Il y a cent ans, dans une série de trois articles parus entre le 16 et le 18 août 1921, Philip Graves, correspondant du Times à Constantinople, faisait la lumière sur le plus célèbre des faux documents antijuifs.

Avant-propos de Mgr Jouin aux « Protocols » des Sages de Sion (Revue internationale des Sociétés secrètes, 1920, quatrième édition, p. 1 ; détail).

1920. Alors que le monde s’extrait douloureusement de la Grande Guerre, un étrange document hante l’Europe et les États-Unis. Son titre ? Les Protocoles des Sages de Sion. Sa trame ? Rien de moins qu’un plan secret de conquête du monde par les Juifs ! Or, le 8 mai de cette année-là, ce « document » délirant est pris au sérieux par le prestigieux quotidien britannique The Times, qui lui consacre tout un éditorial pour en défendre, à mots couverts, l’authenticité. De fait, écrit Pierre-André Taguieff, « le thème du « péril juif » et plus précisément celui du complot juif mondial, entrait dans le champ du discutable, c’est-à-dire de l’acceptable, voire du respectable. » [1] Or, ce scoop va faire long feu : au mois d’août 1921, The Times, sous la plume d’un de ses correspondants, Philip Graves, devra convenir que les Protocoles sont un faux – et médiocre de surcroît. Un rétropédalage qui, malheureusement, intervient trop tard pour freiner la diffusion du pamphlet, lequel connaît, un siècle plus tard, une consternante notoriété, notamment au Proche-Orient. Retour sur les errements d’un journal réputé sérieux, par la faute duquel a prospéré le mythe du « complot juif mondial », mais grâce auquel la falsification a été établie…

De fausses confidences, plagiaires d’un texte lui-même plagiaire…

Les Protocoles des Sages de Sion correspondraient à un procès-verbal – évidemment confidentiel – d’une conférence – bien entendu secrète – de dirigeants de la « juiverie » mondiale – forcément anonymes. Il expose, dans un style fleuri, les mécanismes de la conquête du monde par les Juifs, non point par la guerre, mais par la ruse, la manipulation, la fourberie, armes mises au service d’une mentalité où le cynisme épouse le fanatisme. Or, il s’agit d’un faux particulièrement bâclé, certes banal dans son énumération des stéréotypes antisémites, mais relativement original en ce qu’il développe à l’extrême le mythe du « complot juif mondial ». Ironie tragique, ce « document » semble lui-même un produit de la « mondialisation », puisqu’il pourrait avoir été forgé par des Russes, en France, à partir de textes notamment français et allemand.

L’origine des Protocoles demeure certes controversée. Unique certitude, ils ne sont pas issus d’une imaginaire « Internationale juive ». D’après l’hypothèse la plus couramment retenue, mais récemment critiquée, ce « compte-rendu » d’un complot serait lui-même l’œuvre d’un complot – purement antisémite et réactionnaire celui-là : l’ouvrage pourrait avoir été concocté en France à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle par des agents de l’Okhrana, la police secrète du Tsar, semble-t-il pour discréditer des politiciens russes modernistes (dont le Premier Ministre de l’époque, Sergueï Witte), en suggérant leur pseudo-allégeance aux « conspirateurs juifs », les fameux – et fumeux – « Sages de Sion » [2]. Il est vrai que, dans la Russie impériale, l’antisémitisme était si répandu qu’il en était devenu un argument politique. Le contexte français n’y est peut-être pas étranger : notre pays était alors en proie à l’Affaire Dreyfus, qui avait vu des officiers de l’armée française confectionner des documents contrefaits, les fameux « faux patriotiques » [3], pour accabler Alfred Dreyfus, un capitaine juif frauduleusement accusé d’espionnage.

