Le mythe d’une vaste conspiration pédocriminelle, largement mobilisée outre-Atlantique par les partisans de Donald Trump, est plus qu’une simple « théorie du complot ». Pour François Rastier, cette croyance prospère sur un choix délibéré en faveur de l’ignorance.

Joe Biden embrassant sa petite-fille (capture d’écran YouTube ; vidéo de propagande politique de la campagne de Donald Trump “How to Spot a Zombie”, 25/10/2020).

La théologie politique prend pour principe de ne pas distinguer le sacré et le profane, pour que la loi divine commande directement les lois de la cité, voire s’y substitue, et que le politique se fonde sur le religieux, explicitement ou non.

Quand Carl Schmitt, penseur nazi de la théologie politique, définit le politique comme la ligne de démarcation entre l’ennemi et nous, il suppose un fondement tout à la fois identitaire et guerrier à l’ordre civil. Or, d’une part l’identité se base sur la transcendance à laquelle conduit toute essentialisation ; et d’autre part, la guerre éternelle reconduit le thème gnostique du combat du Bien et du Mal, qui ne se dénoue qu’avec l’Apocalypse. Bien entendu, la prévalence du théologique cache des intérêts politiques : le religieux n’est invoqué par le politique que pour justifier et perpétuer la tyrannie.

La théologie politique contemporaine prolonge des mouvements gnostiques issus d’antiques hérésies chrétiennes. L’histoire du Salut se divise en trois temps : une période de l’origine radieuse, puis son occultation par le Prince de ce monde, un Satan – souvent considéré comme le Dieu judaïque. Enfin, un dévoilement de ses manigances permet un combat final, sous la direction d’une figure messianique, pour défaire l’empire du Malin.

Précisons le schéma narratif de cette dernière phase. Le Malin a ourdi le complot qui lui permet de faire des victimes sans défense, souvent des femmes et des enfants ; de rares initiés dessillés reconnaissent le Juste caché qui va dévoiler le crime, et deviendra le Grand Leader ou Messie qui va les conduire vers la victoire. Devant ces révélations, chacun, dûment bouleversé par les crimes jusqu’alors cachés, est appelé à devenir un adepte et à venger les victimes, quitte à verser le sang des criminels. Les cinq personnages ou « acteurs » sont ainsi le Malin, ses suppôts, le Messie-Leader, les victimes, les initiés militants, enfin les adeptes en puissance. Comme les formes narratives sont éminemment transposables, ce schème mythique simpliste a pu connaître jusqu’à nos jours des réécritures dans divers domaines de la vie politique et sociale.

Au Moyen-Âge, les accusations de meurtre rituel, lors de sabbats sataniques, ont été récurrentes. Le sang des enfants chrétiens aurait servi à confectionner des pains azymes, pour d’immondes communions parodiant l’eucharistie. À cela s’est ajouté, au XIXe siècle, le thème du complot mondial, avec notamment Les Protocoles des Sages de Sion, ce faux de la police tsariste dont le succès ne s’est jamais démenti.

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Depuis un siècle, la propagande nazie et néonazie a décliné ad nauseam ce schème en mêlant adroitement l’imagerie fleur-bleue et la fascination pour la violence. Par exemple, une jeune femme blonde en robe à fleurs porte dans ses bras une enfant, mais derrière elles se profile l’ombre gigantesque aux oreilles pointues et au nez crochu portant un poignard dégoulinant de sang [1]. Tout est dès lors en place : le kitsch attendrissant légitimera les assassinats préventifs.

Bien entendu, le parti nazi et le Führer sont là pour en finir avec cette menace, et le messianisme que déploie Heidegger dans les Cahiers noirs en atteste, comme sa hantise de Satan – depuis Mein Kampf, le mot Teufel désigne les Juifs.

Les néonazis aujourd’hui développent l’idée d’un complot mondial et d’une guerre planétaire imminente – comme en témoignent les manifestes de Anders Breivik et de Brenton Tarrant, même si leur antisémitisme est devenu secondaire par rapport à la haine xénophobe qui a conduit le premier à massacrer 77 personnes, dont 69 jeunes socialistes pour la plupart issus de l’immigration et le second à attaquer une mosquée, faisant 51 victimes [2].

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La théorie QAnon, florissante aux États-Unis avec trois millions de fidèles, reprend ce schème global. Parti d’une simple rumeur diffamatoire avant l’élection de Trump, connue sous le nom de Pizzagate (une banale pizzeria de Washington aurait abrité un réseau pédophile), le complotisme QAnon s’est depuis deux ans diffusé à l’échelon international.

