A la suite de la justice française, les autorités britanniques concluent, au terme d’une enquête longue et coûteuse, à la thèse de l’accident dans l’affaire de la mort de la princesse de Galles et de son ami Dodi Al-Fayed. Le père de ce dernier, le milliardaire d’origine égyptienne Mohamed Al-Fayed, conteste les résultats de l’enquête de Scotland Yard et crie au complot.

Une vaste enquête de trois ans qui aura coûté des millions vient d’être close, jeudi, par les autorités britanniques qui concluent que la princesse Diana est morte, en 1997, dans un tragique et banal accident de la route. En 1999, la justice française en était arrivée à la même conclusion.

Ainsi, les enquêteurs ont écarté certaines des théories les plus «imaginatives», qui voyaient les services secrets britanniques lancés à la poursuite de la princesse, sur ordre de la famille royale, pour éviter qu’elle n’épouse un riche musulman.

Pour les policiers, la princesse Diana, alors âgée de 36 ans, est morte en compagnie de son ami, Dodi Al-Fayed, 42 ans, lorsque leur chauffeur, en état d’ébriété, a percuté le mur d’un tunnel parisien, le 31 août 1997. Il appert que le chauffeur de la princesse roulait deux fois plus vite que la vitesse permise au moment de l’impact.

Les enquêteurs ont déclaré par ailleurs que la princesse n’était pas enceinte ni fiancée à son ami Dodi Al-Fayed avec lequel elle avait une relation amoureuse depuis seulement un mois.

L’enquête est arrivée à d’autres conclusions. Elle soutient, entre autres, que la princesse a été embaumée pour des « raisons de présentation » et affirme que des tests ADN ont prouvé que c’est bien le sang d’Henri Paul, le chauffeur, qui a été analysé dans l’enquête française.

Il ressort, en outre, qu’aucun des quatre occupants du véhicule ne portait sa ceinture de sécurité et l’enquête exclut qu’une forte lumière ait aveuglé le chauffeur.

Les policiers confirment aussi que Dodi Al-Fayed avait acheté une bague chez le bijoutier Repossi dans l’après-midi, mais rien ne permet de conclure qu’il allait demander Diana en mariage, selon eux.

Enfin, pour ce qui est de la lettre écrite par la princesse à son majordome, quelques mois avant sa mort, et dans laquelle elle affirme que son ex-mari planifiait un accident de voiture où elle trouverait la mort, l’enquête parle d’une simple « prémonition ».

Des « foutaises », selon Mohamed Al-Fayed

L’enquête de Scotland Yard vise à « cacher la réalité » et ne rassemble que des « foutaises », a déclaré Mohamed Al-Fayed, le père de Dodi. Il a réitéré, lors d’une conférence de presse jeudi, sa thèse selon laquelle l’accident était le résultat d’un complot appuyé par les services secrets britanniques.

Selom M. Al-Fayed, Lord John Stevens, ancien patron de Scotland Yard qui a dirigé l’enquête, « n’a fait que ce qu’on lui a ordonné de faire. Il l’a fait pour satisfaire la famille royale et le pouvoir ».

Lord Stevens s’est notamment appuyé sur les conclusions des enquêteurs français, rendues publiques en 1999. Un porte-parole de M. Al-Fayed avait indiqué auparavant que « les interrogatoires français ont été sommaires à l’extrême et pas du tout satisfaisants ».

La mort de Lady Diana a profondément marqué les Britanniques chez qui elle était très populaire.

Source : Radio Canada, 14 décembre 2006.