
Une vidéo simple et efficace. Le Labour britannique a choisi de ne pas commenter l'antisémitisme mais de le faire entendre : une femme juive lit, sans commentaire, des propos tenus sur les réseaux sociaux... par des candidats du Parti Vert britannique.
À mesure qu'ils tombent, le décor se précise. Il ne s'agit plus de débattre de la situation à Gaza. Les Juifs sont comparés à des cafards. Les attaques contre des synagogues justifiées comme une manière de se venger d'Israël ou suspectées d'être de simples mises en scène. Le vocabulaire change, la pièce reste la même.
L'antisémitisme n'a jamais été seulement un racisme. C'est une vision du monde. Plus précisément la vision inquiétante d'un monde en proie à un complot tentaculaire. Comme tout complotisme, l'antisémitisme s'empare d'un événement, lui arrache sa complexité et l'insère dans une histoire pré-écrite. Une histoire peut-être effrayante mais qui a l'avantage d'être connue. Dans cette logique, chaque attentat antisémite cesse d'être une tuerie à déplorer pour devenir un scénario à décrypter.
Le profil de Zack Polanski, leader des Verts, mérite qu'on s'y arrête. Cet ancien acteur et hypnothérapeute qui affirmait il y a une dizaine d'années pouvoir augmenter la taille des seins par la seule force de l'esprit est un « éco-populiste » revendiqué. Gay, vegan, il est aussi d'origine juive. Il aurait pu incarner un rempart contre les dérapages antisémites qui ont sali la gauche britannique ces dernières années – en particulier pendant la parenthèse corbyniste. Sa responsabilité de chef de parti n'en est que plus lourde. Surtout lorsqu'on le voit « liker » des posts affirmant que le Premier ministre travailliste Keir Starmer est financé par « des philanthropes sionistes » et demandant « combien Israël le paie »...
Pointing out antisemitism isn't the problem. Antisemitism is the problem. pic.twitter.com/wCwtgUuz3A
— The Labour Party (@UKLabour) May 5, 2026
« Dénoncer l'antisémitisme n'est pas le problème. L'antisémitisme est le problème », alerte la campagne du Labour. Les Verts crient à l'opération électorale. L'argument tourne court quand Caroline Lucas elle-même, figure historique du parti, appelle à agir contre les candidats concernés.
Les résultats des dernières élections locales ajoutent une ironie cruelle : les Verts ont progressé, les travaillistes ont reculé, le rappel n'a donc pas payé. Il n'en était pas moins nécessaire. Certaines défaites servent à dire où commence la compromission.