Reprenant les codes des films gore de série Z, des puissants souvent décrits comme des démons reptiliens ou des zombies ont ourdi un complot pédophile mondial : ils torturent des enfants et usent de leur sang pour s’assurer une jeunesse éternelle. Des « mèmes » pro-républicains montrent Hillary Clinton mordant à pleines dents dans la chair d’un nouveau-né. Une nouvelle élue au Congrès, Marjorie Taylor Greene, a déclaré que QAnon était « une opportunité unique d’anéantir cette cabale mondiale de pédophiles qui vénèrent Satan ». Un clip de campagne de Trump, How to Spot a Zombie, qualifie Joe Biden de zombie aimant la chair fraîche et détourne en scène vampirique une photo où il embrassait sa petite-fille pour la rassurer dans une cérémonie funèbre. Les noms et images des puissants démoniaques sont ainsi publiés ; parmi eux, beaucoup de Démocrates, mais aussi des juifs présumés, comme George Soros, milliardaire honni, ou Marina Abramovic, médiatique performeuse serbe. Trump apparaît comme celui qui va délivrer l’Amérique du Malin, et des adeptes du QAnon transforment ses meetings en émeutes de l’adoration. Un cadre évangéliste compare même sa coiffure iconique à la fauve chevelure du Roi David, Messie des derniers jours.

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Une nouvelle variante du mythe a été reformulée en France, début 2020, lors de la remise d’un prix à Roman Polanski. Le 1er mars, Virginie Despentes écrivait : « Les plus puissants entendent défendre leurs prérogatives […] Et c’est exactement à cela que ça sert, la puissance de vos grosses fortunes : avoir le contrôle des corps déclarés subalternes […]. Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message : le respect qu’on leur doit s’étendra désormais jusqu’à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu’ils violent. » Ces puissants pédophiles, souillés par le sang des enfants, sont aussi les ploutocrates : « Il n’y a rien de surprenant à ce que vous ayez couronné Polanski : c’est toujours l’argent qu’on célèbre […]. C’est votre propre puissance de frappe monétaire que vous venez aduler. »

Le thème antisémite, déjà présent dans les propos de la maîtresse de cérémonie ironisant sur son nom et l’assimilant à un gnome, s’illustrait aussi aux portes de la salle, où des manifestantes criaient : « C’est Polanski qu’il faut gazer ! » Il s’est encore souligné en Pologne, à la remise de la médaille des Justes décernée par le mémorial Yad Vashem au couple de fermiers qui avaient caché Roman Polanski, lui évitant d’être gazé comme ses parents. Cette cérémonie fut tenue secrète, en raison de menaces de « féministes » radicales.

Le thème du Juif buveur de sang a aussi refleuri dans les rues de Paris, avec des affiches de la même mouvance : « Polanski, bois mes règles ! » — fine allusion aux interdits du Lévitique.

Le Sauveur est par chance une femme, Adèle Haenel, et Despentes ajoute cette invocation dévotionnelle : « Adèle je sais pas si je te male gaze ou si je te female gaze mais je te love gaze en boucle sur mon téléphone ». Idolâtrant ce mantra visuel, elle annonce le Salut par cette image : « C’est probablement une image annonciatrice des jours à venir ». Car c’est le monde créé par le Malin masculin et pédophile qu’il faut détruire. « Votre monde est dégueulasse. […] Votre puissance est une puissance sinistre. […] Le monde que vous avez créé pour régner dessus comme des minables est irrespirable ». Le monde est en danger par la faute des hommes, écrit encore une dénonciatrice publique du « Pédoland », l’élue Alice Coffin : « Quand on voit qui est à la tête des entreprises qui polluent, qui bousillent la planète, ce sont des hommes. » Qui est donc le Malin ? L’« Homme laisse ses sales pattes partout », répond la militante inclusiviste Éliane Viennot.

Le schème gnostique reste récurrent dans le (post)féminisme radical, depuis le SCUM Manifesto de Valerie Solanas qui appelait dès 1967 à l’éradication eugénique de l’Homme, Prince de ce monde.

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Comme un pédophile conséquent fréquente les écoles, Jair Bolsonaro, étroitement inspiré des méthodes de Trump et de ses soutiens complotistes, n’a pas manqué de faire campagne pour défendre l’enfance menacée par l’école de la perversion : le ministère de l’éducation aurait diffusé un « kit gay » pour corrompre les innocents bambins. En 2016, dans une vidéo vue par plus de neuf millions d’internautes, Bolsonaro avait montré une BD de Titeuf, considérant sa supposée distribution comme une « porte ouverte à la pédophilie ».  Tout au long de la campagne électorale, comme un montage photo montrant son challenger Fernando Haddad, ministre de l’éducation du gouvernement de gauche, distribuant des biberons avec des tétines en forme de pénis.  Après son élection, Bolsonaro confiait au journal Estado de Sao Paulo : « Le kit gay a été un tremplin pour ma carrière politique. »

L’antisémitisme n’est pas écarté pour autant quand il déclare en avril 2019, devant un parterre de pasteurs évangéliques, que « l’on pouvait pardonner, mais pas oublier » la Shoah. Mais Bolsonaro reste un Messie et de longue date ses apparitions sont scandées par le slogan Mito ! Mito !, qui en fait l’incarnation du Mythe.

