Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

Recherche

Facebook
Twitter
Rss











Dernières notes



La Bibliothèque
La Foire aux illuminés, de Pierre-André Taguieff
Tous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots... de Pierre-Henri Tavoillot & Laurent Bazin
La synarchie. Le mythe du complot permanent, d'Olivier Dard
L'effroyable mensonge, de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel
Mythes et mythologies politiques, de Raoul Girardet
Histoire d'un mythe. La "conspiration" juive et les protocoles des sages de Sion, de Norman Cohn
Court traité de complotologie, de Pierre-André Taguieff
La Société parano, de Véronique Campion-Vincent
Le style paranoïaque. Théories du complot et droite radicale en Amérique, de Richard Hofstadter
Les rhétoriques de la conspiration, sous la direction d'Emmanuelle Danblon & Loïc Nicolas









CQFD, n° 84, décembre 2010.
La critique du capitalisme vaut-elle brevet de respectabilité ?

Après Alternative Libertaire et Le Monde libertaire, qui avaient pris position sur l’impasse intellectuelle que représente le conspirationnisme, c’est au tour de l’équipe de CQFD (Ce Qu’il Faut Détruire) de dénoncer, dans son édition de décembre 2010, « l’anticapitalisme des imbéciles ».

Le « mensuel de critique et d'expérimentation sociales », classé à l’extrême gauche du spectre politique, incite clairement ses lecteurs à prendre leurs distances avec les thèses antisémites et antimaçonniques véhiculées par des individus comme Pierre Hillard, Alain Soral, Dieudonné, Thierry Meyssan et les sites de Zeynel Cekici (Alterinfo.net) ou de Michel Chossudovsky (Mondialisation.ca). Seul bémol : l’équipe de CQFD croit devoir blanchir au passage le physicien belge Jean Bricmont, qualifiant les références aux écrits de cet incontestable « critique du capitalisme » de « respectables »...

Professeur à l'université catholique de Louvain, Jean Bricmont est président honoraire de l'Association française pour l'information scientifique. Il ne reconnaît aucun crédit à la théorie du complot sur les attentats du 11 septembre 2001. A cet égard, sa position est proche de celle de l’intellectuel américain Noam Chomsky.

Mais Bricmont s’est spécialisé au cours des dernières années dans la dénonciation de « l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens », qu’il va jusqu'à qualifier de « problème fondamental de nos sociétés ». Une obsession qui le conduit à se vautrer dans le conspirationnisme le plus vulgaire. Ainsi en arrive-t-il à expliquer, dans un texte sur la laïcité, que ceux qui reprochent à Tariq Ramadan sa position sur la question de la lapidation des femmes (l’islamologue suisse milite pour un « moratoire » et non pour une interdiction pure et simple) seraient en réalité avant tout motivés par… la défense de l’Etat d’Israël (1).

Jean Bricmont lors de l'émission ''Ce soir ou jamais'' du 28 avril 2009 - France 3
On rappellera donc à l’équipe de CQFD, qui sait pourtant très bien à quoi s’en tenir avec des personnages comme Thierry Meyssan, que Jean Bricmont ne s’est jamais ému de ce que ses textes soient repris, précisément, sur le site de Thierry Meyssan. Rien d’étonnant à cela d'ailleurs puisqu’il a participé, en 2005, au grand raout des conspirationnistes organisé à Bruxelles par le même Thierry Meyssan en présence de plusieurs autres militants d’extrême droite (dont des représentants du mouvement politico-sectaire de Lyndon LaRouche) et en partenariat avec le journal cryptofasciste American Free Press.

En réalité, Jean Bricmont a noué des liens d’amitié forts avec la nébuleuse « rouge-verte-brune » (2), où l’on retrouve des personnages comme Paul-Eric Blanrue, auteur d’un Sarkozy, Israël et les juifs dont Bricmont recommande chaudement la lecture. Des compromissions consenties au nom de l’antisionisme et qui ne trompent nullement un média aussi peu suspect de sympathie « sioniste » que le site antifasciste Réflexes (3).

