MUNICIPALES. Vendredi 7 février, la Licra a demandé à la candidate LREM aux municipales à Grenoble, Emilie Chalas, « une clarification urgente » concernant la présence sur sa liste d'une fonctionnaire de 44 ans, Louisa Ben Fakir, accusée d'antisémitisme à l'encontre du candidat socialiste Jérôme Safar aux élections municipales de 2014. Dans des messages privés datant de cette époque, elle avait appelé à ne pas voter pour ce dernier au prétexte qu'il serait « haram », c'est-à-dire interdit par la religion musulmane. Parmi les messages incriminés figurent celui-ci (propos reproduits tels quels) : « LE MOT ET DEJAS PASSER DANS LA MOSQUE DE KAWTHAR [une mosquée qui a fermé six mois en 2019 pour cause de radicalité - NDLR]. FAITENT DE MEME DANS TOUTES LES MOSQUES C'EST HARAM DE VOTEZ POUR SAFAR QUI ENVOI 20/100 DE SON ARGENS EN ISRAEL » (sources : France Bleue, 7 février 2020 ; Times of Israël, 9 février 2020). Après avoir fait savoir qu'elle porterait plainte pour diffamation contre tous ceux qui prétendront qu'elle a tenu des propos à caractère antisémite et « que cette fausse rumeur constitue une manœuvre et un coup bas visant à déstabiliser la candidature d'Emilie Chalas », Louisa Ben Fakir a annoncé dans la journée de vendredi qu'elle se mettait en retrait de la campagne électorale afin de « ne pas porter préjudice à la liste » LREM. Les propos qui sont reprochés à Louisa Ben Fakir ont été tenus sous le pseudonyme « Canette Caille », à partir du compte Facebook Lulu3875. D'après des captures d'écran rendues publiques par la Licra, ce compte a relayé, de 2015 à 2018, plusieurs contenus à caractère complotiste au sujet de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo (janvier 2015) ou de l'attentat de Strasbourg (décembre 2018). Parmi les pages Facebook de ce compte ayant reçu une mention « J'aime », on trouve aussi bien des pages liées à la campagne d'Emilie Chalas que des pages pro-Gilets jaunes (François Boulo, Jérôme Rodrigues, Gilets jaunes constituants, etc.) et des pages de comptes influents de la complosphère (Dieudonné Officiel, Vincent Lapierre, Etienne Chouard, François Asselineau, UPR, Al-Nas, Islam & Info, Ce que vous cachent les médias, etc.) :
ARMES CHIMIQUES. Dans son rapport final, la Mission d'établissement des faits (MEF) de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait déclaré qu'il y avait des motifs raisonnables de penser que le 7 avril 2018, du gaz chloré avait été utilisé lors d'une attaque sur la ville syrienne de Douma. Malgré ces conclusions, des affirmations selon lesquelles l'attaque en question a été mise en scène continuent de se propager. C'est notamment le narratif des gouvernements russe et syrien, pour lesquels il n'y a pas eu d'attaque chimique du tout. Le troisième et dernier volet de l'enquête consacrée aux fuites de l'enquête de l'OIAC est à retrouver sur le site Bellingcat en français (source : Bellingcat, 1er février 2020).











