Elie Hatem (capture d’écran YouTube, 24 mars 2019).

Elie Hatem est un avocat et un militant d’extrême droite de tendance maurassienne.

Ce descendant d’une lignée d’aristocrates libanais de confession maronite parmi lesquels Cheikh Eid Hatem, nommé gouverneur du Liban par Napoléon III en 1861, a été conseiller de l’ancien secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros-Ghali. Il a notamment défendu le mercenaire Bob Denard. Il est l’auteur de la préface d’un de ses livres L’histoire d’un homme (éditions Philippe Hugounenc).

Elie Hatem acquiert une certaine visibilité alors qu’il décide de publier sur les réseaux sociaux, en décembre 2019, quelques photos sur lesquelles il se trouve en présence du couple présidentiel. Il prétend alors qu’il aurait été invité par Emmanuel et Brigitte Macron pour s’exprimer sur la situation au Liban. Le service CheckNews de Libération a réfuté l’information sur cette éventuelle invitation par l’Élysée.

Les engagements et fréquentations de cet ancien membre du comité directeur de l’Action française (AF) renvoient directement aux mouvances d’extrême droite et conspirationniste.

En avril 2018, l’AF – qui se définit « royaliste et nationaliste depuis 1898 », défendant « l’héritage jusqu’au retour de l’héritier » – organise un rendez-vous à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de son maître à penser, Charles Maurras, afin de rendre hommage à cet « homme de l’espérance ». Elie Hatem s’y trouve en compagnie de Marion Sigaut, Yvan Benedetti, Alain Escada et Jean-Marie Le Pen.

Quelques mois plus tard, Elie Hatem est exclu de l’AF. Dans un communiqué, le mouvement maurrassien dénonce l’attitude de cet « idiot utile du système », qualifié également d’« histrion » ; des propos qui visent sa candidature sous l’étiquette Rassemblement national aux municipales en 2014 dans le 4e arrondissement de Paris.

Le communiqué revient également sur la participation d’Hatem à « un colloque haineux et raciste, où parleront des adversaires de l’Action française » visant le rassemblement publique (19 janvier 2019) « Gilets jaunes, ou la révolution qui vient ! » dans lequel Elie Hatem devait se retrouver aux côtés d’Yvan Benedetti, Jérôme Bourbon, Hervé Ryssen et Alain Soral. L’avocat annulera sa venue tout en reconnaissant qu’il avait donné son accord.

Suite à son éviction, l’Action Française se scinde en deux. Le Centre royaliste d’Action française (Craf) fait désormais face à l’Amitié et Action française, gérée par Hatem. Les deux mouvements se présentent comme les héritiers de l’Action Française sachant qu’Amitié et Action française conserve les droits d’usage sur le logo originel. Le Craf s’en désolidarise tout en prévenant que la branche dissidente fait la « promotion du Maréchal Pétain, de Robert Faurisson ou de Jean-Marie Le Pen ».

En février 2020, Elie Hatem se trouvera à la Journée d’Action Française ayant pour sujet « 120 ans qui nous donnent raison ». Il s’affiche aux côtés de Jérôme Bourbon, Alain Escada, Yvan Benedetti, Marion Sigaut et Pierre-Antoine Plaquevent.

Fin décembre 2018, l’Action Française donnera une tribune à Alain Soral en précisant que le mouvement politique « part à la rencontre des figures de premier plan dans la lutte contre l’anti-France ». Même s’il ne partage « pas toutes les analyses » du président d’Égalité & Réconciliation, il considère comme lui « le sionisme comme la maladie sénile du courant nationaliste ».

De son côté, le site soralien rend compte de diverses interventions d’Elie Hatem tout en publiant un entretien avec lui.

