COMPLORAMA. Depuis sa prise de pouvoir de Twitter, Elon Musk multiplie les clins d'œil à la culture conspirationniste sur le réseau social, mais pas seulement. Trois mois après son rachat, la plateforme a bien changé, ouvrant le champ des possibles à la complosphère. « Elon Musk et Twitter : vers plus d'extrémisme et de complotisme sur le réseau social ? », c'est le 40e épisode de Complorama avec Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, et Tristan Mendès France, maître de conférence et membre de l'observatoire du conspirationnisme, spécialiste des cultures numériques. Un podcast à retrouver sur le site de franceinfo, l'application Radio France et plusieurs autres plateformes comme Apple podcasts, Podcast Addict, Spotify, ou Deezer (source : France Info, 11 janvier 2023).
BRÉSIL. Le président Lula les a qualifiés de « putschistes » et de « vandales fascistes » : les émeutiers qui ont envahi les principaux lieux du pouvoir au Brésil, le dimanche 8 janvier, tirent plutôt leurs idées d'une « bouillie complotiste » considère de son côté notre collaborateur Tristan Mendès France. Entre la dénonciation des « élites mondialistes » représentées par Lula et ses soutiens ou la croyance en un « Grand Soir » avec l'intervention de l'armée pour déposer un président qu'ils estiment illégitime, les idées semblent se rapprocher de celles des émeutiers du Capitole aux États-Unis (source : France Info, 9 janvier 2023).
Comme lors de l'invasion du Capitole, le saccage du cœur du pouvoir fédéral brésilien est l'aboutissement prévisible d'une campagne de désinformation complotiste. À l'image de ce qui s'est passé le 6 janvier 2021 à Washington, une partie des soutiens de Jair Bolsonaro s'estime lésée par des élections prétendument truquées et la défaite, dans les urnes, de leur candidat. La réaction de la complosphère ressemble trait pour trait à la rhétorique martelée par les militants trumpistes depuis l'assaut du Capitole (source : Conspiracy Watch, 11 janvier 2023).
À visionner, l'analyse de Vrai ou Fake sur l'un des slogans brandis par les manifestants « We want the code source » (« Nous voulons le code source »), qui fait directement allusion aux données des machines de vote électronique et martèle la thèse de l'élection truquée (source : Vrai ou Fake/Twitter, 12 janvier 2023).
Les manifestants pro-Bolsonaro sont persuadés qu'on leur a volé l'élection en trafiquant les machines à voter. D'où vient cette théorie ? Directement de Steve Bannon, ex conseiller de Trump. (et rappelons au passage que Bolsonaro avait été élu grâce aux mêmes machines...). pic.twitter.com/1ZGEEGGfpz
— Julien Pain (@JulienPain) January 12, 2023
À réécouter, l'épisode de Complorama enregistré avant le premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, qui témoignait déjà de l'inquiétude qu'un scénario à la « 6 janvier 2021 » puisse se manifester au Brésil (source : France Info, 30 septembre 2022).
ANTISÉMITISME. Fin décembre, l'historien français Benjamin Stora, spécialiste de l'histoire du Maghreb contemporain, a été la cible d'attaques antisémites de la part d'un média proche du pouvoir militaire algérien, Algérie Patriotique. L'article venait condamner le travail de « mémoire partagée » entre la France et l'Algérie effectué par l'historien à la demande du président Macron. Des attaques qui ont suscité des condamnations, dont celles du Pen Club français (source : The Times of Israël, 9 janvier 2023).
DIEUDONNÉ M'BALA M'BALA. Le polémiste a, dans une lettre publiée par un journal franco-israélien et lue dans l'émission de Cyril Hanouna sur C8, présenté ses excuses à ceux que ses « gesticulations artistiques » avaient pu choquer au cours de ses dernières années, et notamment à la « communauté juive » (sic). Cette initiative a divisé l'opinion, certains l'accueillant favorablement, d'autres exprimant un franc scepticisme ou dénonçant une nouvelle manipulation de celui qui a été condamné, à de multiples reprises, pour provocation à la haine raciale et négationnisme et continue, sur Internet, à faire commerce de l'antisémitisme et du complotisme (source : Le Figaro, 11 janvier 2023). Dans une tribune, notre collaborateur Emmanuel Debono perçoit dans l'empressement à accorder du crédit à ces « excuses » soudaines un témoignage de la post-vérité, qui privilégie l'émotion sur toutes autres formes d'analyses et ignore délibérément la réalité des faits (source : Le Point, 12 janvier 2023).











