En contestant l’existence d’un « antisémitisme de gauche », l’historien Julien Théry s’inscrit dans une longue tradition de déni. Une lecture attentive de l’histoire et de ses zones d’ombre montre pourtant combien la gauche a pu, jusqu'à aujourd'hui, relayer des représentations hostiles aux juifs.
« L’OTAN a trahi ses engagements. Elle avait promis à la Russie de ne pas s’étendre à l’Est ». Ce refrain revient inlassablement, du Kremlin à Jean-Luc Mélenchon, en passant par les pages du Monde diplomatique. Il est devenu un mythe fondateur pour la propagande russe et un pilier du discours anti-atlantiste. Pourtant, la promesse d’un non-élargissement de l’OTAN… n’a jamais existé. Démonstration, archives à l’appui.
Alors que Donald Trump remet en question l'engagement des États-Unis au sein de l'OTAN, la complosphère s'empare de cette prise de distance pour accuser l'Alliance d'être responsable de la guerre en Ukraine, de manipuler des mouvements sociaux et même de se cacher derrière les chemtrails.
Alors que Donald Trump remet en question l'engagement des États-Unis au sein de l'OTAN, la complosphère s'empare de cette prise de distance pour accuser l'Alliance d'être responsable de la guerre en Ukraine, de manipuler des mouvements sociaux et même de se cacher derrière les chemtrails.
Le 1er septembre 1983, l’URSS abat un avion civil sud-coréen qui s’était égaré dans son espace aérien, tuant 269 personnes. Pour se couvrir, Moscou recourt à une campagne de désinformation massive. Et renouera avec cette pratique trois décennies plus tard avec la destruction du vol 17 de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine…
Le virus ne se transmet pas sexuellement, voire il n’existe pas, il n’y a jamais eu d’épidémie… C’est ce qu’affirment sans rougir les champions de la complosphère.
Suite au putsch au Burkina Faso, de nombreux drapeaux russes ont été vu dans des manifestations anti-France. Ce soutien affiché à la Russie résulte d’une entreprise d’influence puissante, qui n’hésite pas à utiliser des théories du complot.
Pour parer l’accusation de collusion avec le régime de Vladimir Poutine, le chef des Insoumis exhibe régulièrement son « amitié » avec des opposants russes qui se sont pourtant compromis, à des degrés divers, avec la rhétorique nationaliste et complotiste du Kremlin.
Avec la débâcle américaine en Afghanistan et la chute de Kaboul, le narratif selon lequel la CIA aurait fabriqué les talibans et Al-Qaïda refait surface.
"Poutine, la stratégie du désordre", d'Isabelle Mandraud et Julien Théron, montre comment l'ancien officier du KGB au pouvoir en Russie depuis vingt ans utilise l'arme de la désinformation. Entretien avec Julien Théron, politiste, enseignant en conflits et sécurité internationale à Sciences Po.
Pour Brigitte Stora et Robert Hirsch, la dernière sortie d'Houria Bouteldja (« on ne peut pas être Israélien innocemment ») et les soutiens qui lui ont été témoignés depuis lors, doivent être réinscrits dans un héritage précis : celui de l'antisémitisme stalinien.
A partir de 1950, en pleine « guerre froide », la peur d'une subversion communiste généralisée s'empare des États-Unis. Comment Joseph McCarthy, modeste sénateur du Wisconsin, politicien roublard, bagarreur, buveur et joueur de poker, a-t-il réussi à provoquer un tel mouvement d'opinion ?
Il s’agit d’un épisode marquant des débuts de la Guerre froide : en 1952, une campagne mondiale de désinformation accusa Washington d'utiliser des armes bactériologiques lors de son intervention aux côtés de la Corée du Sud. Une thèse qui a fait long feu.
Les Polonais ont-ils été tous et exclusivement les martyrs des nazis ? La Russie soviétique a-t-elle vraiment « libéré » la Pologne ? Sur fond de commémorations du 75e anniversaire de la découverte d'Auschwitz par l'Armée rouge, Moscou et Varsovie se livrent une implacable guerre des représentations.
« Albert Camus éliminé par le KGB » : c'est ce qu'affirme depuis des années le romancier italien Giovanni Catelli sur la base d'éléments pour le moins fragiles. A l'approche du soixantième anniversaire de la mort de l'écrivain, la théorie du complot fait à nouveau couler de l'encre.
Sous la forme de l’antisionisme, l’antisémitisme fut au cœur de la propagande soviétique pendant plus de quarante ans de Guerre froide. Dans le texte qui suit, l’historienne Izabella Tabarovsky, du Wilson-Kennan Institute, plaide pour que nous regardions en face cette histoire encore très actuelle, qui illustre le célèbre mot de Faulkner : « le passé n’est jamais mort ; il n’est même jamais passé. »
Beaucoup de gens continuent de croire que le premier pas de l'homme sur la Lune le 21 juillet 1969 est une mise en scène. Mais à qui cette rumeur profite-t-elle vraiment ? Rebecca Jennings signe, pour le site américain Vox, une rapide enquête sur le business du soi-disant « Moon Hoax ».