
Tulsi Gabbard (1981 - ) est une femme politique américaine. Elle dirige le renseignement national des États-Unis (DNI) de 2025 à 2026. Plusieurs de ses prises de position ont été critiquées pour leur dimension complotiste et leur alignement avec l'agenda du Kremlin.
Ancienne militaire et vétéran d'Irak, Tulsi Gabbard siège à la Chambre des représentants de 2013 à 2021. Élue d'Hawaï, elle brigue sans succès l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de 2020. Elle quitte le Parti démocrate en 2022 avant de rejoindre en 2024 le camp de Donald Trump. Ce dernier la nomme directrice du Renseignement national, poste auquel elle est confirmée par le Sénat en février 2025. Le 22 mai 2026, elle annonce sa démission, effective le 30 juin suivant, invoquant la maladie de son mari.
En janvier 2017, Tulsi Gabbard se rend en Syrie pour y rencontrer confidentiellement Bachar el-Assad, à deux reprises. Quelques semaines plus tard, une attaque au gaz sarin frappe Khan Cheikhoun et fait plus de 80 morts. Tulsi Gabbard se dit alors « sceptique » quant à la responsabilité du régime syrien et réclame une enquête indépendante. Or, le Mécanisme d'enquête conjoint de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) attribue formellement cette attaque aux forces de Bachar el-Assad. Sur son site de campagne, elle suggère pourtant que l'attaque a « pu être mise en scène par les forces d'opposition », une thèse propagandiste largement diffusée par Moscou et Damas.
En mars 2022, quelques jours après l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, Tulsi Gabbard publie une vidéo dans laquelle elle affirme l'existence de « 25 à 30 laboratoires biologiques financés par les États-Unis » en Ukraine, manipulant des agents pathogènes dangereux.
There are 25+ US-funded biolabs in Ukraine which if breached would release & spread deadly pathogens to US/world. We must take action now to prevent disaster. US/Russia/Ukraine/NATO/UN/EU must implement a ceasefire now around these labs until they're secured & pathogens destroyed pic.twitter.com/dhDTH5smIG
— Tulsi Gabbard 🌺 (@TulsiGabbard) March 13, 2022
Ce récit fait écho à une théorie du complot propagée alors par le Kremlin dans le but de justifier le déclenchement de la guerre avec l'Ukraine. Une semaine avant la déclaration de Tulsi Gabbard, le ministère russe de la Défense avait en effet affirmé avoir découvert des preuves de programmes biologiques militaires financés par les États-Unis en Ukraine et prétendu que Kiev aurait détruit en urgence des agents pathogènes pour dissimuler ces activités.
En réalité, les États-Unis financent en Ukraine des laboratoires de biosécurité publics, hérités du programme « Cooperative Threat Reduction » (CTR) lancé par la loi Nunn-Lugar de 1991 sur la réduction de la menace nucléaire soviétique afin « de sécuriser et de démanteler les armes de destruction massive et les infrastructures associées dans les États de l'ancienne Union soviétique ». Il ne s'agit en rien de laboratoires d'armes biologiques secrets, ce qui a conduit le sénateur républicain Mitt Romney à qualifier les propos de Gabbard de « mensonge perfide » et de « propagande russe ».
Quatre ans plus tard, et alors qu'elle s'apprête à quitter son poste de directrice du Renseignement national américain, Tulsi Gabbard annonce qu'« après des mois de recherches dans les archives et les dossiers de la communauté du renseignement », elle est en mesure de « révéler de nouvelles preuves du financement, de longue date, par le gouvernement américain de plus de 120 laboratoires de recherche biologique dans plus de 30 pays. Parmi ces laboratoires figurent des établissements en Ukraine, potentiellement menacés par le conflit russo-ukrainien ». Elle assortit cette déclaration de la publication de documents présentés comme déclassifiés (en fait quatre slides) et accuse l'administration Biden et Anthony Fauci d'avoir dissimulé l'existence de ces recherches potentiellement risquées.
Le sénateur républicain Rand Paul, le général Flynn, Anna Paulina Luna [archive], Rogan O'Handley, Jack Posobiec ou encore Erika Kirk saluent sa démarche. Dans la complosphère francophone, Florian Philippot, Silvano Trotta [archive], Myriam Palomba [archive], Etienne Chouard [archive], le Cercle Aristote, Le Média en 4-4-2, Camille Moscow et Black Bond PTV relaient également la déclaration de Tulsi Gabbard pour s'en réjouir.
À l'inverse, de nombreux observateurs estiment qu'elle ne fait que recycler la propagande du Kremlin. Le représentant démocrate Mike Levin déclare notamment : « Pour autant que je sache, la grande révélation de Tulsi concernant les “laboratoires biologiques secrets” n'est que de la propagande du Kremlin recyclée. Ces laboratoires n'ont jamais été secrets. Les États-Unis ont consacré des décennies au financement de la biosécurité et de la surveillance des maladies à l'étranger sous la loi Nunn-Lugar, et les listes des installations ont été publiées par le département d'État et notre propre ambassade à Kiev. »
ELLE A DIT :
« Il y a 25 à 30 laboratoires biologiques financés par les États-Unis en Ukraine. S'ils étaient touchés, ils libéreraient et propageraient des agents pathogènes mortels aux États-Unis et dans le monde. […] Les États-Unis, la Russie, l'Ukraine, l'OTAN, l'ONU et l'UE doivent imposer un cessez-le-feu immédiat autour de ces laboratoires jusqu'à ce qu'ils soient sécurisés et les agents pathogènes détruits. »
Source : X, 13/03/2022.
« Aujourd'hui, je révèle de nouvelles preuves du financement, de longue date, par le gouvernement américain, de plus de 120 laboratoires de biologie dans plus de 30 pays. Parmi ces laboratoires figurent des établissements situés en Ukraine, qui pourraient être compromis en raison du conflit russo-ukrainien. De fait, les services de renseignement avaient déjà averti qu'un laboratoire de biologie financé par les États-Unis en Ukraine abritait probablement des agents pathogènes dangereux et restait vulnérable aux menaces persistantes d'attaque, de saisie ou de destruction de la part de la Russie. [...] Malgré le risque évident d'impact catastrophique à l'échelle mondiale que peuvent avoir les recherches sur les agents pathogènes dangereux menées dans les laboratoires de biologie, des politiciens, de prétendus professionnels de la santé comme le Dr Fauci et des entités au sein de l'équipe de sécurité nationale de l'administration Biden ont menti au peuple américain sur l'existence de laboratoires de biologie financés et soutenus par les États-Unis, et ont menacé ceux qui tentaient de révéler la vérité. »
Source : X, 12/06/2026.
(Dernière mise à jour le 16/06/2026)