Cinq ans après le mot "conspirationniste", "complotiste" fait son entrée dans l’édition 2017 du Petit Larousse qui en donne cette définition :

« se dit de quelqu’un qui récuse la version communément admise d’un événement et cherche à démontrer que celui-ci résulte d’un complot fomenté par une minorité active ».

Une définition qui prête le flanc à au moins une critique dans la mesure où elle néglige une dimension tout à fait essentielle du discours complotiste : son caractère abusif. On peut en effet récuser la version communément admise d’un événement et chercher à démontrer qu’il résulte d’un complot sans pour autant pouvoir être à bon droit qualifié de complotiste. Il suffit pour cela d’apporter la preuve de l’existence du complot qu’on dénonce. Ce à quoi échoue, par définition, le complotiste.

Il y a probablement autant de définitions des mots "complotisme" et "conspirationnisme" que d’auteurs ayant écrit sur le sujet. Celle que propose Conspiracy Watch est la suivante :

« tendance à attribuer abusivement l’origine d’un événement historique ou d’un fait social à un inavouable complot dont les auteurs présumés – ou ceux à qui il est réputé profiter – conspireraient, dans leur intérêt, à tenir cachée la vérité. On peut ainsi définir une théorie du complot comme un récit "alternatif" qui prétend bouleverser de manière significative la connaissance que nous avons d’un événement et donc concurrencer la "version" qui en est communément acceptée, stigmatisée comme "officielle". »