Conspiracy Watch : les faits contre le complotisme

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Iran : quand la propagande tente de masquer le bain de sang

Publié le 18 janvier 2026 par 
Rudy Reichstadt
Temps de lecture
3 min de lecture

Face à la répression sanglante en Iran, le régime invoque une « sédition américaine » pour maquiller sa propre violence.


  En bref 

L'ayatollah Ali Khamenei (capture d'écran X, 13/06/2025).

Des milliers de manifestants abattus à huis clos, des centaines de milliers de blessés, des centaines d'exécutions programmées : la répression qui s'est abattue ces derniers jours sur le peuple iranien a atteint des proportions terrifiantes. Face à cette violence d'État méthodique, l'ayatollah Khamenei et ses sbires déploient une stratégie de communication bien prévisible consistant à faire croire que les manifestants iraniens tués par les miliciens du régime et les autres forces de sécurité l'ont en réalité été par une « sédition orchestrée par les Américains ».

« Dans la sédition récente, a ajouté le guide suprême de la Révolution islamique, les agents américains & sioniste ont commis de grands crimes. Ils ont détruit 250 mosquées & 250 centres éducatifs ; ils ont porté atteinte à l'industrie électrique et attaqué des banques & établissements médicaux ; ils ont tué des milliers de personnes. »

Ce discours propagandiste d'un régime aux abois trouve un écho complice dans la sphère des désinformateurs professionnels. Max Blumenthal et son site The Grayzone, Candace Owens et, au-delà, une bonne partie de la complosphère, relaient avec zèle les éléments de langage diffusés par les autorités iraniennes.

De Moscou à Caracas et de Damas à Téhéran, le même scénario se répète avec une régularité mécanique : minimiser la répression, criminaliser les opposants, agiter le spectre de l'ingérence étrangère. Tout soulèvement populaire contre un régime autoritaire ne peut être qu'une « révolution de couleur » orchestrée par « l'axe américano-sioniste ». Dans cette vision du monde, les peuples sont dépourvus de toute volonté autonome. Les Iraniens qui descendent dans la rue au péril de leur vie peuvent ainsi être dépeints en « agents provocateurs » et en émeutiers à la solde des ennemis de la nation. Une cinquième colonne en somme.

Le procédé remplit une fonction politique précise : il s'agit de décourager toute solidarité internationale avec les manifestants iraniens. Et le pire, c'est que ça marche : de l'avis de plusieurs observateurs, le soutien au peuple iranien en lutte contre la dictature criminelle qui l'opprime peine, sous nos latitudes, à mobiliser à la hauteur de l'enjeu.

Face à la cruauté du massacre, la responsabilité d'un média tel que le nôtre est double : documenter les faits et analyser scrupuleusement les rhétoriques conspirationnistes dont nous sommes témoins. Il en va autant du droit d'être informé que de la mémoire des victimes.

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