UPR. Élu de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) sur une liste de l'Union populaire républicaine (UPR), Mohamed Bekhtaoui a comparu le 6 octobre devant le tribunal de Bobigny pour apologie du terrorisme. Lors d'une visite d'Emmanuel Macron, le 7 avril 2020, il s'était présenté sans masque et sans autorisation de sortie, désireux de parler au président de la République. Interpellé, il a été placé en garde à vue. Un brigadier-chef rapporte ses propos en cellule : « Je vais devenir le nouveau Mohamed Merah. J'ai eu de la chance de le côtoyer, il m'a ouvert les yeux. Je vais faire un carnage » avant de lancer plusieurs « Allahou akbar » à la tête du policier. Relaxé pour apologie du terrorisme, l'élu a été condamné à 140 heures de travail d'intérêt général pour ses outrages (source : Le Parisien, 6 octobre 2020).
AUBE DORÉE. Nikos Michaloliakos, le fondateur et chef du parti néonazi Aube dorée, a été reconnu coupable le 7 octobre de « direction d'une organisation criminelle », alors que la foule explosait de joie devant le palais de justice à l'énoncé du verdict. Quelque 45 autres députés et membres d'Aube dorée ont été reconnus coupables d'« appartenance » à l'organisation, tandis qu'une quinzaine d'autres ont été acquittés. Seule une dizaine des 68 accusés était présente dans une salle d'audience clairsemée, les principaux cadres étant absents à l'énoncé du verdict. Ils connaîtront leur peine lors d'une audience ultérieure mais encourent entre 5 et 15 ans de prison (source : France 24, 7 octobre 2020).
QANON. La revue en ligne Le Grand continent, récemment fondée, a publié une enquête en deux parties sous le pseudonyme « Wu Ming », sous lequel officie un groupe d'écrivains italiens créé en 2000. Le premier volet de l'enquête, traduit de l'italien, décrit l'origine de QAnon et son mode de propagation. L'article critique notamment la notion de « théorie du complot », qui ne refléterait pas la gravité du sujet, et propose, au sujet de QAnon, l'expression d'« hyper-fantasmagorie de complot » car QAnon « relie et regroupe » toutes les autres croyances complotistes. Le second volet explore les « cinq dimensions de QAnon » et explique comment la pandémie, l'infodémie et l'isolement physique ont créé les conditions idéales de sa diffusion, notamment en Europe. Il pose en outre la question : quelles sont les vérités que QAnon déforme et pervertit ?
Sur le front de la riposte, Facebook a annoncé mardi 6 octobre qu'il supprimait tous les comptes, pages et groupes liés à cette mouvance conspirationniste, sur sa plate-forme principale et sur Instagram. Ceci alors que le nombre d'adeptes de QAnon, liés à des mouvements d'extrême droite pro-Trump, a explosé à l'approche de la présidentielle américaine. Le géant des réseaux sociaux avait déjà sévi à plusieurs reprises contre QAnon. Cette fois, même les pages qui ne « contiennent pas de contenus violents » seront supprimées si elles sont associées à la mouvance, a précisé Facebook dans son communiqué (source : Le Monde, 6 octobre 2020).
Aux États-Unis, les trente députés ou sénateurs juifs qui font campagne pour être réélus en novembre sont la cible de messages parfois explicitement antisémites sur Twitter, rapporte le Wall Street Journal. Les adeptes de la théorie du complot QAnon sont notamment en cause (source : Courrier international, 6 octobre 2020).
À lire également, l'enquête de Sébastien Wesolowski sur le site Vice, qui analyse le succès de QAnon, notamment en France, à travers l'une de ses principales figures, Léonard Sojli, co-fondateur de la chaîne YouTube ThinkerView et président pendant trois ans de l'association éditrice (source : Vice, 9 octobre 2020).