Pour Bricmont, la menace que fait peser le « sionisme » sur les libertés publiques est si imminente qu’elle justifie une complaisance de principe avec les milieux les plus interlopes : « nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes "gentils", écrit-il, en nous "démarquant" sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé ». Raison pour laquelle on attendrait en vain qu’il articule ne serait-ce qu’un début de condamnation morale des déclarations antisémites d'un Dieudonné. Pour l’intellectuel belge, la priorité n’est pas là :

« il faut combattre avant tout le discours de culpabilisation (sur l’holocauste) et libérer la parole non juive (sur la Palestine), c’est-à-dire soutenir tous les hommes politiques, tous les intellectuels et tous les journalistes que l’on fait taire au nom de la "lutte contre l’antisémitisme", lorsqu’ils disent quelque chose de critique sur Israël ».

La plupart des récents écrits politiques de Jean Bricmont sont fondés sur le fantasme d’un monde occidental écrasé sous la botte d’un lobby sioniste qui interdirait toute expression critique à l’endroit de l’Etat hébreu. Etrange lorsqu'on constate les controverses enflammées que provoque le conflit israélo-palestinien de par le monde.

Il ne lui vient apparemment pas à l’idée qu’on puisse s’inquiéter sincèrement de ce fléau qu’est l’antisémitisme autrement qu’en étant un agent d’influence israélien ou un « idiot utile du sionisme et de l’impérialisme américain ». Jean Bricmont serait pourtant sans aucun doute d’accord pour reconnaître qu’on peut légitimement s'alarmer de la progression des préjugés anti-musulmans en Europe sans pour autant être, par exemple, un intégriste ou un idiot utile de l'islamisme.

Comment ne pas voir que ce fantasme du « lobby sioniste », symétrique d’ailleurs à celui du mythe d’Eurabia, est sous-tendu par une vision du monde décrite en son temps par Richard Hofstadter comme « paranoïde » ? Comment ne pas y reconnaître l’un des principaux thèmes de cette théorie du « complot sioniste » qui n’est, en définitive, que l’avatar contemporain de la vieille théorie du « complot juif » (4) ?

« Les théories du complot, lit-on dans CQFD, peuvent avoir un effet hypnotique en ce qu’elles semblent expliquer aisément l’état du monde. Mais sous leur apparence logique voire complexe, elles sont en réalité fort sommaires (…). Elles contribuent à entretenir un confusionnisme politique qui ne profite in fine qu’aux forces les plus réactionnaires ». Beaucoup, à gauche et à l'extrême gauche, veulent voir dans les déclarations de Jean Bricmont l’expression d’une parole libre. D'autres ont la fâcheuse impression de retrouver la prose développée jadis dans la Libre parole.


Notes :
(1) Jean Bricmont, « Le foulard et la conception libérale du droit, suivi de La Laïcité peut-elle sauver l’impérialisme ? », in Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso (dir.), Du bon usage de la laïcité, Ed. Aden, Bruxelles, 2008, p. 45.
(2) Pour le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite, « il existe, à droite du FN, une mouvance groupusculaire glauque qui peut se reconnaître à la fois dans les écrits de son propre camp, dans ceux d'un disciple de Noam Chomsky comme Jean Bricmont et de nationalistes arabes comme René Naba. Cela peut s'appeler la nébuleuse "rouge-verte-brune" et cela existe depuis plus de trente ans. Cela n'est nullement la gauche » (in « La vraie histoire du site Tout sauf Sarkozy », Libération, 21 mai 2007).
(3) Cf. « Procès Dieudonné-Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes !! », REFLEXes, 30 septembre 2009.
(4) Sur l’histoire de cette mutation, lire Georges Bensoussan, « Du ‘’complot juif’’ au ‘’complot sioniste’’ (1917-1939) » (extrait de la Revue d'histoire de la Shoah, n° 166, mai-août 1999).


Commentaires

1.Posté par misterpink le 29/01/2011 21:06
Très instructif. J'aime bien le titre aussi..:)
CQFD qui parle du problème conspirationniste, c'est déjà une avancée par rapport au silence général. Ce qu'il manque dans leur critique, ce sont les clés pour identifier le conspirationnisme.

