Le radicalisme religieux d’Ali Hassan Rajput va de pair avec un antisémitisme et un complotisme effrénés. Conspiracy Watch s’est intéressé aux traces qu’il a laissées sur son profil Facebook.

Mercredi 5 décembre 2018, John Dowling, 66 ans, un professeur d’anglais d’origine irlandaise à l’Université de la Défense à Courbevoie a été poignardé mortellement par un de ses anciens étudiants, Ali Hassan Rajput.

Lors de sa garde à vue, l’homme, âgé de 37 ans et de nationalité pakistanaise, a justifié son acte en expliquant que l’enseignant aurait « fait un dessin, diffusé en cours, insultant pour le Prophète ». Il a aussi invoqué un autre motif pour justifier son passage à l’acte criminel : son exclusion, en août 2017, de l’école de management Léonard-de-Vinci (EMLV), où il était inscrit en MBA.

Commentant la mise en examen pour assassinat d’Ali Hassan Rajput, la procureur de Nanterre, Catherine Denis, a déclaré jeudi lors d’un point presse (nous sommes alors au tout début de l’enquête) : « Nous n’avons pas d’éléments de radicalisation. Mais plutôt le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un de très religieux, pieux, très pratiquant. Il n’est connu d’aucun service de renseignement et n’a aucun antécédent judiciaire, en tout cas en France. »

Djihad contre la France

Les enquêteurs de la police judiciaire des Hauts-de-Seine parlent cependant d’un profil « inquiétant », exprimant un ressentiment « obsessionnel ». Le compte Facebook d’Ali Hassan Rajput (intitulé « C’est la Rana ») révèle en effet une personnalité aux idées extrémistes, soutenant par exemple ouvertement Khadim Rizvi, fondateur d’un parti islamiste radical et violent au Pakistan, qui milite en faveur de la peine de mort systématique pour blasphème, notamment dans le cas d’Asia Bibi.

Fin novembre 2018, Ali Hassan Rajput écrit ainsi sur le réseau social : « Nous avons besoin d’une insurrection, d’une révolution, d’une complète destruction de la règle des hommes blancs et de la loi des al-Saoud » (la dynastie régnante en Arabie saoudite – ndlr).

Il appelle également au djihad, « bataille pour la stabilité de la paix, en se battant contre les démons comme Israël, l’Amérique, la France et les hypocrites parmi nous ». Et considère que les musulmans « ont le droit d’élever la voix de la vérité, de prêcher et même de tuer des mécréants qui sont contre l’Islam ».

Antisémitisme

Le radicalisme religieux d’Ali Hassan Rajput va de pair avec un antisémitisme et un complotisme effrénés. La veille de l’assassinat de son ancien professeur, il partageait un mème comparant les Juifs à des punaises qu’il faudrait écraser pour protéger le monde du « sionisme », assorti du commentaire suivant : « Tuer les juifs comme Hitler. Ils ne peuvent pas vivre parmi les humains car ce sont des insectes ».

Quant à l’Etat d’Israël, il est désigné comme « le rat de l’humanité ».

Dans les jours précédents son passage à l’acte meurtrier, il expliquait son éviction de l’université en 2017 par des « forces du mal » qui proviendraient des « francs-maçons » ou des « illuminatis » influençant la CIA et… le pôle universitaire De Vinci.

Les pouvoirs du « Diable » ou de « Babylone » sont évoqués de nombreuses fois comme autant de prophéties mystérieuses. Concernant la politique internationale, il se demande « pourquoi le Daech américain nous tue ? », reprenant à son compte la théorie du complot voulant que l’Etat islamique soit manipulé par les Etats-Unis. Il partage également un dessin du visage de la statue de la Liberté les yeux bandés par le drapeau israélien ou des caricatures du dessinateur brésilien Carlos Latuff montrant les Etats-Unis en train d’armer le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en train de bombarder Gaza. L’Organisation des Nations unies serait quant à elle sous le contrôle de « loups » qui auraient besoin d’un « Nouvel Ordre Mondial ».

Le 12 octobre dernier, il publie une photo de George W. Bush et de Tony Blair sur laquelle on peut lire : « Ne croyez pas les médias. Voilà à quoi ressemblent vraiment les terroristes ! »

 

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