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Avant l’assassinat de Samuel Paty, Brahim Chnina, père d’une élève (d’ailleurs absente) avait porté plainte le 8 octobre pour « diffusion d’images pornographiques ». Puis le 11 octobre, il appelait à ne « pas laisser seule » sa « chérie de 13 ans qui a été harcelée plusieurs fois par son professeur d’histoire » et concluait par un mot d’ordre « Ensemble STOP TOUCHE PAS À MES ENFANTS », tout en appelant au CCIF, association liée aux Frères musulmans.

Accompagnant la plainte auprès de l’administration, un militant frériste, Abdelhakim Sefrioui, membre du Conseil des imams de France, diffusait une vidéo « Nos enfants sont agressés, humiliés », et concluait : « Si on accepte ça, on arrivera peut-être à ce qu’il s’est passé à Srebrenica » (ville où 8000 musulmans ont été massacrés, en 1995). La cible désignée était décapitée le 16 octobre, comme pour protéger la jeune enfant harcelée (mais qui avait déjà communiqué avec le tueur), et pour éviter un massacre ultérieur.

L’antisémitisme reste certes en arrière-plan, mais Sefrioui, préfaçait en 2006 le théoricien majeur des frères musulmans, le cheikh Youssef Al-Qaradawi, partisan de l’excision [3], et il s’activait l’année suivante dans le comité de campagne de Dieudonné pour la présidentielle. La rencontre au sommet aura lieu au congrès de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), quand Dieudonné et Alain Soral présentèrent à Tariq Ramadan leur parti antisioniste fraîchement créé.

Si le schème gnostique initial semble rester incomplet, car le sang enfantin n’a pas été versé, la menace a été cependant évoquée avec Srebenica, et les enfants musulmans ont été momentanément épargnés, grâce au « sacrifice » meurtrier et lustral du djihadiste.

Ainsi va le complot mondial, ainsi va le déni du projet islamiste. Une enseignante réagit ainsi à l’assassinat sur Paris-Luttes.info en accusant les dirigeants occidentaux : « Nous leur devons les injustices de classe, les pillages planétaires, les guerres coloniales qui continuent – meurtres, tortures, viols, pillages, massacres légalisés. Pour que les riches se gavent […]. Nous ne tairons pas les crimes coloniaux, les violences policières, la relégation des quartiers populaires, les réfugié.e.s mort.e.s dans la Méditerranée, les camps de rétention, la prostitution des enfants, les tortures en prison, les vies de labeur sous le joug capitaliste. »

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Les récurrences en divers lieux de similarités thématiques et d’une même structure narrative peuvent paraître surprenantes, mais elles restent caractéristiques des corpus de variantes mythiques — variantes d’autant plus vivaces que leurs formes textuelles peuvent se transposer sans perdre leur force pathétique.

Les radicalismes qui rivalisent à présent, de l’extrême-droite à l’islamisme, voire à l’extrême « gauche » schmittienne chez des auteurs comme Agamben, s’appuient sur des théologies politiques diverses, mais qui toutes conviennent que les lois anciennes sont abolies, que l’État de droit n’est que mensonge, que ce monde est un règne gouverné par des forces malignes, que l’Apocalypse approche, et qu’il faut commencer à combattre sous la direction d’un Sauveur.

Dès lors, la fascination pour la violence permet des rencontres imprévues, voire des alliances. Ainsi, rien ne rapproche a priori l’islamisme et le féminisme radical, mais cependant Virginie Despentes s’identifiait aux tueurs de Charlie : « J’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter une kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que de vivre à genoux. J’ai aimé aussi ceux-là qui ont fait lever leurs victimes en leur demandant de décliner leur identité avant de viser au visage » [4].

Bizarrement, des ennemis déclarés s’accordent ainsi sur le même schème mystique qu’ils instancient chacun à leur façon. Par exemple, les évangélistes pro-Trump veulent qu’Israël reconstruise le Temple pour hâter la venue du Messie des derniers temps. Pour sa part, Daesh a multiplié les références apocalyptiques, notamment dans sa revue qui s’intitule Dabiq, du nom de la plaine syrienne où se dénouera la bataille finale contre les forces sataniques.