2.Posté par arnaud le 30/01/2011 14:10
beau boulot

saludos

3.Posté par Jb le 31/01/2011 14:25
Je connais bien CQFD, et l'équipe, c'est des gens fiables... Je pense qu'ils devaient pas vraiment connaitre ce Bricmont...

Je me rappelle qu'ils avaient trashé Rockin Squat et ses délires sur les illuminazis...

4.Posté par Poulpeman le 31/01/2011 13:49
Salut,

L'article commence par citer CQFD qui dit que les critiques du capitalisme de Bricmont sont respectables pour ensuite faire une sorte de diabolisation de Bricmont pour ses propos, certes exagérés, sur les lobbys sionistes.

Le lien entre les deux (lobby sioniste et critique du capitalisme) est fort ténu, voire même inexistant. C'est une bien basse critique, un pur ad hominem. Jean Bricmont défend des positions libertaires (et donc anti-capitalistes) depuis longtemps. Je ne vois pas en quoi ses récents dérapages au sujet du lobby sionistes remettraient en cause ses précédents propos.

Avec cet article, Conspiracy Watch quitte les chemins de la critique de fond pour verser dans la caricature et l'attaque frontale. Fort décevant.

Poulpeman

5.Posté par sakura le 31/01/2011 14:12
Il y a au moins une collaboratrice de CQFD qui semble très bien connaître ce sujet et les accointances fafs de Jean Bricmont, puisqu'elle vient de poster une série de réponses très détaillées sur le forum du journal, évoquant à plusieurs reprises et sans complaisance le cas Bricmont : http://www.cqfd-journal.org/Les-infiltres

On peut donc tabler sur une maladresse plus que sur une réelle volonté de réhabiliter Bricmont ou de cacher ses dérives. Comme le dit Jb, l'équipe de CQFD est composée de gens fiables et trasher Bricmont ne devrait pas leur poser de problème majeur.

6.Posté par Rudy le 31/01/2011 14:40
@Poulpeman (#4) :
L'anticapitalisme n'est pas en cause ici. C'est tout simplement hors sujet. Je crains que tu n'aies mal lu l'article.

Je cite Bricmont dans le texte sans déformer ses propos ou le fond de sa pensée. J'invite le lecteur à juger par lui-même sur la base de ce que Bricmont a dit et écrit. C'est le contraire d'une attaque ad hominem. Si tu cherches quelque chose de caricatural, tu le trouveras du côté des obsessions de Bricmont.

7.Posté par So What le 31/01/2011 15:08
A la lecture des commentaires postés par la collaboratrice de CQFD à la suite de l'article, il ne fait guère de doute que la référence à Bricmont doit être interprétée comme une maladresse. La mise au point est claire et promet même un dossier à venir sur le sujet.

8.Posté par Poulpeman le 31/01/2011 15:14
Dans ce cas la forme de l'article prête à confusion car il laisse penser que c'est l'éloge des positions anti-capitalistes de Bricmont, citées en introduction, qui sont en cause.

Après, rapprocher Bricmont des mouvances d'extrême droite me parait hâtif. Mis à part la recommandation du livre de Blanrue et sa présence à un colloque où étaient présents des mouvements conspirationnistes, les liens sont anecdotiques.

D'autre part, je vois quand même une certaine caricature des propos de Bricmont dans ton article. Il parle de l'importance du lobby sioniste (qu'il exagère fortement amha) mais pas dans des proportions d'un "monde occidental écrasé sous la botte d’un lobby sioniste". Il fait aussi clairement le distingo entre le lobby sioniste et le vieil avatar du complot juif, et pourtant tu fais l'amalgame dans ton article.

Et puis malgré son exagération sur le lobby sioniste, Bricmont soulève des points intéressants comme cette forme d'intolérance sociale à l'égard des propos anti-sionistes.

Bref, je ne crois pas que Bricmont soit à rapprocher d'un Dieudonné ou d'un Soral. Ses propos sur le lobby sioniste sont certes critiquables, mais on est encore loin des positions clairement fascistes de la nébuleuse "rouge-verte-brune".

