TRUMP, PAPE ET JEDI. Le 3 mai, la Maison Blanche publie sur X une image générée par IA montrant Donald Trump en pape, quelques jours avant le conclave du 7 mai. L'ancien président, qui avait déclaré qu'il « aimerait être pape », relaye lui-même ce montage sur son compte personnel, incarnant une imbrication croissante du religieux et du politique. Une dérive symbolique critiquée au regard du premier amendement américain qui « protège la liberté de religion ». Interrogé sur Fox News, Trump balaie la polémique : « Vous voulez dire qu'ils ne supportent pas les blagues ? […] Les catholiques ont adoré. C'était peut-être dû à l'IA. » En parallèle, des rumeurs de complot relayées par des titres de presse italiens suggèrent qu'Emmanuel Macron chercherait, via la communauté Sant'Egidio, à influencer l'élection du futur pape. Le 4 mai, « Journée Star Wars », Trump publie une nouvelle image IA, cette fois en Jedi [archive], assortie d'un message ciblant les démocrates : « Vous n'êtes pas la Rébellion, vous êtes l'Empire. » Comme le résume une journaliste de France Inter : « De fausses images, un faux Jedi avec un laser de la mauvaise couleur, quelle importance ? Ce qui compte, ce sont les signaux. […] On est dans un régime qui dépasse le fact-checking. » Un complotisme du clin d'oeil en quelque sortes (sources : Renaud Pila/X, 3 mai 2025 ; Jérôme Godefroy/X, 3 mai 2025 ; AFP, 5 mai 2025 ; The White House/X, 3 mai 2025 ; Huffington Post, 4 mai 2025 ; Aaron Rupar/X, 5 mai 2025 ; France Inter, 6 mai ; Le Monde, 1er mai 2025).
CONCLAVE. Le 8 mai, le cardinal Robert Francis Prevost est devenu le nouveau et premier pape originaire des États-Unis de l'histoire. Si Donald Trump a rapidement félicité Léon XIV après son élection, le professeur d'histoire contemporaine à l'université de Bordeaux et spécialiste de l'histoire du catholicisme Charles Mercier prédit « des relations qui seront sans doute conflictuelles » entre les deux hommes et ses proches, et notamment son vice-président J.D. Vance. Une tension qui est à envisager à l'aune des dynamiques de pouvoirs qui traversent l'Église américaine. « Il existe une offensive de l'aile américaine conservatrice, portée par le vice-président, pour tenter de réorienter le catholicisme. (Une offensive) post-libérale, nationaliste, populiste » cernée par les cardinaux électeurs poursuit l'historien. En tout cas, les premières réactions de la complosphère ne se sont pas fait attendre. Mike Borowski voit, lui, « un pape niveau World Economic Forum spécial Schwab » [archive].











