Des gros titres aux petites infos passées inaperçues : ce qu’il fallait retenir de l’actualité des derniers jours en matière de conspirationnisme et de négationnisme (semaine du 21/10/2019 au 27/10/2019).

TULSI GABBARD. Candidate aux primaires du Parti démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, une candidate se distingue par sa position sur le conflit syrien. Tulsi Gabbard s’est attiré les foudres des commentateurs et de ses opposants pour ses commentaires à ce sujet, sa concurrente aux primaires Kamala Harris l’ayant même qualifiée d’« apologiste » de Bachar el-Assad. Le média britannique Bellingcat s’est penché sur un texte « confus et bourré de contradictions » que la candidate a publié sur son site de campagne, dans lequel elle met en doute les attaques chimiques du gouvernement syrien du 4 avril 2017 et celle de Douma du 7 avril 2018 (source : Bellingcat.com, 4 septembre 2019).

ÉLITES DIABOLISÉES. Quel rôle le complotisme joue-t-il dans le populisme ? Alors que les éditions du Cerf viennent de faire paraître Le dictionnaire des populismes, sous la direction d’Olivier Dard, Christophe Boutin et Frédéric Rouvillois, Conspiracy Watch publie un extrait de la notice « complotisme » signée par le philosophe et politologue Pierre-André Taguieff. L’auteur mentionne la « perte de confiance croissante dans la démocratie libérale ou représentative » qui constitue de son point de vue la « toile de fond de l’insurrection des “gilets jaunes” » depuis les années 1990. Taguieff écrit notamment : « Les élites visibles sont accusées d’être étrangères au peuple et de poursuivre leurs seuls intérêts, contraires au bien commun. Et elles sont aussi accusées d’être de connivence entre elles et d’agir en secret pour asseoir, préserver ou étendre leur domination, bref, de conspirer » (source : Conspiracy Watch, 22 octobre 2019).

« VRAI OU FAKE ». Le service de fact-checking et de debunking de l’audiovisuel public recevait dans son émission du 24 octobre 2019 Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch. L’occasion d’évoquer son ouvrage L’Opium des imbéciles et un certain nombre de croyances complotistes (source : francetvinfo.fr, 24 octobre 2019). À écouter également, l’émission Tendances, du même jour, sur la RTBF (source : RTBF, 24 octobre 2019).

RUSSIE-AFRIQUE. La Russie a organisé les 23 et 24 octobre 2019 un sommet Russie-Afrique à Sotchi, l’occasion pour Moscou de se poser en défenseur des souverainetés africaines. Au cours de ces deux jours, qui visaient à développer les relations commerciales entre la Russie et les pays de ce continent tout en défiant l’Occident, s’est tenue une table ronde, sous la conduite de l’oligarque Konstantin Malofeev, sur le « complot contre l’Afrique ». Le milliardaire a notamment estimé que les préconisations du FMI visaient à « renverser des gouvernements et conduisaient à la guerre civile ». L’activiste antisémite Kemi Seba, devenu ces dernières années un agent d’influence russe sur le continent et connu pour son engagement anti-franc CFA, était également présent dans les coulisses du sommet (source : lemonde.fr, 24 octobre 2019).

CRISE DE 1929. La Grande Dépression dans laquelle sombra le monde capitaliste à partir de 1929 a donné lieu à l’apparition de discours complotistes. Les idées conspirationnistes émergèrent dès le début de la crise, facilitées par l’ampleur et la brutalité difficilement compréhensibles de ce qui allait demeurer sans doute le pire cataclysme économique du XXe siècle. Incriminations du rôle occulte des Juifs, de certains financiers ou de la Réserve fédérale, l’événement est propice à s’interroger sur des « forces cachées » offrant, comme le rappelle Lionel Chanel, « la consolation d’une lecture facilement compréhensible du chaos provoqué par l’effondrement boursier » (source : Conspiracy Watch, 24 octobre 2019).

JEAN-MARIE LE PEN. Le tome 2 des Mémoires de Jean-Marie Le Pen vient de paraître. Intitulé Tribun du peuple, il prend comme point de départ l’année 1972, date de création du Front national et revient sur les principaux combats du parti lepéniste à travers le regard très personnel de son ancien président pour qui lutte contre l’avortement et lutte contre l’immigration sont les deux faces d’un même combat contre le « Grand Remplacement » (source : Conspiracy Watch, 25 octobre 2019).