponts nécessaires dans mon esprit, pour architecturer pour la première fois une certaine compréhension géopolitique de notre monde. »

Après avoir milité activement deux années consécutives, en 2012 et 2013, au sein de l’UPR, Sylvain Baron évolue au sein de la mouvance dite de la « Dissidence ». En 2014, devenu décrocheur de drapeaux européens, il accorde des interviews à des médias conspirationnistes comme Le Cercle des Volontaires, Meta TV [archive] ou encore Agence Info Libre, parfois relayées par le site d’Alain Soral, Égalité & Réconciliation [archive].

Le 4 avril 2014, quelques jours après la nomination de Manuel Valls à Matignon, Sylvain Baron écrit :

« Bon pour commencer, il faut que tu saches que je fais partie de “l’arrière garde de la République”, je ne suis en effet pas de confession juive, et pire encore : j’exècre le Sionisme. J’irais même jusqu’à dire que je trouve que le Sionisme est une doctrine fondamentalement similaire au Nazisme. […] De la même façon, la Loi Gayssot viole le principe de liberté d’expression, et même de neutralité scientifique en terme de recherche historique. Ce n’est pas par ce qu’une loi nous dit qu’il est interdit de réviser un petit morceau d’Histoire, que des gens ne cultiveront pas quelques doutes quant à la version officielle. Par exemple, la version officielle des autorités américaines sur les attentats du 11 Septembre semble arranger un certain nombre de personnes. Elle est pourtant hautement contestable et contestée, y compris par des Sénateurs Démocrates et Républicains aux USA. Preuve que l’Histoire se révise toujours au fur et à mesure que le temps passe, et que de nouveaux éléments se font jour. Voila mon petit Manuel, tu es donc parti pour faire appliquer ta doctrine ultra capitaliste, européïste, atlantiste et pour le coup sioniste en France, et nous allons donc en chier. »

Le 23 septembre 2014, dans une « Lettre ouverte à Dieudonné », il qualifie le polémiste antisémite d’« humoriste génialissime », une « sorte de Messie New Age à la Française » qui est « la preuve d’une réussite ». Il considère d’ailleurs le geste antisémite de la quenelle comme une « sorte de bras d’honneur au système ». Son message à Dieudonné se poursuit ainsi :

« En fait, c’est même pour cela que je te fais parvenir ce superbe accessoire de théâtre financé par la Mairie Collabo de Baurech en Gironde. Une petite croix gammée dessinée au centre du cercle étoilé, et hop, tu te la joues dictateur qui légitime son capitalisme le plus ignoble à travers sa très Sainte Constitution Européïste. Ça pourrait faire un nouveau spectacle absolument hilarant où il ne serait même pas nécessaire d’évoquer la corporation des pleurnicheuses hystériques, pour te concentrer sur des lobbys sur lesquels adorent taper la Gauche : Mon Santo, BASF, Goldman Sachs, etc ! Ce sont eux qui financent la dictature et qui lui chuchotent les bonnes directives à prendre. Dans les milieux très autorisés de la Grosse Komizion, on appelle ça des “Christmast Lists” ! »

En 2015, Baron se rapproche d’Etienne Chouard et des « Gentils virus » tout en continuant son activisme anti-européiste. Il prend également part au « Mouvement du 14 juillet », une initiative du naturopathe complotiste Eric Fiorile ayant pour objectif de renverser la République. Sur Facebook, Baron explique alors que la seule chose qui l’oppose à Fiorile est la forme parlementaire et non gouvernementale du Conseil national de transition qu’il propose [archive].

Le 28 mai 2015, dans une note de blog, Sylvain Baron aborde la question du complotisme :

« J’en viens maintenant à ce qui a de quoi m’inquiéter en tant que citoyen qui ne considère en rien qu’être profondément sceptique sur les explications officielles des attentats du 11 septembre 2001 et même d’autres affaires plus intérieures comme les tueries de Toulouse et de Charlie Hebdo, ferait de moi un adepte de “la théorie du complot”. Je suis un citoyen qui s’informe et exerce son esprit critique, et non un fou versant dans un délire de paranoïa, ce qui est le sous-entendu du terme “théorie du complot” que des mafieux dans ton genre et nos médiacrates, aiment à véhiculer pour qui conteste vos mensonges d’État. En vérité, je pense que tu n’en as rien à fiche de l’endoctrinement au takfirisme de certains de nos jeunes de banlieue. Bien au contraire, cela permet à bon compte de pouvoir envoyer des combattants en Syrie pour faire plaisir à tes copains Israéliens, Qataris ou Américains, et instituer un climat de peur en France permettant de faire passer des lois liberticides pour mieux nous asservir, tout en divisant les Français entre eux. En revanche, vouloir lutter contre “la théorie du complot” vise plus généralement les réseaux et mouvements politiques réellement contestataires de ton Gouvernement de collaboration – qui non contents d’être censurés par nos grands médias publics et privés – voient leurs idées qualifiées de “complotistes” ou “extrémistes”. Et cette contestation politique qui ne trouve que sa liberté d’expression au travers des réseaux sociaux et du militantisme de proximité, il ne fait aucun doute que toi et tes potes mafieux du Gouvernement la craignez très fortement. La raison en est très simple : toutes les études, sondages, enquêtes d’opinions, démontrent que les Français ne sont pas dupes de votre propagande et sont plus enclins à nous écouter lorsque nous leur expliquons les réalités géopolitiques et de haute trahison qui se cachent derrière vos décisions “politiques”. »

