
Nicolas Sarkozy est-il victime d'une « instrumentalisation politique de la justice » ? C'est ce que l'ancien président de la République a affirmé le 2 juillet dernier, après avoir été placé en garde à vue pendant 15 heures puis mis en examen pour trafic d'influence, corruption active et recel de violation du secret professionnel.
Au cours de l'interview qu'il a accordée à TF1 et Europe 1, l'ancien chef de l'Etat a laissé entendre que ses tracas judiciaires n'ont pour autre origine que la volonté d'une poignée de juges militants (« militants » car membres, pour certains, du Syndicat de la Magistrature) de le terrasser politiquement, le tout avec la complicité, sinon active du moins tacite, de l'actuel gouvernement et de l'Elysée.
On ne peut sérieusement démentir Nicolas Sarkozy s'agissant de l'hostilité que lui voue le Syndicat de la Magistrature, une organisation qui a appelé publiquement à voter contre lui en 2007 puis en 2012 et qui s'était retrouvée l'année dernière mise en cause dans l'affaire du « mur des cons ». Pour autant, même en admettant que certains juges mettraient un zèle tout particulier à lui chercher des poux dans la tête (le non-lieu dont il a fait l'objet dans l'affaire Bettencourt pouvant accréditer l'idée que tout ce qui lui est reproché n'est pas forcément fondé), on voit difficilement, au regard de la multiplicité des enquêtes dans lesquelles son nom est cité, comment tous les soupçons qui pèsent sur l'ancien chef de l'Etat pourraient n'être qu'inventions de juges dont tous ne sont pas, tant s'en faut, membres du Syndicat de la Magistrature.











