Le discours conspirationniste n’est pas un discours archaïque, une survivance du passé ou de la pensée sauvage, mais bien au contraire une forme de discours politique qui repose sur la volonté de politiser un certain nombre de questions.

Il nous paraît essentiel de « repolitiser » analytiquement le discours conspirationniste, en tant qu’acte de langage porté par des acteurs particuliers poursuivant des objectifs politiques. Plutôt que de penser le conspirationnisme comme relevant du merveilleux traditionnel, plutôt que de le psychiatriser ou de l’appréhender comme une survivance de l’irrationnel dans notre modernité, il convient plutôt d’étudier l’usage qui en est fait pour politiser un certain nombre de sujets. Et par « politiser », on entendra ici requalifier publiquement des informations factuelles relatives à des événements donnés, pour en faire des enjeux à la signification discutée et interpeller la population et les acteurs politiques à leur sujet.

On constate alors que le discours conspirationniste est utilisé comme une ressource et comme un coup politique par des entrepreneurs de politisation. Recourir à une rhétorique conspirationniste est pour eux une manière jugée efficace de participer au jeu politique légitime. Car le discours conspirationniste possède une visée performative : en diffusant la thèse du complot, il entend la faire triompher dans les esprits, peser sur l’agenda politique, imposer les connaissances alternatives sur lesquelles il repose, et rendre la réalité politique conforme à cette vision du monde.

UN OUTIL DE MOBILISATION

La politisation conspirationniste entend maintenir ouverts des événements, des questions ou des controverses considérées comme closes dans d’autres champs. Il s’agit de contester cette clôture, comme la légitimité de ceux qui ont fait profession de la clore, car, justement, cela participe en soi de la dissimulation qui est à l’oeuvre et qu’il faut dénoncer. L’effet central recherché restant de mettre l’hypothèse conspirationniste au service de l’action politique, pour contrer la fermeture dont ces enjeux feraient l’objet. Ainsi, ce n’est pas parce que la parole complotiste paraît fantaisiste dans les champs spécialisés qu’elle ne produit pas d’effets sociaux. La prise en compte du conspirationnisme, comme ailleurs des rumeurs ou des représentations profanes du monde social, implique donc de les considérer comme possédant une rationalité propre. Il faut également ne pas les considérer comme des formes irrationnelles de prise de parole qui affronteraient l’idéal de l’échange démocratique dans l’espace public. Au contraire, du point de vue de ceux qui diffusent des propos complotistes, cet espace public a été dévoyé, notamment par les médias et les partis au pouvoir, et ne joue plus son rôle d’informateur. À cet égard, le conspirationnisme s’inscrit dans la filiation habermassienne de l’exercice public de la critique, mais d’une critique devenue hypercritique, devenue doute et soupçon systématiques, et devenue refus permanent de la pensée admise. Philippe Corcuff peut écrire à ce propos que le « goût du caché a pour effet la délégitimation a priori du visible, du public, de l’officiel et de l’opinion commune » (1).

La politisation conspirationniste vise à fabriquer du dissensus pour diffuser son message et pour faire triompher ses vues. Elle sert d’une part à opérer des classifications et des désignations. Par exemple entre « marginaux » conspirationnistes et « établis » conjurés, profanes et initiés, dénonciateurs et falsificateurs, au sein du champ politique, pour reprendre notamment des catégories forgées par Norbert Elias (2). La réactivation permanente du discours conspirationniste sert en outre à intégrer toujours davantage le groupe qui en est porteur. Les tenants du complotisme apparaissant, et se considérant, comme des acteurs faibles du jeu politique, l’usage de la rhétorique du complot leur permet de se compter, de s’autonomiser et de se penser, jusqu’à l’autarcie, comme les détenteurs d’une vérité refusée.

D’autre part, le complotisme obéit à une économie politique particulière des échanges d’informations dans l’espace public, en ce sens qu’il postule l’existence d’un hiatus entre l’information éclairée qu’il possède et l’information « officielle » qu’il rejette comme participant du complot. Il entend donc proposer sa propre vision des événements, dans un système médiatique où d’autres visions circulent et prévalent. Cette vision ne doit rien au hasard et manifeste fidèlement des orientations politiques précises. Dès lors, la prise en compte du conspirationnisme a un intérêt pour comprendre comment se construit et s’exprime le positionnement politique des tenants des théories du complot. Il ne faut donc pas s’arrêter sur le seul conspirationnisme comme objet, mais le penser autant comme un message que comme un médium destiné à la lutte politique. La politisation ciblée d’enjeux considérés comme relevant d’une conspiration est un mode d’accès au débat politique, un élément du répertoire d’action de divers groupes, au service de combats politiques identifiables. Par exemple, dans le cas de la « rumeur d’Abbeville », Damien Framery montre que les récriminations des Picards contre Paris sont « formalisées dans la constitution d’une identité picarde abondamment favorisée et instrumentalisée dans les discours des élus locaux », qui ont profité du débordement de la Somme pour asseoir leur position politique, et légitimer, pour la gestion de l’eau, un syndicat mixte chapeauté par le Conseil général, qui s’est finalement substitué aux services de l’État jugés défaillants (3).