Poulpeman

9.Posté par Rudy le 31/01/2011 16:40
@ Poulpeman (#8) :
Les liens de Bricmont avec cette mouvance rouge-brune ne sont pas anecdotiques comme tu sembles le penser. Son amitié avec Blanrue, construite sur une convergence de vues qui n'a rien à voir avec la critique du capitalisme, est notoire.

Quant à la question d'une prétendue "intolérance sociale à l'égard des propos antisionistes", qui constituerait l'un des "points intéressants" soulevés par Bricmont, je l'ai écouté plusieurs fois et je dois dire que ses démonstrations me laissent songeur.

10.Posté par Wilata4 le 31/01/2011 18:19
Le parallèle entre les délires "antisionistes" de Bricmont et l'analyse de l'infiltration tout à fait officielle et dûment budgétée du "Dialogue Euro Arabe" au sein des Communautés Européennes relève du balancement circonspect plus que de l'observation.

11.Posté par Rudy le 31/01/2011 19:12
@ Wilata4 :
Le parallèle avait pour but de mettre en évidence que, sur cette question là aussi, il faut distinguer le mythe de la réalité.

Il y a un dialogue euro-arabe comme il y a un dialogue euro-russe ou euro-atlantique. Le terme recouvre un ensemble d'accords de partenariat dans des domaines de toutes sortes. On est loin d'un complot visant à "islamiser l'Europe" et à "formater la pensée des Européens" dans un sens anti-israélien.

12.Posté par Nicolas le 31/01/2011 19:20
Bonsoir Rudy

Vous dites :"Son amitié avec Blanrue, construite sur une convergence de vues qui n'a rien à voir avec la critique du capitalisme, est notoire. "

Avant de communier joyeusement dans l'antisionisme radical, Blanrue et Bricmont ont pu fonder leur amitié autour du cercle zététique :

http://www.zetetique.ldh.org/archeo_suaire.html

http://www.zetetique.ldh.org/bricmont.html



13.Posté par sakura le 31/01/2011 19:32
@ Nicolas : c'est d'autant plus amusant de voir aujourd'hui Bricmont et Blanrue, qui continuent pourtant de se revendiquer du rationnalisme, épouser des thèses conspirationnistes et/ou négationnistes.

14.Posté par Nicolas le 31/01/2011 19:50
@sakura : c'est le problème des passions, notamment politiques, elles ne favorisent pas l'exercice de la "raison raisonnante".

Toutefois, je n'irais pas jusqu'à accuser Bricmont de négationnisme.
(myopie intellectuelle plutôt)

15.Posté par Quidam le 31/01/2011 20:40
Rudy, peut-on, selon vous, être anti-sioniste sans être antisémite ? Si oui, y a-t-il un seul philosophe ou homme politique qui le soit à vos yeux ?

16.Posté par memorial 98 le 31/01/2011 21:28
A propos de Bricmont et Chomsky
http://memorial98.over-blog.com/article-26208828.html.
Bricmont est particulièrement toxique car il dispose d'une certaine écoute dans des courants de gauche qui font référence à ses anciens écrits, dont son livre avec Sokal sur les intellectuels français.

17.Posté par Venom le 01/02/2011 07:27
Bonjour,

J'avoue que j'ai du mal avec sa participation à "Axis for Peace". On me dit: "ce qui compte ce n'est pas qu'il ait participé, mais ce qu'il y a dit". J'ai du mal à suivre ce raisonnement. Je pense que par sa participation il a apporté sa caution à ce congrès organisé par Thierry Messan. Après, qu'il y ait fait une conférence sur la paix dans le monde n'y change pas grand chose. Perso, si Thierry Messan me demandait de participer un à de ces congrès pour y parler d'ufologie, je refuserais par principe.