Égalité & Réconciliation rapporte également que dans une interview sur la chaîne télévisée Al-Arabiya [Dubaï/Arabie saoudite] le 12 février 2016, Elie Hatem déclare que la franc-maçonnerie et le sionisme « contrôlent la presse et le gouvernement en France » tout en précisant que c’est « une forme de dictature. »

Un temps conseiller de l’ancien président du FN, Elie Hatem revendique sa proximité avec lui (ici ou ). Il se trouve d’ailleurs en compagnie de Jean-Marie Le Pen à plusieurs reprises, notamment pour une conférence (19 mars 2016) où Hatem intervient sur le thème de « La guerre, l’immigration et le terrorisme en Europe ». On l’aperçoit, une nouvelle fois, en compagnie de Marion Sigaut et d’Alain Escada. S’y ajoutent Pierre Hillard et  Claire Séverac.

Hatem peut aussi s’exprimer lors d’un « apéro-débat » pour la branche jeunesse du parti de Jean-Marie Le Pen, le FNJ Île-de-France.

Le journaliste Vincent Nouzille rapporte dans Le Figaro que cet ami de la famille Le Pen depuis toujours a été en contact régulier avec l’équipe de campagne du Front national. Il a servi de guide à Jean-Marie Le Pen pour un voyage au Liban en 2002 et a facilité le voyage au Liban en février 2017 de Marine Le Pen – qu’il connait depuis l’université.

Proche du mouvement catholique d’extrême droite Civitas, Élie Hatem intervient à plusieurs reprises pour cette organisation, se présentant sous son étiquette dans la 7e circonscription du Var pour les élections législatives de juin 2017. La liste est soutenue par Jean-Marie Le Pen, les Comités Jeanne et le Parti de la France de Carl Lang.

En février 2019, l’université Paris 13 met fin à ses cours de droit qu’il dispensait au sein de l’établissement d’enseignement supérieur.

L’avocat libanais fait partie des nombreux signataires de la pétition « Liberté pour Hervé Ryssen ! » lancée en septembre 2020.

Elie Hatem est également l’avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahir, ex-dirigeants de l’association islamiste pro-Hezbollah « Centre Zahra France » dissoute en mars 2019, et pour lesquels le parquet de Dunkerque a requis le 27 novembre 2020 des peines d’emprisonnement ferme. Selon Hatem, ce dossier serait politisé du fait du « lobby sioniste ».

Il est un des signataires de la pétition « Liberté Pour Ryssen », présentée comme un « appel à tous les défenseurs de la liberté d’expression ».

 

Il A ÉCRIT :

« La dernière réunion de la Ligue arabe tenue en Egypte démontre davantage la mainmise américano-sioniste sur le “monde arabe” qui a été victime d’une vague de déstabilisation organisée et mise en scène par une armada de services secrets, appelée par les médias “printemps arabe” […]. Ensuite et dans la série de destruction des institutions étatiques, ce fut le tour de la Libye qui a résisté au projet de déstabilisation par l’intérieur. Il a donc été décidé de détruire ce pays par une action de l’extérieur, à l’instar de l’Irak. Sur ordre de l’OTAN téléguidé par les Etats-Unis et le lobby sioniste, Nicolas Sarkozy a réalisé cette tâche, encouragé par Bernard Henri Lévy qui a participé à la réalisation de ce projet politique également en Egypte et en Syrie, en coopération avec le soft-power des services secrets américano-israéliens dont George Soros est l’une des figures emblématiques. […] L’objectif des Israéliens et de l’Administration américaine qui est sous l’influence du lobby sioniste en matière de politique étrangère est d’affaiblir les pays arabes et de les ruiner, y compris l’Arabie saoudite, comme l’avait souligné le Président Donald Trump lors de sa campagne électorale en en comparant ce pays à “une vache laitière” et en affirmant que “nous allons l’abattre quand son lait s’épuisera” ou encore la comparant à une épouse laide mais riche… ».

Source : « La mainmise américano-sioniste sur le « monde arabe », Jeune Nation, 24 novembre 2017.

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(Dernière mise à jour le 14/01/2021)