Wikistrike (capture d’écran).

Wikistrike (wikistrike.com) est un blog conspirationniste francophone apparu en 2011 et dont l’administrateur est anonyme.

Les premières lettres du nom du site reprennent celles de Wikipédia. Mais contrairement à l’encyclopédie en ligne, Wikistrike n’a rien d’une plateforme collaborative.

Le slogan présent sur sa page d’accueil (« Rien ni personne n’est supérieur à la vérité ») annonce un projet éditorial tourné résolument vers le dévoilement des mensonges. Sur son compte Twitter, Wikistrike se présente en outre comme « LE site des civilisations ».

Wikistrike est à l’origine de la propagation de plusieurs fake news complotistes comme celle selon laquelle les frères Kouachi, auteurs de l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, seraient en fait déjà morts en 2014. Il relaie également des théories du complot sur (liste non exhaustive) : les vaccins, les attentats du 11-Septembre (qualifiés d’« opération israélienne »), l’attentat d’Ozar Hatorah à Toulouse, la fusillade de l’école primaire Sandy Hook, la mort du journaliste américain James Foley, le chef de l’Etat islamique Al-Baghdadi (qualifié d’« agent du Mossad »), l’attentat de Trèbes, etc.

Il propose également le texte des Protocoles des Sages de Sion, un célèbre faux antisémite.

Le Décodex du Monde a pu relever que le site avait publié une fake news sur « l’existence d’une prime de Noël de 20 millions d’euros versées aux membres du gouvernement ou lorsqu’il a relayé de faux résultats de l’élection présidentielle 2017, ou repris au premier degré un canular affirmant que les bébés européens recevraient bientôt une puce sous la peau ».

Le fondateur et websmaster de Wikistrike, se fait appeler Ghislain Hammer (à moins que ce ne soit Ghisham Doyle ou Arnaud Hammer ou Alexander ou Alexander Doyle). Ce quadragénaire originaire de Nice et désormais installé en Seine-Saint-Denis assume totalement sa ligne et conception éditoriales. La journaliste Aude Favre l’a contacté par téléphone pour un de ses reportages (« Wikistrike, l’imagination au pouvoir ! »). L’homme lui répond doctement qu’il s’agit de « mettre en cause des savoirs que les élites n’aimeraient pas qu’on remette en cause aujourd’hui ». Il fait allusion à la franc-maçonnerie et à un complot des autorités pour occulter la soi-disant mise au jour de la plus grande réalisation néolithique.

En 2015, Wikistrike a fait partie des sites conspirationnistes qui ont relayé sans vérification et en l’accompagnant de commentaires élogieux un faux mini-documentaire amateur affirmant que le SIDA avait été inventé par les Etats-Unis. Cette vidéo, réalisée par le média en ligne Spicee, avait été mise en ligne sur YouTube puis retirée trois semaines plus tard afin d’éprouver la crédulité des conspirationnistes sur le web.

En 2018, Wikistrike fait partie du top 10 des sites français complotistes les plus consultés, avec 1,3 millions de visites par mois (données SimilarWeb) malgré une influence relativement limitée sur les réseaux sociaux.

En mars 2019, le quotidien Nice-Matin a publié une enquête sur ce site complotiste.

 

(Dernière mise à jour : 13/12/2019)