BESOIN D'UNICITÉ (ÉTUDE). Professeur de psychologie sociale à l'Université Gutenberg de Mayence (Allemagne), Roland Imhoff a cherché à mieux cerner le profil psychologique des amateurs de théories du complot. Dans un article publié sur Vice.com, le chercheur rappelle que l'un des constats les plus solides de la recherche sur le conspirationnisme est l'existence d'un point commun entre ceux qui adhèrent à ces idées : « Les personnes qui croient aux reptiliens sont plus à même de douter que Lee Harvey Oswald a agi seul. Quant à ceux qui pensent qu'Oussama ben Laden était déjà mort lorsque les forces spéciales de la marine américaine l'ont « neutralisé », ils sont plus susceptibles de croire que ben Laden est encore en vie ». L'étude qu'il a menée, en inventant une théorie du complot de toutes pièces, a permis de montrer que ces derniers étaient animés d'un besoin de se sentir unique, un besoin de gratification personnelle : « vous avez l'impression de détenir des informations exclusives, et donc d'être différent des autres » (source : Vice.com, 27 avril 2018).
MINORITÉ ACTIVE (ÉTUDE). Professeur de philosophie à l'Université nationale d'Australie, Colin Klein s'est penché sur le profil de 130.000 utilisateurs de « r/conspiracy », un forum dédié aux conspirations sur le réseau social Reddit. Le groupe de chercheurs sous sa direction a analysé quelque 2,25 millions de commentaires, classant les utilisateurs en fonction de leur champ d'intérêt. Les conclusions de cette vaste enquête, publiées sur le site Frontiers in Psychology, montrent notamment que les « illuminés » constitue un groupe minoritaire (5% des utilisateurs) relativement isolé mais très actif (64% des commentaires). La majorité des utilisateurs ont un rapport moins obsessif aux thèses complotistes, constat qui contredit la représentation d'un conspirationnisme soluble dans la paranoïa. Le rapport de la majorité des utilisateurs aux croyances conspirationnistes se révèle très libre. « Avant Internet, on devait probablement faire un plus d'efforts et être plus mobilisé pour être conspirationniste, explique Klein. […] Maintenant, la barrière d'entrée dans ce monde est beaucoup plus basse » (source : Radio-Canada, 28 avril 2018).