En toute hypothèse, le ou les faussaires, qu’ils soient ou non commissionnés par l’Okhrana ont, eux, fait œuvre de plagiaire, recopiant à leur sauce de très larges extraits d’un pamphlet de Maurice Joly, Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, lequel, paru en 1864, ne s’attaquait nullement aux Juifs mais à Napoléon III, à qui était ironiquement prêté un projet de conquête du monde. Et non content de reproduire – quitte à en déformer le sens – cet opuscule satirique d’un avocat républicain opposé au Second Empire, nos écrivaillons ont apparemment plagié un autre roman, bien antisémite celui-là, Biarritz, publié en 1868 par l’auteur judéophobe Hermann Goedsche, lequel plagiait déjà un roman d’Alexandre Dumas, Joseph Balsamo, dont l’intrigue débutait, non par l’exposé d’un complot juif, mais d’une conspiration maçonnique contre l’Ancien Régime [4]

N’importe, le livre amorce sa diffusion en Russie au début du XXe siècle. Le Tsar Nicolas II, qui en prend connaissance en 1905, dans le contexte d’une Révolution manquée contre son régime, en est impressionné : « Quelle profondeur de pensée ! », « Quelle prophétie ! », « Quelle précision dans la réalisation du programme ! ». Plus méfiant, son Premier Ministre, Piotr Stolypine, diligente une enquête, laquelle conclut au faux. Nicolas II s’en lamente : « Laissez tomber les Protocoles. On ne défend pas une cause pure avec des méthodes malpropres. » [5] Après un succès initial, les Protocoles semblent sombrer dans l’oubli – provisoirement.

8 mai 1920 : la fausse modestie du Times

Deux cataclysmes font ressortir de terre les Protocoles : la Première Guerre mondiale et la Révolution russe. Tout d’abord, le conflit sonne le glas de la monarchie russe, qui s’effondre en 1917. Nicolas II et sa famille – qui avaient emporté dans leur lieu d’exil, en Sibérie, un exemplaire des Protocoles [6] – sont fusillés par les Bolcheviks en 1918. Mais ces derniers, qui ont pris le pouvoir, sont confrontés à de multiples oppositions armées, si bien que la situation dégénère en guerre civile. Leurs adversaires, les Blancs, n’hésitent pas à souffler sur les braises du nationalisme et de l’antisémitisme pour encourager leurs troupes : leur propagande dénonce le régime bolchevik comme une sorte de « parti de l’étranger », et même pire, une émanation d’un « complot juif mondial », ce qui conduit à une rediffusion des Protocoles, alors que feu le gouvernement tsariste avait été informé de son caractère frauduleux bien avant la guerre [7].

Las ! La plume n’est pas toujours plus forte que l’épée, et les « bobards de guerre », s’ils conduisent à de nombreux massacres de la communauté juive [8], ne suffisent pas à remporter les batailles. Vaincus, les Blancs doivent prendre le chemin de l’exil, et certains de ces émigrés emportent dans leurs bagages les Protocoles [9]. En 1919, maints exemplaires traduits en diverses langues sont adressés aux négociateurs lors de la Conférence de la Paix qui se tient à Versailles, pour pousser le monde « civilisé » à chasser de Russie le nouveau gouvernement « rouge » [10]. Ils essaiment l’année suivante en Allemagne, en France, aux États-Unis, où l’industriel antisémite Henry Ford leur assure une publicité tapageuse [11]. C’est toutefois de Grande-Bretagne que les Protocoles vont véritablement prendre leur essor – grâce au Times de Londres.

Le 8 mai 1920, en effet, ce très sérieux quotidien fondé en 1785 publie un éditorial pour le moins… nuancé sur les Protocoles. Sous couvert d’impartialité, l’auteur « s’étonne » du « terrible don prophétique » de ce texte, pour conclure sur cette note inquiétante : a-t-on terrassé, en 1918, le péril allemand, pour lui substituer la « Pax Judaica » ? L’éditorial a beau être anonyme, son auteur n’en est pas moins connu, nul autre que le rédacteur en chef du quotidien, Wickham Steed, célèbre journaliste de l’époque. Un cas complexe, que ce Mister Steed : l’homme est un fervent antisémite, enclin à voir des complots partout – surtout quand ils sont d’origine allemande ; mais il soutient le sionisme et dénoncera plus tard l’antisémitisme hitlérien [12]. Steed, en toute hypothèse, a succombé à son attrait du scoop, lequel épouse son époque.