Il n'est pas rare que de grands philosophes se fourvoient en politique. Faut-il rappeler le cas Heidegger? Je dirais aussi qu'il ne faut pas exonérer Jean Bricmont dans le débat politique même si on l'admire pour d'autres choses. Je pense que la tentation est grande pour les sceptiques. J'adore ces "Impostures Intellectuelles", mais critiquer le "lobby sioniste"??? Même Poulpeman admet ci-dessus qu'il "exagère fortement" l'importance du lobby sioniste. OK, mais "exagérer fortement" lorsqu'on parle des juifs, ce n'est pas la même chose que quand on "exagère fortement" lorsqu'on parle mettons du temps qu'il fait. C'est un sujet sur lequel n'importe qui ferait bien d'être attentif à ne pas "exagérer fortement"...

Sceptiquement vôtre,

18.Posté par Rudy le 01/02/2011 16:19
@ Quidam (#15) :

Vous suggérez, donc, que je considère qu’on ne peut pas être antisioniste sans être antisémite. Votre question n’a rien d’innocent mais je vais tout de même essayer d'y répondre en faisant comme si.

Antisionisme et antisémitisme ne signifient pas la même chose. Il est donc tout à fait naturel et parfaitement légitime de les distinguer. On peut donc être antisioniste sans être antisémite, à la fois en théorie mais aussi en pratique.

Disant cela, je n'oublie pas, d'une part, que "l'antisionisme" a été, au cours des 60 dernières années, un alibi constant, récurrent, du discours antisémite. La haine des juifs n'a pas disparu comme par magie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Compte tenu du discrédit moral qui frappe l'antisémitisme et toute autre forme de racisme depuis lors, on comprend aisément que les antisémites évitent de s’en réclamer explicitement, et nient toute arrière-pensée de ce type. D'autre part, l'antisionisme radical a puisé beaucoup de ses arguments dans le discours antisémite traditionnel (en particulier la théorie du "complot juif"), au point de se confondre parfois complètement avec l'antisémitisme. Il existe, par ailleurs, un courant "anti-impérialiste" qui accepte de faire des compromissions sur la question de l'antiracisme au nom du principe selon lequel on ne fait pas d'omelette sans casser quelques oeufs. Je pense que Jean Bricmont – puisque c’est de lui qu’il s’agit ici – s’inscrit dans cet horizon.

Maintenant, vous me demandez un exemple de philosophe ou d'homme politique qui soit antisioniste sans être antisémite. Vous allez être surpris, mais je ne tiens aucune liste de ce genre ! Une personne peut tout à fait tenir, de manière ponctuelle ou contingente, des propos intellectuellement contestables et/ou moralement répréhensibles sans que cela suffise à la définir une bonne fois pour toute. Par conséquent, le terme d’"antisémite" doit selon moi être utilisé pour qualifier des propos ou bien, mais de manière parcimonieuse (car le risque serait alors que le mot ne perde tout son sens), être réservé à des individus qui font profession d’antisémitisme. C’est par exemple le cas de Dieudonné dont le parcours politique et "artistique" se construit tout entier sur cette seule thématique anti-juive.

Quant à ceux qui ne voient pas "où est le problème" avec Dieudonné et l'estiment victime d'une cabale "sioniste", de deux choses l'une : ou bien ce sont des imbéciles, ou bien ils n'ont pas l'excuse de l'imbécilité et alors il est permis de s'interroger à leur sujet.

19.Posté par Sébstian le 02/02/2011 00:54
Super la référence CQFD (journal)

-Jean-Marc Rouillan( Action directe )

- Sébastien Fontenelle( auteur Des frères et des affaires : Enquête au coeur de la Grande Loge nationale française)

- Éric Hazan( il s'engage aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie)

-Jean-Pierre Levaray( auteur de Tue ton patron )

Après cela conspiwatch peut se targuer de combattre le terrorisme, la violence , et le complotisme .

Pour en arriver là , Rudy , il faut vraiment que vous soyez mal barré

Et pourtant il y actuellement de bonnes infos sur la Fox

Haskell Blows Whistle on Underwear Bomber, Government Op

http://www.youtube.com/watch?v=gu5l7a7dgP4&feature=player_embedded

20.Posté par Quidam le 02/02/2011 09:57
Rudy> Il ne s'agit pas de tenir une liste. Mais l'absence de contre-exemple met en doute votre objectivité.