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Père spirituel de l’islamisme contemporain, théoricien de l’État islamique et inspirateur des Frères musulmans comme d’Al Qaïda, Sayyid Qutb (1906-1966) décrit un monde contemporain revenu à l’âge de l’ignorance d’avant la Révélation coranique, l’âge de la jāhilīya. Invariant gnostique, ce monde est livré aux kouffar, aux apostats, aux Juifs [5], bref dominé par le Grand Satan. De longue date combattu par la théocratie iranienne, il revêt la figure des Américains, et plus généralement des Occidentaux : ainsi de Macron représenté dans un journal iranien officieux avec les inévitables oreilles pointues et le nez crochu. Et le mardi 27 octobre, à l’appel d’un parti islamique, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Dacca en accusant Macron d’« adorer Satan ».

La prophétie de Qutb sur le retour de l’âge de l’ignorance fut autoréalisatrice, mais elle ne s’appliqua pas qu’à l’islam : ce n’est pas seulement la laïcité qui est attaquée, c’est l’école et l’éducation. L’ignorance devient ainsi un programme émancipateur. Par exemple, le nom du groupe islamiste Boko Haram signifie « Le livre (Boko, de book) est impur (haram) » et ce groupe s’est fait connaître par des destructions d’écoles et des enlèvements massifs de lycéennes. Au nord Mali, les deux tiers des écoles sont déjà fermées. En Afghanistan, les attaques se multiplient. Après l’assassinat en 2012 du professeur Jonathan Sandler, la décapitation de Samuel Paty est le signal programmatique d’une avancée en cours.

Puisqu’il était professeur d’histoire et géographie, prenons l’exemple de la terre plate. Cette croyance naïve a été réfutée depuis Anaximandre et Ératosthène a calculé correctement la circonférence du globe. Or Cheikh ‘Abdul-‘Aziz Ibn Baaz, autorité religieuse suprême d’Arabie Saoudite, a formulé en 1993 cette fatwa : « La terre est plate. Quiconque clame qu’elle est sphérique est un athée méritant un châtiment » [6]. Cette affirmation a été maintes fois reprise par des imams ignorantins.

Ils ne sont pas isolés, car la plupart des platistes de la Flat Earth Society soutiennent Trump, tout comme comme les terraplanistas brésiliens soutiennent passionnément Bolsonaro [7].  Ils sont suivis par des dizaines de millions de convaincus. Et comme un complot n’arrive jamais seul, beaucoup nient le réchauffement climatique, la théorie de l’évolution et le bien fondé des vaccinations.

Dans le complotisme contemporain, l’ignorance n’est aucunement une lacune, elle devient un choix militant du fanatisme — qui lui doit tant. La post-vérité n’a rien de commun avec l’erreur, elle obéit au déni stratégique que mettent en œuvre, comme autant de variantes d’un mythe partagé, les radicalismes qui se disputent l’espace politique et idéologique pour endeuiller le présent comme l’avenir.

Salman Rushdie avait vu juste : « Tout cela fait partie de la même histoire, du même récit fondamental. »

 

Notes :
[1] Voir au besoin l’auteur, « Sémiotique des sites racistes, » Mots, n° 80, 2006, pp. 73-85.
[2] L’extrême droite reste divisée : déjà, pendant la guerre des Balkans, certains militants se sont engagés du côté serbe, d’autres du côté des musulmans bosniaques.
[3] Le préfacier n’a évidemment pas vu là une violence sexuelle contre des fillettes.
[4] Elle insulte ainsi la mémoire de Charb, qui après l’incendie islamiste de Charlie avait dit : « Je préfère mourir debout que de vivre à genoux » (Le Monde, 19 septembre 2012,), et le « J’ai été » [les frères Kouachi] de Despentes reprend et complète le « Je suis Charlie Coulibaly » de Dieudonné. Cela, trois ans après le « Mohamed Merah c’est moi, et moi je suis lui » de l’indigéniste Houria Bouteldja.
[5] Voir Qutb : « Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs » (dans Paul Berman, Les Habits neufs de la terreur, 2004, tr. fr. Richard Robert, Paris, Hachette Littératures, 2004, p.114).
[6]Les édits musulmans prennent une nouvelle force“, New York Times, 12 février 1995. Voir aussi, du même cheikh, “Evidence that the Earth is Standing Still”, Islamic University of Medine, première édition, 1974, p. 23.
[7] Voir l’auteur, « Se réconcilier avec la vérité : enjeux scientifiques et politiques », in Sciences citoyennes, lundi 30 mars 2020.

 

Voir aussi :

Comment les complotistes capitalisent sur le thème de la protection de l’enfance

Soral sur l’affaire Lelandais : un exemple contemporain d’antisémitisme eschatologique