Le 23 mai 2017, il écrit :

« Nous exigeons […] que les journalistes et personnalités politiques ayant contracté des liens qu’ils soient éphémères ou durables avec des institutions tels que le CRIF ; la French American Foundation ; le groupe du Bilderberg ou d’autres fondations supra-nationales de financement et d’influence sur les questions géopolitiques, institutionnelles et économiques, soient jugés pour crimes d’intelligences avec des puissances étrangères, et si reconnus coupables des faits les incriminant, déchus de leurs droits civiques. »

Se décrivant politiquement comme « socialiste, démocrate, patriote par nécessité, conservateur là où je juge que la paix sociale est en jeu et volontiers autoritaire s’il s’agit d’être inflexible avec les intérêts prédateurs au sein de “l’État profond” », Sylvain Baron confie avoir voté pour François Asselineau au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 puis pour Marine Le Pen au second tour.

Le 28 mars 2018, jour de la marche pour Mireille Knoll, une octogénaire juive victime d’un meurtre antisémite la semaine précédente à Paris, Baron écrit :

« Le CRIF (club de rapaces israéliens en France) est capable de faire plus con encore que la CGT pour décider de qui peut venir ou non à ses manifs organisées à l’occasion d’un crime antisémite qui ne l’a jamais été (mais c’est pas grave, la victime est juive, c’est le plus important, le véritable mobile n’a pas à être édicté par ces crétins d’enquêteurs). Il n’y aura donc que des enculés d’europeïstes, de larbins soumis à tous les intérêts prédateurs ainsi que tout ce que la France comporte de collabos et de parasites notoires à cette marche. Je n’ose suggérer quoi que ce soit aux djihadistes qui rongent leur frein, ça tomberait sous le coup de la loi. Mais c’est dommage, je sens qu’il y a un truc à faire. »

Deux mois plus tard, dans un article publié sur son blog, il donne son avis sur le polémiste antisémite Alain Soral :

« J’accorde plus d’intérêt aux idées qu’en leurs émetteurs. Prenons une caricature ayant le rôle d’épouvantail politique en France pour comprendre mon point de vue : Alain Soral, polémiste ô combien détesté par tout un ensemble d’idéologues, fait valoir son hostilité aux ingérences israéliennes en France. Il n’est pas le premier à le signifier, ni le dernier, mais tant l’ennemi intérieur qu’extérieur, apprécie de réduire ce débat à sa seule personne, pour mieux salir l’opinion de celle-ci. Alain Soral en tant que personne et même en tant qu’intellectuel ne m’inspire rien de particulier, si ce n’est une part de médiocrité, autant il est vrai, un certain courage à se vêtir chaque jour du manteau de l’infamie. J’ai cependant écouté ce personnage comme d’autres, avant de me faire ma propre opinion sur le sujet. Opinion qui rejoint très clairement la sienne. »

Le 22 octobre 2018, à l’annonce de la disparition du négationniste français Robert Faurisson, Sylvain Baron lui rend hommage sur Facebook, concluant par ces mots : « si une loi interdit toujours de remettre en cause certaines “vérités” historiques, il est certain qu’à tord ou à raison, on est pas libre d’exprimer toutes les idées et informations que nous détenons en France. Si nous devions rédiger une loi qui abroge et interdit les lois mémorielles, j’espère qu’on lui donnerait le nom de Faurisson, pour rendre hommage à sa combativité face à la censure et à la haine. »

Proche du vidéaste soralien Vincent Lapierre, Sylvain Baron participe également au mouvement des Gilets jaunes et en particulier au groupe des Gilets jaunes constituants. Le 23 janvier 2019, il se rend avec un groupe d’une douzaine de Gilets jaunes devant la base militaire de Neuvy-Pailloux, dans l’Indre, pour demander à l’armée de « neutraliser ou mettre en fuite Emmanuel Macron », prônant un processus « à la Tunisienne, avec un coup de pression de l’armée qui a abouti au départ de Ben Ali, avant que les institutions civiles reprennent la main »

Le 2 mars 2019, Sylvain Barron participe à une conférence sur le Référendum d’initiative citoyenne (RIC) avec Etienne Chouard près de Genève (Suisse).

Il publie en novembre 2020 un essai chez KA’ Éditions, une maison d’édition tunisienne qui compte à son catalogue des auteurs évoluant dans la complosphère d’extrême droite comme le survivaliste Piero San Giorgio ou le conférencier soralien Youssef Hindi.

Le 6 janvier 2021, Sylvain Baron a été invité au micro d’André Bercoff sur Sud Radio. Il y affirme n’avoir jamais lu Faurisson et ne pas s’intéresser spécialement à ses écrits mais estime que le négationniste a été sali sur sa personne et non sur ses arguments. Selon Baron, Faurisson n’aurait jamais été « mis en débat »… Il explique ne pas soutenir les antisémites mais revendique son soutien à la liberté d’expression et présente Dieudonné et Alain Soral comme des personnes qui auraient été « ostracisées et salies ». Lui-même affirme qu’il ne serait pas « quelqu’un qui salit les gens sur leurs personnes », escamotant le fait qu’il se répand régulièrement en injures et invectives sur les réseaux sociaux contre ceux qu’il considère comme ses adversaires politiques.

 

(Dernière mise à jour le 10/01/2021)