Je suis désolé, dans votre billet, vous parlez bien de "thèses "antisémites", pas de compromission antiraciste. Sur la liste que vous citez, un seul me semble-t-il a été condamné pour antisémitisme. En présumant Bricmont coupable, vous lui donnez raison sur la culpabilisation de ceux qui remettent en cause Israël.

Comment défendre la liberté d'expression s'il est des sujets interdits ? Est-ce à la loi de trancher la vérité historique ? C'est toute la problématique me semble-t-il développée par Bricmont et soutenue par Chomsky. Et c'est un vrai sujet.

L'autre risque de cette poussée inverse de "paranoïa" antisémite, est justement de changer le sens de la notion d'antisémitisme, et de la banaliser. Je ne crois pas moi que Dieudonné soit intimement antisémite. Sa complicité pendant des années avec une personne de notoriété juive écarte à mon sens les préjugés raciaux. Certes, sa réaction est épidermique et excessive, et l'amène à titiller la ligne rouge, par provocation, mais il n'y a pas lieu de penser qu'elle ne soit pas que politique, et le diaboliser sans nuance ne fait qu'apporter de l'eau au moulin des vrais racistes. Relisez Céline, vous verrez que le véritable antisémitisme, ce n'est pas ça.

Je trouve également votre discours excessif lorsque vous amalgamez lobby et complot. Il y a des associations, organisées en groupes de pression, qui s'identifient elles-même comme tel. Ne soyez pas plus royaliste que le roi. Vous qui vous réclamez des "règles scientifiques communément admises", une sorte de "bon sens" dont il faudrait d'ailleurs définir les limites, pourquoi ne l'admettez-vous pas ? Tout comme le fait que le communautarisme existe aussi chez les juifs. Tout comme le fait qu'Israël est objectivement, du point de vue des lois internationales, dans l'illégalité, et bénéficie d'une tolérance exceptionnelle. Peut-on dire cela aussi sans être traité d'antisémite ?

C'est au fond la problématique de l'affaire Zemmour, qui pourrait d'ailleurs trouver son pendant du côté juif .Est-ce une solution pour lutter contre le racisme que de nier la vérité ? Où nous amène un tel raisonnement ? Quelles en sont les limites ? N'est-ce pas là le début d'un autre totalitarisme ?

21.Posté par So What le 03/02/2011 01:33
Dieudonné en 2005 sur le site lesogres.info: «Je ne prononce pas le mot juif. Après mes différents procès, j'ai compris qu'il pouvait y avoir interprétation sur ce mot alors que sur sioniste, il n'y a pas d'interprétation possible.»

Dieudonné en 2010 interrogé par la chaine de propagande iranienne, PressTV: «Ce que je veux dire, c´est que le sionisme divise l´humanité pour régner. Il essaie de régner en nous soulevant les uns contre les autres. Ils ont organisé toutes les guerres et tous les désordres de la planète. Ils ont été impliqués dans la traite négrière..»

Dieudonné prononce sionisme là où Drumont disait juiverie. A chacun ses combats, à chacun ses amis..

22.Posté par Pierre75 le 07/02/2011 10:42
Bonjour,
je crois qu'il est difficile de sondeur les coeurs et les reins pour dire "untel est antisémite" ou "untel est antisioniste".
Néanmoins l'antisémitisme n'est pas, je crois, qu'une simple passion tripale, une haine "raciale". L'antisémitisme génère une vision du monde, notamment complotiste façon Protocoles des Sages de Sion. A cet égard, toute vision du monde qui voit à l'oeuvre derrière l'Histoire un complot, comme par hasard téléguidé par des ou les Juifs, me semble relever de l'antisémitisme.
Alors X ou Y peut très bien avoir des amis juifs et être idéologiquement dans la pure lignée antisémite...

23.Posté par communismelasoluce le 13/02/2011 14:41
Les rapports d'amitiés entre Blanrue et Bricmont, viennent non pas à cause de "délires anti-sionistes", mais de par leur passé de rationaliste et zététicien.
Blanrue était président du cercle zététique. A l'époque il avait déjà interviewé Bricmont, notamment sur l'affaire Sokal.
Bref, c'est une amitié de rationalistes.
Le reste c'est du pipeau

24.Posté par Redstar le 19/02/2011 13:59
Article intéressant. Même si je ne partage pas les positions du journal je fais entièrement confiance à l'intégrité de la rédaction de CQFD, qui a dû faire une erreur pour le coup.

