
Au fond, et si l'on en doutait encore, Donald Trump n'était pas, n'a jamais été, un démocrate. Celui qui présida pendant quatre ans aux destinées de la plus vieille démocratie du monde était fondamentalement étranger à la démocratie, à son esprit, à sa culture. Son attitude lors de ses deux campagnes présidentielles de 2016 et de 2020 et au cours de toute la durée de son mandat a montré que si les États-Unis sont restés une démocratie, c'est en dépit de Trump et d'abord grâce à la solidité de leurs institutions, de leurs contre-pouvoirs et de l'attachement d'une majorité des citoyens américains aux valeurs libérales.
Dans la séquence électorale qui s'est ouverte le 3 novembre et s'est refermée quatre jours plus tard après l'annonce des résultats en Pennsylvanie, le temps aura fini par jouer contre le complotisme. À mesure que le temps s'écoule, que s'enchaînent les événements et que s'accumulent les arguments démentant la dangereuse faribole d'un « vol » de l'élection par le camp démocrate, la théorie du complot est en effet contrainte de s'ajuster. C'est-à-dire d'enfler comme un ballon de baudruche menacé d'éclatement à force d'être gonflé encore et encore.
Comment expliquer que les Démocrates, qui peuvent raisonnablement compter sur des millions de voix d'avance (Hillary Clinton en avait près de 3 millions de plus que Trump en 2016), prendraient le risque de se lancer dans des opérations de fraude organisée à grande échelle ? Comment s'y seraient-ils pris sans que cela ne se voie sachant que ce sont, dans tout le pays, les autorités locales et en aucun cas le Parti démocrate qui organisent les élections ?
Surtout, comment expliquer que la très conservatrice Fox News, la chaîne favorite de Donald Trump, ait rejoint ses concurrentes CNN, ABC, NBC et CBS en annonçant à son tour, samedi 7 novembre, la victoire de Joe Biden ?











