Ron Unz (3 novembre 2018 ; capture d’écran YouTube / Mises Institute)

Homme d’affaires, homme politique conservateur réputé proche de Ron Paul, bailleur de fonds de médias comme CounterPunch ou Mondoweiss, et de personnalités comme Paul Craig Roberts, Norman G. Finkelstein et Alison Weir, Ron Unz (1961 – ) s’est mué au cours des dernières années en activiste conspirationniste et négationniste. Son site internet, The Unz Review, se présente comme un média alternatif où l’on retrouve les signatures d’auteurs conspirationnistes comme Kevin Barrett, Paul Craig Roberts ou encore Laurent Guyénot.

Convaincu que le Mossad est derrière les assassinats de John F. Kennedy (1963) et de son frère Robert (1968), Unz, qui est d’origine juive, a développé une obsession anti-israélienne et antijuive qui culmina à l’été 2018 lorsque, dans une série de textes, il réhabilita Henry Ford, l’auteur du pamphlet antisémite Le Juif international, ainsi que Les Protocoles des Sages de Sion, l’un des plus célèbres faux de l’histoire.

Le 27 août 2018, Ron Unz a publié un texte de 17 000 mots dans lequel il expose ses doutes concernant la réalité de la Shoah. Il y vante la figure, tutélaire pour les négationnistes américains, de Harry Elmer Barnes, qualifié d’« éminent historien et sociologue ». Il s’en prend à Deborah Lipstadt, historienne américaine spécialiste de la Shoah et attaquée en justice par le négationniste David Irving. Caractérisant ses écrits comme « hystériques », il considère que le champ d’études de l’historienne s’apparente plus à la théologie qu’à l’histoire. Unz cite également Irving qui se serait, selon lui, fait « torpiller sa carrière par des activistes ethniques comme Lipstadt et ses confrères ». Mais Unz ne s’arrête pas en si bon chemin. Citant le négationniste français Robert Faurisson, il explique qu’il est lui-aussi dubitatif quant à l’histoire d’Anne Frank, trahissant au passage une ignorance crasse de l’histoire de l’extermination des Juifs d’Europe : « Apparemment les maladies faisaient rage dans leur camp malgré les efforts faits par les Allemands pour les éliminer. Anne Frank est tombée malade et est resté longtemps à l’hôpital avant de mourir du typhus en 1945 dans un autre camp, 6 mois après son arrivée initiale. Cela me paraît vraiment bizarre qu’une jeune fille juive tombée gravement malade à Auschwitz ait passé tant de temps à l’infirmerie pour finalement y mourir alors qu’on nous a raconté que le but principal d’Auschwitz et des autres camps était d’exterminer autant de détenus juifs que possible ».

Unz indique par la suite que « quiconque ayant lu des livres d’histoire sérieux sait que les Juifs ont une réputation de fraudeurs ; c’est peu étonnant étant donné leur tendance à mentir et à dissimuler des choses ». Il conclut son texte par ces mots : « En tant qu’étranger explorant ce sujet controversé, je pense qu’il est fort probable que le récit initial de la Shoah soit en partie faux, si ce n’est complètement ».

Cet article n’est pas unique en son genre. On en retrouve de nombreux autres sur le site de Unz dont certains nommés « Pourquoi je n’aime toujours pas Israël » ou un article accusant Israël d’être derrière les attentats du 11-Septembre. « Au cours des dernières années, note l’Anti-Defamation League (ADL), une organisation juive américaine de lutte contre l’antisémitisme, [le site web de Ron Unz] a publié un nombre croissant de contenus racistes et antisémites et a créé une bibliothèque gratuite en ligne de textes antisémites. A présent, Unz lui-même partage une série de croyances antisémites ».

Le 16 mai 2019, Ron Unz a été invité dans une émission de radio intitulée Manifold, animée par Corey Washington et Steve Hsu, deux doctorants (le site de l’émission dépend de l’Université du Michigan). Il s’y est exprimé pendant plus d’une heure et y a par la même occasion réhabilité, sans contradicteur, la figure de Harry Elmer Barnes.

 

(Dernière mise à jour : 26 mai 2019)