Des gros titres aux petites infos passées inaperçues : ce qu’il fallait retenir de l’actualité des derniers jours en matière de conspirationnisme et de négationnisme (semaine du 02/09/2019 au 08/09/2019).

FNAC. 11 septembre 2001, immigration, chambres à gaz, juifs, « État profond »… les algorithmes du site de la FNAC ont tendance à favoriser l’achat de contenus toxiques concernant un certain nombre de sujets. C’est ce que démontre Stop Hate Money – un projet visant à asphyxier le financement de la haine en ligne – dans un thread où l’on voit comment des ouvrages complotistes constituent les premières réponses proposées lors de requêtes effectuées sur le site du magasin :

YANN MOIX. Provocants et violents, les écrits et les dessins antisémites de l’écrivain Yann Moix s’inscrivent dans le courant « post-négationniste » apparu à la fin des années 1980 : c’est ce qu’explique la directrice adjointe de l’Observatoire du conspirationnisme, Valérie Igounet, dans une tribune au Monde. Après avoir nié être l’auteur des textes paru dans « Ushoahia », Moix a déclaré en assumer la responsabilité tout en rapportant cet épisode à une sorte d’erreur de jeunesse. « Pourquoi avoir, depuis lors, continué de cheminer aux côtés de compagnons de route du négationnisme ? », interroge l’historienne (source : Conspiracy Watch, 4 septembre 2019).

SPÉCIALE CONSPI. Le 11 septembre 2019, le journaliste Martin Weill sera en prime sur TMC pour une émission spéciale sur les conspirationnistes, avec trois reportages annoncés : l’un porte sur les platistes, ces millions de personnes qui pensent que la Terre est plate ; le second sur les Suidlanders en Afrique du sud, une communauté de survivalistes convaincus qu’un génocide des Blancs est en cours ; le troisième porte sur la tuerie de Sandy Hooks (2012) qui, d’après les complotistes, ne serait qu’une mise en scène…

HISTOIRE. Il y a 64 ans, les 6 et 7 septembre 1955, une émeute meurtrière dont la minorité grecque fut la principale victime se déroula dans les rues d’Istanbul par suite de la diffusion d’une fake news : une bombe aurait explosé dans la maison d’Atatürk. La fausse information fut imprimée à la une du Istanbul Express Newspaper qui tira, en cette occasion, à 290 000 exemplaires au lieu des 20 000 habituels. Le « pogrom d’Istanbul » fit une quinzaine de morts, une trentaine de blessés et causa de multiples destructions matérielles (source : bianet.org, 6 septembre 2019).

TARIQ RAMADAN. Le 6 septembre 2019, Tariq Ramadan était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV. L’islamologue mis en examen pour viols ayant affirmé qu’il n’avait jamais parlé d’un « complot » à son encontre mais qu’il était victime d’un « traquenard », il n’est pas inutile de rappeler qu’il avait relayé des accusations présentant les plaintes dont il faisait l’objet comme étant orchestrées par… le « sionisme international » (Le Parisien, 30 octobre 2017).

Rapprochant son cas personnel de celui du capitaine Dreyfus, Tariq Ramadan a déclaré : « Sans tomber dans la caricature, n’existe-t-il vraiment aucune similitude entre l’“affaire Dreyfus” et l’“affaire Ramadan” ? (…) Nul ne peut ignorer le racisme antimusulman qui s’est installé dans le pays, quotidiennement nourri par des politiques et des journalistes. […] Si la France, pour son malheur, n’enfante plus de Zola, elle semble reproduire des Dreyfus, hier juifs, aujourd’hui musulmans. » L’islamologue reprend ici une analogie agitée par ses partisans depuis février 2018. Or, comme nous le notions il y a plus d’un an et demi sur Conspiracy Watch, ces deux situations sont extrêmement différentes, Alfred Dreyfus ayant été condamné, non pour viols, mais pour haute trahison, dans un climat d’antisémitisme virulent et sur la base d’un dossier composé de faux documents fabriqués sur ordre de sa propre hiérarchie.

« QG ». Maxime Nicolle, figure du mouvement des Gilets jaunes, vient de rejoindre le QG, la web-télé lancée il y a quelques semaines par Aude Lancelin, ex-directrice adjointe de L’Obs et ancienne directrice du Média. À plusieurs reprises, celui qui se fait aussi appeler « Fly Rider » s’est illustré par des propos marqués au coin du complotisme le plus débridé, laissant entendre, par exemple, au sujet des attentats de Nice (14 juillet 2016) et de Strasbourg (11 décembre 2018), qu’il s’agissait de manipulations. Un thread de Conspiracy Watch à lire ou relire.