Simone Veil s’est éteinte ce vendredi 30 juin à Paris. Cette rescapée des camps de la mort nazis, entrée dans l’histoire pour avoir porté la loi autorisant l’IVG, fut tout au long de sa carrière politique une cible de choix de l’extrême droite et l’objet d’attaques marquées au coin du négationnisme.

En septembre 1989, le mensuel Globe publie un entretien avec Claude Autant-Lara, qui avait été élu quelques mois plus tôt au Parlement européen sur une liste Front national. Le cinéaste, réalisateur notamment de La Traversée de Paris (1956), avec Jean Gabin et Bourvil, y explique sa proximité avec la formation lepéniste « car c’est malheureusement le seul parti qui fasse un peu de travail de défense de la France, de la francité et de la culture nationale… La gauche actuelle étant dominée par la juiverie cinématographique internationale, par le cosmopolitisme et par l’internationalisme ».

Il s’en prend ensuite à Simone Veil :

« Que vous le vouliez ou non, elle fait partie d’une ethnie politique qui essaie de s’implanter et de dominer… Oh elle joue de la mandoline avec ça [les camps de concentration]. Mais elle en est revenue, hein ? Et elle se porte bien… Bon alors quand on me parle de génocide, je dis, en tout cas, ils ont raté la mère Veil ! ».

Poursuivi pour « injures raciales, diffamation raciale et incitation à la haine raciale », Autant-Lara fut relaxé. Décédé en 2000, il ne revint jamais sur ses propos, estimant n’avoir fait qu’émettre « l’opinion que des millions de Français n’osent exprimer ».

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