C’est que la Grande Guerre a trop nourri la hantise d’une « cinquième colonne » allemande pour qu’une telle légende se dissipe du jour au lendemain. Ce mode de pensée paranoïaque connaît un second souffle avec la Révolution russe, moult conservateurs britanniques – dont Winston Churchill – stigmatisant une « internationale rouge » où pullulent des « Juifs pour la plupart athées » [13]. Bref, les mots et l’idée sont là : depuis plusieurs années, on pense, on écrit « complot », et il se trouve qu’une entité « internationale » revendiquant le pouvoir mondial, et où figureraient moult Juifs, vient de s’emparer de la Russie ! Ne manque plus qu’une preuve – et elle est fournie par les Protocoles des Sages de Sion. Bref, le fourvoiement du Times révèle bel et bien une dérive complotiste et antisémite de l’élite conservatrice britannique, sur fond de peur de « l’homme au couteau entre les dents ».

16 août 1921 : dans le Times, « La vérité, enfin »

À la différence du vénérable Times, d’autres journaux britanniques font preuve de scepticisme, voire ravalent les Protocoles à de la propagande antisémite – quand ils ne l’ignorent pas [14]. Toutefois, l’éditorial du grand quotidien conservateur pousse certains de ses concurrents à abandonner leurs pudeurs initiales, tels que le Spectator et le Morning Post, ce dernier publiant toute une série d’articles vitupérant le « complot juif ». Et pourtant, un journaliste réputé, Lucien Wolf, juif et antisioniste, souligne la parenté entre les Protocoles et certains textes antisémites, tels que le roman Biarritz précité, et établit, déjà, que le texte ne peut être qu’un faux [15]. Mais il manque à Wolf un élément essentiel, le chaînon manquant, à savoir la comparaison entre les Protocoles et le Dialogue aux Enfers de Maurice Joly – et pour cause, ce pamphlet, bien oublié, est introuvable.

Enfin, presque. Plus d’un an après la parution de l’éditorial du Times, Philip Graves, correspondant de ce journal à Constantinople, est approché par un émigré « Russe Blanc », Michel Raslovleff. Quelque peu dans la gêne, ce dernier lui communique une information sensationnelle : ayant acheté quelques ouvrages appartenant à un ancien officier de l’Okhrana, Raslovleff aurait inopinément découvert que l’un d’entre eux n’était autre que l’opuscule – annoté… – de Maurice Joly. En le feuilletant, il y aurait repéré des ressemblances frappantes avec les Protocoles, qu’il a lus en version française. Sa confrontation des deux textes n’a laissé aucune place au doute : les Protocoles sont en grande partie un décalque du Dialogue aux Enfers [16] !

Le Times retrouve un exemplaire du livre de Maurice Joly au British Museum, et cette découverte confirme les révélations de Raslovleff. Lequel vend son scoop pour une somme de 337 livres sterling. « Le Times n’est pas à £ 300 près, le rassure Philip Graves, et du moment qu’il vous les donne c’est qu’il a intérêt à le faire, sans parler du côté moral de la chose (mon journal appréciant de mettre au point lui-même une question qu’il avait traitée auparavant avec une certaine légèreté). » [17] En trois articles parus les 16, 17 et 18 août 1921, Graves, tout en conservant l’anonymat de sa source Raslovleff, expose la falsification, citant de nombreux passages du Dialogue aux Enfers en parallèles des Protocoles. Le rédacteur en chef, Wickham Steed, parraine cette démonstration par un éditorial [18]. Toutefois, Graves conclut, sans preuve ni raisonnement, que les passages du faux antisémite qui ne seraient pas recopiés du pamphlet de Joly auraient été probablement fournis à l’Okhrana par « les nombreux Juifs qu’elle employait pour espionner leurs coreligionnaires » [19], ce qui revient, au final, à prêter aux Juifs un rôle – même mineur – dans la conception des Protocoles [20]… Décidément, les préjugés antisémites persistent au sein du Times !

