Confirmant que la vidéo que nous avons réalisée a atteint son but, ces tentatives de censure illustrent aussi à quel point la défense de la liberté d’expression, invoquée avec constance par les négationnistes et leurs thuriféraires, relève pour l’essentiel de la posture rhétorique.

Avec le soutien de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), l’Observatoire du conspirationnisme a lancé vendredi 26 janvier 2018 la première vidéo d’une série destinée à déconstruire les discours complotistes et haineux sur internet.

Intitulée « Qu’est-ce que le négationnisme ? », cette vidéo a été publiée sur les comptes YouTube  et Facebook de Conspiracy Watch. Dès le lendemain, samedi 27 janvier 2018, Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, cette vidéo ayant précisément pour objet d’expliquer ce que fut l’extermination des Juifs par les nazis et en quoi consiste le discours de ceux qui nient la réalité de ce crime – et qui, faut-il le préciser, ne contrevient à aucune des règles édictées par YouTube – a été suspendue de la plateforme de vidéos en ligne.

En lieu et place de notre vidéo, un message indique que « la communauté YouTube a jugé le contenu suivant inapproprié ou choquant pour certains publics ».

Renseignements pris, la vidéo a été rendue inaccessible à la suite d’un nombre très important de signalements provenant, selon toute vraisemblance, de ceux qui se sentent le plus directement visés par son contenu. Ainsi, dans les commentaires de l’article que lui a consacré le site d’Alain Soral, Egalité & Réconciliation, on lit :

« J’ai signalé ces vidéos comme incitant à la haine etc… Après tout, j’utilise les outils du système contre lui-même. Même si mon signalement sera ignoré, c’est un principe. »

Ou encore :

« Perso je suis passé sur toutes les vidéos (d’où mes nausées) et j’ai “signalé”, pour incitation à la haine et au terrorisme… Oui je suis un ignoble délateur… Je culpabilise… […] “Ils” ont l’argent, “ils” ont les médias. […] Mais “nous” sommes plus nombreux ! »

 

Ces tentatives de censurer un contenu dévoilant la méthode négationniste nous renseignent à plusieurs titres. Confirmant que la vidéo que nous avons réalisée a atteint son but, elles illustrent aussi à quel point la défense de la liberté d’expression, invoquée avec constance par les négationnistes et leurs thuriféraires, relève pour l’essentiel de la posture rhétorique. CQFD.

Surtout, elles montrent que le rapport de forces entre les négationnistes et ceux qui leur résistent est très clairement, sur internet, à l’avantage des premiers. Tandis que YouTube s’est vue à maintes reprises reproché son attentisme face à la prolifération de contenus haineux sur sa plateforme, des partisans des thèses négationnistes parviennent à faire suspendre en quelques heures une vidéo à finalité pédagogique nourrie aux sources historiques les plus fiables.

Conspiracy Watch travaille à rendre de nouveau accessible dans les meilleurs délais la vidéo « Qu’est-ce que le négationnisme ? » sur YouTube.