Pendant un demi-siècle, Robert Faurisson (1929-2018) a consacré sa vie à nier la réalité des chambres à gaz et du génocide des Juifs par les nazis. Il est décédé hier soir à Vichy où il habitait.

Robert Faurisson vers 1989 (capture d’écran YouTube)

Nous sommes en mesure d’annoncer formellement la mort, dimanche 21 octobre 2018, du négationniste français Robert Faurisson à l’âge de 89 ans.

Annoncée plus tôt dans la matinée par le site anti-négationniste Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes (phdn.org), la disparition de Robert Faurisson nous a été confirmée par son beau-frère René Schleiter. Le chef de file des négationnistes français est décédé brutalement hier soir, entre 22h00 et 23h00, à Vichy, d’une crise cardiaque, à son retour d’une conférence à laquelle il avait participé à Shepperton (Angleterre).

Maître de conférences en littérature du XXe siècle à l’université de Lyon II, Faurisson était parvenu à semer le scandale en France, fin 1978, par la publication d’une partie de ses thèses dans le quotidien Le Monde. Représentant d’un négationnisme « technique » tendant à montrer l’impossibilité du fonctionnement des chambres à gaz, il fut soutenu par une partie de l’extrême droite et une fraction de l’ultra-gauche autour de la figure de Pierre Guillaume et de sa librairie-maison d’édition La Vieille Taupe.

Lire, sur Conspiracy Watch« Sur les pas de Robert Faurisson, héraut du négationnisme français »

Bien qu’il prétendît toujours être apolitique, Faurisson était membre de l’« Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain » et des « Amis de Robert Brasillach ».

L’une des phrases fétiches de Robert Faurisson sera répétée tout au long de sa « carrière » de négationniste. Il la prononce la première fois en décembre 1980, sur Europe 1, au micro d’Yvan Levaï :

« Les prétendues “chambres à gaz” hitlériennes et le prétendu “génocide” des Juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’État d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier ».

Le 26 décembre 2008, Dieudonné M’Bala M’Bala accueille Robert Faurisson sur scène, au Zénith de Paris, scellant là le début d’une collaboration avec la sphère dite de la « Dissidence » qui se manifestera notamment par la présence du négationniste dans le film de Dieudonné, L’Antisémite (2012). En 2011, l’essayiste Paul-Eric Blanrue lui consacrera un film apologétique intitulé Un homme.

Le 2 février 2012, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad remet à Robert Faurisson un « prix du courage, de la résistance et de la combativité » dans le cadre d’un Festival international du film organisé à Téhéran.

Condamné plusieurs fois par la justice française depuis la fin des années 1970, il fut débouté en juin 2017, au titre de l’« exception de vérité », du procès en diffamation qu’il avait intenté contre la journaliste du Monde Ariane Chemin, jugement confirmé le 12 avril 2018 par la Cour d’appel de Paris. Par cette décision, la justice française a reconnu qu’écrire que Robert Faurisson était « un menteur professionnel », un « falsificateur » et « un faussaire de l’histoire » est conforme à la vérité.

Selon le site PHDN.org, Faurisson « était un antisémite compulsif qui mentait et savait qu’il mentait ».

 

(Dernière mise à jour : 22/10/2018 11h04)