Les articles de Graves discréditent durablement ce vulgaire faux, œuvre d’un « plagiaire aussi négligent que cynique » [21]. Dans l’ensemble, la presse britannique enterre l’affaire, à l’exception de quelques mauvais perdants tels que le Spectator et le Morning Post, qui persistent à « s’interroger » [22]. Le scoop de Graves retentit à l’étranger, amenant même l’Action française à conclure au faux [23]. Les antisémites de tous les pays en sont réduits à prétendre que les Protocoles, quoique fabriqués, n’en révèlent pas moins le vrai (!), ou à essayer de le conforter par d’autres faux. Il n’empêche : pour dévastatrices qu’elles soient, les révélations de Graves n’effacent nullement la bévue du 8 mai 1920, laquelle avait revêtu les Protocoles d’une étoffe de respectabilité. Les nazis, bien évidemment, vont continuer à exploiter les Protocoles pour justifier les persécutions puis l’extermination des Juifs – puisque contre un maléfique complot mondial, il faut tuer ou périr. En attendant le recyclage du « document » par les gouvernements nationalistes et les fondamentalistes islamistes du Moyen-Orient. « La vérité est fille du temps », dit un vieux proverbe ; pas toujours, en l’occurrence, n’en déplaise au Times.

 

Notes :
[1] Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion. Faux et usages d’un faux, Paris, Berg-Fayard, 2004, p. 36.
[2] L’accusation visant l’Okhrana, qui a longtemps eu la préférence des historiens (voir, outre Taguieff, op. cit., Norman Cohn, Histoire d’un mythe. La « conspiration juive et les protocoles des sages de Sion, Paris, Gallimard, 1967, et coll. « Folio », 1992p, p. 82-110) et semblait avoir été confortée par les découvertes archivistiques d’un spécialiste de la littérature russe, Mikhail Lepekhine (Éric Conan, « Les secrets d’une manipulation antisémite », L’Express, 18 novembre 1999), a été critiquée par un autre historien, Michael Hagemeister selon lequel elle reposerait sur des témoignages peu fiables (« The Protocols of the Elders of Zion: Between History and Fiction », New German Critique, n°103 : Dark Powers: Conspiracies and Conspiracy Theory in History and Literature, 1998, pp. 83-95). D’après l’universitaire italien Cesare De Michelis, qui s’est livré à une analyse littéraire aussi fascinante que minutieuse des Protocoles, ceux-ci auraient été conçus en Russie au début du XXe siècle, non point par l’Okhrana mais par des partis antisémites locaux, peut-être en réaction aux tentatives du mouvement sioniste d’obtenir l’appui du Tsar pour établir des colonies juives en Palestine – voir « Les « Protocoles des sages de Sion« . Philologie et histoire », Cahiers du Monde russe, vol. 38, n°3 (juillet – septembre 1997), pp. 263-305, suivi de The Non-Existent Manuscript. A Study of the Protocols of the Sages of Zion, Lincoln, University of Nebraska Press, 2004. Difficile de trancher : la suggestion de Cesare De Michelis, quoique virtuose, nous semble tout aussi fragile que l’hypothèse dominante qu’il conteste, sachant que Michael Hagemeister admet n’avoir aucune thèse alternative à proposer.
[3] Selon l’expression, non point de Charles Maurras comme on le lit souvent, mais de Georges Lhermitte (L’Aurore, 2 septembre 1898), qui se moquait des piaillements antidreyfusards selon lesquels les faux incriminant le capitaine Dreyfus auraient été créés pour éviter d’avoir à produire des pièces authentiques mais susceptibles, par leur divulgation, de porter atteinte à la sécurité nationale ! Sur ce point, lire Philippe Oriol, L’Histoire de l’Affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, 2014, vol. II, pp. 822-825.
[4] Hypothèse suggérée par Umberto Eco, De la Littérature, Paris, Grasset, 2003, pp. 367-370, sachant que le plagiat du roman de Goedsche avait été souligné dès 1920 dans une réfutation des Protocoles par Lucien Wolf (Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, op. cit., p. 60).
[5] Cohn, Histoire d’un mythe, op. cit., pp. 119-120.
