Des gros titres aux petites infos passées inaperçues : ce qu’il fallait retenir de l’actualité des derniers jours en matière de conspirationnisme et de négationnisme (semaine du 24/06/2019 au 30/06/2019).

DEEPFAKES. Avec les deepfakes, les fake news s’apprêtent à entrer dans une toute nouvelle ère. Ces vidéos ou fichiers audio modifiés grâce à une intelligence artificielle permettent de coller le visage de quelqu’un sur une autre personne ou de faire dire ce que l’on veut à un individu. Des chercheurs de l’University of Southern California (USC) ont annoncé qu’ils avaient mis au point une méthode pour détecter ces hypertrucages avec une précision de l’ordre de 96%. Face à cette nouvelle menace susceptible de produire d’immenses dégâts pour la démocratie, la direction de Facebook plaide pour l’instant en faveur de la liberté d’expression (source : korii.slate.fr, 24 juin 2019).

BURKINI. Le 23 juin 2019, plusieurs femmes revêtues d’un « burkini », se sont rendues à la piscine municipale Jean Bron de Grenoble, enfreignant ainsi le règlement intérieur qui n’autorise pas les combinaisons intégrales. Deux jours plus tard, sur CNews, la journaliste Zineb El Rhazoui a révélé que l’une des porte-parole de l’association grenobloise Alliance citoyenne, Taous Hammouti, à l’origine de cette « opération burkini », a partagé sur en janvier 2015 sur Facebook un post où l’on peut lire « N’oubliez jamais que c’est Charlie qui a dégainé le premier… » ou encore un dessin antisémite signé « Adolf », repris sur le site d’Alain Soral, Egalité & Réconciliation.

 

SANTÉ ET DÉSINFORMATION. Le secteur de la santé est particulièrement menacé par la montée en puissance de forces politiques qui n’hésitent plus à prendre des décisions en s’appuyant sur des contrevérités dénoncées par les milieux scientifiques. Les conséquences peuvent s’avérer désastreuses au plan sanitaire. Laurent Chambaud, directeur de l’École des hautes études en santé publique, revient pour The Conversation sur les dangers potentiels de cette ère de « post-vérité » (source : The Conversation, 19 juin 2019).

KOKOPELLI. Mardi 18 juin, France 2 a diffusé une enquête du magazine « Cash Investigation » intitulée « Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes ». Une séquence de deux minutes mettait à l’honneur Kokopelli. Sous ce nom, une association fondée il y a vingt ans et militant pour la vente libre de semences bio et reproductibles. Selon l’émission présentée par Elise Lucet, Kokopelli « tente de résister aux industriels en commercialisant et en distribuant des semences paysannes, c’est-à-dire libres de droits, non répertoriées dans le catalogue officiel ». Une mise à l’honneur qui pose question : aucune mention n’a été faite du complotisme et de l’antisémitisme qui caractérisent plusieurs des propos de son fondateur, Dominique Guillet (source : Conspiracy Watch , 27 juin 2019).

 « BAL DES QUENELLES ». Dieudonné M’Bala M’Bala organisait le samedi 22 juin son « Bal des Quenelles » annuel, près de Dreux (Eure-et-Loir). Le rassemblement, payant, avait failli être interdit par la préfecture car accusé de « mettre à l’honneur le geste de la quenelle, dont la signification antisémite n’est pas douteuse ». Cinq cents personnes ont participé à l’événement où figurait notamment un stand où étaient vendus des ouvrages d’antisémites notoires tels qu’Édouard Drumont, Maurice Bardèche ou encore Robert Faurisson. On a pu noter la présence des militants Alain Soral et Yvan Benedetti mais aussi de Vincent Lapierre (source : France-Soir, 25 juin 2019). Le 29 juin, la préfète d’Eure-et-Loir, Sophie Brocas, a annoncé qu’elle déposait plainte pour injure publique contre Dieudonné M’Bala M’Bala, en raison de propos à caractère raciste et antisémite, tenus par différentes personnes présentes sur les lieux (source : LCI, 29 juin 2019).

FINLANDE. Sous la menace de l’ingérence russe, la Finlande a mis sur pied, depuis quelques années, un ambitieux plan d’action pour lutter contre la désinformation. Le gouvernement s’est appuyé sur la venue d’experts en 2016 pour développer des formations et des outils à destination des élèves et étudiants, des journalistes et du personnel politique, mais plus généralement de l’ensemble des Finlandais : « Ce n’est pas juste un problème gouvernemental, toute la société a été ciblée. Nous assumons notre part mais il incombe à chacun de protéger la démocratie finlandaise », explique Jussi Toivanen, directeur de la communication au cabinet du Premier ministre.  « La première ligne de défense, ajoute-t-il, est l’enseignant à la maternelle. » CNN s’est penché sur les dessous de la méthode finlandaise de lutte contre les fausses informations (source : Conspiracy Watch , 29 juin 2019).

MOHAMMED MORSI. La télévision d’État égyptienne a annoncé que Mohammed Morsi avait succombé à une crise cardiaque le 17 juin 2019. Pour les Frères musulmans, l’ancien président égyptien aurait été assassiné. Cette thèse a été reprise par le Dr Hafiz Mohammed Khalid Sidiqqi de la société islamique de San Francisco, qui a déclaré, dans un sermon que « Mohammed Morsi, le seul président démocratiquement élu d’Égypte, a été tué par ces agents sionistes ». Khalid Sidiqqi a ajouté qu’il y avait beaucoup de ces agents dans le monde musulman et qu’ils travaillaient pour Satan (source : MEMRI, 28 juin 2019 ; Times of Israel, 30 juin 2019).

LAMA FÂCHÉSelon le youtubeur Sylvqin, c’est un couple basé à Dubaï qui animerait la chaîne YouTube Lama Fâché (5 millions d’abonnés, 1 milliard de vues). Des informations qui contredisent la vidéo d’Aude Favre, pour qui l’animateur de cette chaîne complotiste pouvait être Antoine Blanchemaison (« Antoine BM » sur YouTube) qui avait démenti le 6 mai dernier tout rôle dans l’animation de la chaîne Lama Fâché. Dans cette vidéo, il décrypte la généalogie de la rumeur le liant personnellement à cette chaîne complotiste :