La principale contradiction (qui est antagonique) entre l'extrême droite et l'extrême gauche sur le sujet de l'économie se situe au niveau de l'analyse du système et du projet de société développé.
Anticapitalisme romantique pour la droite, passant souvent par l'antisémitisme (si c'est Marine, on dira "la finance internationale, le grand capital, le patronat...) alors que c'est au contraire une aile politique constituée largement de cadres, de petits commerçants et de petits entrepreneurs! C'est juste une protection corporatiste de son capitalisme national, censé être "moralisé", retourner à des "valeurs vraies" par opposition à la finance internationale "déshumanisée". Bref, du commerce de proximité. Le capitalisme n'est jamais analysé en profondeur, comme un système de production, de distribution et de centralisation des moyens de production cohérent aux niveaux nationaux et internationaux.
Ces outils de compréhension et d'analyse globale appartiennent à l'extrême gauche matérialiste qui, si elle suit une analyse conséquente et ne se laisse pas avoir par les sirènes nationales, est seule à même d'établir une critique rationnelle et scientifique du système capitaliste, et donc de proposer l'alternative.

La troisième voie nationale? Du pipeau! On reste dans le capitalisme en cherchant des boucs émissaires à ses crises: le complot juif, les collabos gauchistes, l'islamo-fascisme totalitaire, l'invasion d'immigrés, etc etc...

25.Posté par Poulpeman le 28/02/2011 16:47
J'ai fait quelques recherches sur ce que Bricmont appelle le lobby sioniste. Je reste sur ma position initiale : l'amalgame "lobby sioniste" - "complot juif" est un épouvantail qui n'a pas lieu d'être.

J'explique ceci sur le forum de Sceptiques du Québec :

http://www.sceptiques.qc.ca/forum/anti-fascisme-et-censure-en-france-t8727.html

Poulpeman

26.Posté par Redstar le 01/03/2011 12:02
Salut Poulpeman;
Je suis allé lire le fil de discussion que tu mets en lien, globalement tu as raison, c'est un sujet très sensibles mais il y a des faits à prendre en compte.
Ce qui me gène personnellement c'est quand on parle de lobby sioniste en France, où le lobbying n'a pas le poids qu'on lui connait aux Etats-Unis, c'est même très mal vu et assez rare. D'un autre côté les orgas "représentatives" de la communauté juive n'aident pas trop en s'indignant lors de chaque nouvelle condamnation de la politique israélienne.

27.Posté par Newo le 30/09/2011 00:10
Ca fait plaisir de voir que des personnes des luttes sociales ou politiquement marquées très à gauche fassent de la pédagogie sur le problème qu'est le conspirationnisme. On entend souvent parler de l'alliance rouge-brune autour des conspis, il faut que ça reste ultra-minoritaire et s'attaquer aux réels problèmes de chacun : citoyens, salariés, ...

28.Posté par Carlos Pedro le 25/08/2013 16:30
C'est le problème des passions, notamment politiques, elles ne favorisent pas l'exercice de la "raison raisonnante". (Nicolas)

L’art du journaliste ignorant est de ramener le savant à des objets matériels, des phrases, des mots écrits quelque part qu’il puisse vérifier par ses sens. (Carlos)


Je prépare actuellement une interview-réquisitoire contre le citoyen Jean Bricmont.

Quelqu’un peut-il me citer les phrases tirés des textes récents de Bricmont qui indique :

1) que son discours est « fondés sur le fantasme d’un monde occidental écrasé sous la botte d’un lobby sioniste qui interdirait toute expression critique à l’endroit de l’Etat hébreu » ?

2) que son fantasme du « lobby sioniste », est sous tendu par une vision du monde « paranoïde » et qu’il est l’avatar de la vieille théorie du complot juif ?

Merci d’avance.

Nouveau commentaire :