[6] « Liste des objets ayant appartenu à la Famille Impériale qui furent retrouvés à Ekaterinbourg », reproduite dans Nicolas Sokoloff, Enquête judiciaire sur l’assassinat de la Famille Impériale russe, Paris, Payot, 1924, p. 324 (item n°200). Plus précisément, les Protocoles avaient été intégralement reproduits en 1905 dans un livre de Serge Nilus, Le Grand dans le Petit, qui faisait partie des ouvrages de l’Impératrice Alexandra retrouvés dans la dernière demeure de la famille Romanov.
[7] Henri Rollin, L’Apocalypse de notre temps, Paris, Allia, 1991, pp. 36-37 (1ère édition : Gallimard, 1939) ; Cohn, Histoire d’un mythe, op. cit., pp. 122-126.
[8] Lors de la guerre civile, les belligérants – y compris certaines unités bolcheviks – commettent de nombreux massacres de la communauté juive, majoritairement en Ukraine – voir Lidia Miliakova (éd.) et Nicolas Werth (trad.), Le Livre des pogroms. Antichambre d’un génocide, Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1922, Paris, Calmann-Lévy, 2010.
[9] Voir Michael Kellogg, The Russian Roots of Nazism. White Émigrés and the Making of National Socialism, 1917–1945, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, qui détaille le rôle des émigrés « russes blancs » dans la formation de l’idéologie hitlérienne, semble-t-il non sans généralisation abusive sur l’ensemble de l’émigration russe anti-bolchévik (Oleg Budnitskii, « Review », Kritika. Explorations in Russian and Eurasian History, vol. 8, n°1, Winter 2007, pp. 190-200).
[10] Cohn, Histoire d’un mythe, op. cit., pp. 131-132.
[11] Deborah Lipstadt, « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene. Historical Artifact or Current Threat? », in Richard Allen Landes et Steven T. Katz (dir), The Paranoid Apocalypse. A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, New York, New York University Press, 2012, pp. 173-177.
[12] Andre Liebich, « The antisemitism of Henry Wickham Steed », Patterns of Prejudice, 2012, vol. 46, n°2, pp. 180-208.
[13] Winston Churchill, « Zionism versus Bolshevism. A Struggle for the Soul of the Jewish People », Illustrated Sunday Herald, 8 février 1920. Dans ce texte, Churchill prétendait séparer le bon grain de l’ivraie, plus précisément les « bons » et les « mauvais » Juifs, à savoir les Juifs « nationaux » et les Juifs « internationaux », voire les Juifs « terroristes »… Sans être un fervent antisémite, Churchill, qui a appuyé la cause sioniste et dénoncé les persécutions nazies, n’en partageait pas moins les préjugés de son temps. Voir l’article, tout de même un brin complaisant envers le « Vieux Lion », de Martin Gilbert, « Myth and Reality – What Did Churchill Really Think About the Jews? », Finest Hour 135, 2007.
[14] Jean-François Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », in Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, faux et usages d’un faux, op. cit., p. 396.
[15] Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », op. cit., pp. 397-400. Voir également Keith M. Wilson, « The Protocols of Zion and the Morning Post, 1919–1920 », Patterns of Prejudice, 1985, vol. 19, n°3, pp. 5-14 et « Hail and farewell? The reception in the British press of the first publication in English of the Protocols of Zion, 1920–22 », Immigrants & Minorities: Historical Studies in Ethnicity, Migration and Diaspora, 1992, vol. 11, n°2, pp. 171-186.
[16] Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », op. cit., pp. 404-406.
[17] Cité dans Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », op. cit., pp. 404-405.
[18] « An exposure, the source of the Protocols: truth at last », The Times, 16 août 1921.
[19] « The Protocols in Russia », The Times, 18 août 1921.
[20] Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », op. cit., p. 406.
[21] « A literary forgery », The Times, 18 août 1921.
[22] Moisan, « Les « Protocoles des Sages de Sion » en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », op. cit., p. 406 ; Wilson, « Hail and farewell? », op. cit., pp. 183-184.
[23] Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, faux et usages d’un faux, op. cit., pp. 60 et 82.

 

Voir aussi :

Hitler découvre les « Protocoles des Sages de Sion » (1920-1923)