La naturopathie désigne un ensemble de pratiques et de méthodes visant à renforcer les défenses immunitaires ou à soigner les problèmes de santé par des moyens considérés comme « naturels ».

Apparue au début du XXème siècle, la naturopathie compte au nombre des médecines dites « douces », « alternatives », « parallèles », « non conventionnelles » ou encore « naturelles ». Elle prétend s’inscrire dans un retour à des méthodes de guérison « ancestrales » et/ou « traditionnelles », souvent inspirées des médecines traditionnelles orientales.

Les thérapies qu’elle promeut s’appuient le plus souvent sur des plantes, mais il est fréquent qu’elle prête un effet thérapeutique à des éléments aussi divers que l’eau, le soleil, la lumière, l’air pur, les pierres et cristaux, le son, etc. La naturopathie englobe ainsi une très large variété de pratiques plus ou moins éprouvées. Elle peut préconiser par exemple le recours au jeûne, au « crudivorisme », au « respirianisme », à la musculation et/ou la relaxation, aux massages, au thermalisme ou encore à la « lithothérapie ».

Largement considérée par la communauté scientifique comme une pseudoscience, la naturopathie est décriée pour ses présupposés vitalistes et les affaires de charlatanerie qui émaillent son histoire. Elle est aussi controversée pour ses risques de dérives sectaires et de mise en danger de la vie de certains patients lorsque ceux-ci renoncent à des traitements médicamenteux au profit de traitements n’ayant fait l’objet d’aucune validation scientifique. En octobre 2021 par exemple, le naturopathe Miguel Barthelery, qui était notamment intervenu dans le film complotiste sur la Covid-19 « Hold-up », est condamné à deux ans de prison avec sursis pour exercice illégal de la médecine suite au décès de deux de ses « patients » souffrant d’un cancer et qui avaient suivi ses recommandations. Steve Jobs, le fondateur d’Apple, avait également renoncé à son traitement contre le cancer au profit d’un régime végétarien très strict… sans succès.

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) relève quant à elle que les principaux traits récurrents qui définissent un pseudo-thérapeute sont : le dénigrement systématique de la médecine (dite « conventionnelle »), la promesse d’une guérison miracle, la mise en valeur de bienfaits impossibles à évaluer ou mesurer (en termes de karma, d’aura, d’énergétique, etc.), la promesse d’une prise en charge globale (prétention holistique) agissant autant sur le corps que l’esprit voire l’âme, et l’utilisation d’un vocabulaire technique opaque ou hors sujet (« ondes cosmiques, cycles lunaires, dimension vibratoire, purification, énergies, cosmos, conscience… »). Des scientifiques de premier plan s’inquiètent d’ailleurs de la normalisation et de la diffusion croissantes de ces « médecines alternatives » auprès de la population.

Comme méthode de santé alternative, la naturopathie prétend souvent apporter une vérité en marge de la médecine scientifique, qui est l’un des fondements de la société occidentale, qu’elle se trouve donc souvent prompte à dénoncer. Elle peut donc représenter en cela une passerelle privilégiée vers le complotisme, via de prétendus complots liés à l’exercice de la médecine, à la vaccination, aux « lobbies de la santé », à « Big Pharma », etc. Ainsi, les exemples de naturopathes devenus, parfois à la faveur de l’épidémie de Covid-19, des influenceurs complotistes de premier plan sont légions : Irène Grosjean, Thierry Casasnovas, Éric Fiorile, Hayssam Hoballah, Jean-Jacques Crèvecœur, Christian Tal Schaller, Jacques Paltz, Astrid Stuckelberger, Mika Denissot, etc.

Dans un article du Monde d’octobre 2021, le journaliste William Audureau rappelait la présence de nombreux adeptes des médecines alternatives autours du docteur Louis Fouché et parmi les cadres de son association aux nombreuses prises de positions complotistes, Réinfo Covid, comme Olivier Soulier par exemple. Lors des élections régionales et départementales de juin 2021, plusieurs candidats présents sur les listes citoyennes « Un Nôtre Monde », liées à Réinfo Covid, exerçaient d’ailleurs en tant que naturopathes, à l’instar de Linda Rigaudeau.

À l’été 2021, le directeur du département opinion de l’Ifop Jérôme Fourquet remarquait également la surreprésentation des adeptes de « médecines alternatives » dans les cortèges des manifestations antivaxx et anti-pass sanitaire, qui ont donné lieu à de nombreux débordements complotistes. Eric Gandon, le naturopathe à l’origine de la programmation du stage durant lequel une quadragénaire a perdu la vie au mois d’août 2021, assure par exemple que c’est le vaccin contre la Covid qu’aurait reçu la femme qui est à l’origine de son décès. Selon lui, « cette vaccination, c’est un véritable génocide. »

Ancienne naturopathe « repentie », l’américaine Britt Marie Hermes dénonce les dangers de cette pratique, qu’elle qualifie de « poudres de perlimpinpin modernes ».

 

(Dernière mise à jour le 29/10/2021)