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Cette semaine, dix personnes ayant cyberharcelé Brigitte Macron ont été condamnées par la justice française. Des peines de prison avec sursis pour neuf d’entre elles, six mois fermes pour une dernière qui ne s’était ni présentée aux enquêteurs, ni au procès. Ainsi, Aurélien Poirson-Atlan alias Zoé Sagan a été condamné huit mois de prison avec sursis. Ont également été condamnés Amandine Roy et Bertrand Scholler à six mois avec sursis et, comme Poirson-Atlan, à l’interdiction d’utiliser la plateforme X pendant six mois. Les réseaux de soutien se sont rapidement activés.
D’abord, se réjouir de ces condamnations qui rappellent les limites à la liberté d’expression, qui n'a jamais signifié le droit de harceler une personne en racontant n’importe quoi sans apporter la moindre preuve de ce que l’on avance.
Se réjouir, aussi, de la prise de conscience collective au moment du procès du fait que le complotisme ne se réduit pas à quelques personnes sur Internet, mais irrigue les réseaux mondiaux puisque cette rumeur sur la transidentité de Brigitte Macron s’est exportée aux États-Unis via Candace Owens.
S’interroger, cependant, sur la portée de ces condamnations. Sont-elles réellement dissuasives ? Une stratégie différente n’aurait-elle pas été souhaitable ? Une stratégie qui s’attaque au nerf de la guerre de l'information : l’argent. NewsGuard et Comscore évaluent à 2,6 milliards de dollars par an les revenus publicitaires qui alimentent des sites de mésinformation. Colossal. Aussi la justice pourrait-elle, dans le cadre de ces affaires de cyberharcèlement, s’attaquer au portefeuille. Imposer des amendes pour enrayer le circuit financier de la comploshère. Selon différentes estimations, le compte X « Zoé Sagan » a enregistré près d’un milliard d’impressions de l’ensemble de ses contenus. Largement de quoi monétiser le faux, la rumeur, le cyberharcèlement dont il s’est rendu coupable.
Aux États-Unis, et sur un sujet autrement plus grave, Alex Jones, qui avait remis en cause la réalité de la tuerie de Sandy Hook, a été condamné, lui, à verser près d’1,5 milliard de dollars de dommages et intérêts aux familles des victimes. En clair : puisqu’elle reconnaît désormais toute la capacité de nuisance du cyberharcèlement conspirationniste, n'est-il pas l'heure pour la justice hexagonale de lui faire payer l’addition ?
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