ACTEURS ET DISCOURS DE LA POLITISATION CONSPIRATIONNISTE

Ce qu’il est important de saisir dans l’établissement d’un profil sociologique des entrepreneurs de la politisation conspirationniste, c’est que même si en apparence il est éclaté, tous se rejoignent dans la dénonciation du « système » ou des « élites » politiques et de leurs mensonges, et beaucoup partagent les mêmes réseaux. En effet, ce n’est pas une série de « petits complots » de nature variée qui est dénoncée, mais bien un même mégacomplot qui prend des formes différentes que les initiés repèrent et attaquent. D’où, chez un même conspirationniste, la présence de dénonciations d’éléments aussi hétérogènes que les mensonges du gouvernement sur l’assassinat d’une figure politique (typiquement John F. Kennedy), l’envoi d’astronautes sur la Lune, la campagne de vaccination contre le H1N1, ou la version officielle des attentats du 11-Septembre (4). Ces entrepreneurs ont également en commun d’être le plus s
ouvent dominés ou clairement illégitimes, à l’intérieur du champ où s’énonce leur parole d’opposition. Le conspirationnisme fleurit aux extrêmes, ou à tout le moins chez ceux qui subissent et utilisent une position dominée pour porter une parole subversive. Constatant un phénomène identique, dans le cas des peurs de la technologie, où sympathisants de l’extrême gauche et de l’extrême droite ont une perception quasi identique du risque, Daniel Boy écrit que « les idéologies ou les attitudes politiques constituent bien des systèmes d’interprétation du monde au sein desquels les problèmes générés par le développement scientifique et technique trouvent normalement leur place » (5). Enfin, la vérité autoproclamée des conspirationnistes se situe souvent à un haut degré de généralité, qui lui permet d’attaquer de front des ennemis hauts placés — agences, gouvernements, et États —, tout en se rendant difficilement réfutable.

Le cas de la dénonciation du vaccin contre le virus H1N1 demeure à cet égard éclairant. Reconduisant les théories relatives à des expérimentations ou des manipulations mentales d’origine étatiques à l’échelle de toute une population non consentante (6), ce conspirationnisme affirme non seulement que le vaccin ou ses adjuvants seraient dangereux, mais encore il contiendrait, selon les versions, une puce électronique destinée à surveiller tout le monde (biométrie généralisée), ou même, on l’a vu, un poison conduisant à un génocide programmé.

Tout dans le propos suggère que l’on est en présence de motifs du conspirationnisme politique à la fois propres à la seconde moitié du xxe siècle — peur de la nouveauté (7), défiance à l’égard d’autorités déjà prises en flagrant délit de mensonges autour de risques technologiques ou de catastrophes, comme lors de l’accident de Tchernobyl (8) —, et plus anciens (9).

Mais contrairement à ce qui peut se passer avec la circulation de rumeurs sans source première, le discours conspirationniste procède d’entrepreneurs de politisation tout à fait identifiables. Les enquêtes journalistiques menées sur la dénonciation du vaccin H1N1 (10) remontent toutes à une poignée d’acteurs qui ont fait le choix, bien avant le lancement de la campagne de vaccination, d’utiliser une rhétorique conspirationniste dans diverses interventions publiques et dans un corpus livresque alternatif publié dans des maisons d’édition confidentielles (11), afin de dénoncer le principe même de toute vaccination et les mensonges médicaux de l’industrie pharmaceutique (12). Ces acteurs sont systématiquement, de par leur position, les moins autorisés et les moins crédibles pour s’exprimer sur ces sujets : psychothérapeute dénonçant les médicaments allopathiques, diplômé de médecine interdit d’exercice, individus s’affirmant traqués par les extra-terrestres ou poursuivis par les Illuminati (13), ou encore essayistes. Pour reprendre l’expression de Francis Chateauraynaud et Didier Torny, ces entrepreneurs de politisation sont des « lanceurs d’alerte » sanitaire (14), n’appartenant pas à des instances spécialisées, et qui ont la particularité de s’auto-mandater pour mettre fin au risque dénoncé. Mais la généralité et le haut degré d’intentionnalité de leur dénonciation empêchent d’une part qu’une quelconque controverse scientifique puisse naître, et d’autre part qu’un groupe de victimes clairement identifiées émerge, car potentiellement c’est l’humanité entière qui est concernée.

Surtout, le positionnement de certains acteurs témoigne de l’existence de passerelles au sein des réseaux conspirationnistes, et indique la proximité idéologique des dénonciations, qu’elles visent les vaccins ou les attentats du 11 septembre 2001. Dans un même mouvement, ils peuvent dénoncer l’implication du Mossad dans l’effondrement des deux tours du World Trade Center ou dans les attentats de Madrid en 2004, les plans de vaccination, les « coups tordus » du pouvoir, et se retrouver, dans un cas particulier (15), sur la liste du parti antisioniste de Dieudonné aux élections européennes de 2009. Car derrière l’hostilité au vaccin contre la grippe A, les habits neufs du complot juif ne sont jamais loin. Et il demeure un motif central du conspirationnisme.

En effet, dans le cas des théories conspirationnistes attachées aux attentats du 11-Septembre, si beaucoup d’entre elles ont désormais infusé largement au-delà des cercles « d’initiés », leur origine est à chercher au sein de groupes politiques précis possédant des ambitions politiques précises (et qui peuvent se targuer là d’un certain succès). En France, la théorie du complot est un discours qui a été utilisé historiquement à l’extrême gauche et à l’extrême droite pour dépeindre un establishment corrompu et faible qu’il fallait abattre. Aujourd’hui, ce discours est porté par des acteurs qui entendent imposer sur la scène nationale, en particulier auprès d’un électorat populaire issu de l’immigration, des enjeux politiques initialement plus lointains (antiimpérialisme, antisionisme et pro-islamisme, parfois sous le biais d’un antiracisme de gauche) (16), pour se construire un capital politique (17). Ces deux extrêmes pouvant du reste connaître des liens idéologiques, comme en témoigne la trajectoire politique d’un Dieudonné (18) passé d’une gauche engagée contre le Front national, à son ralliement, désormais, au nom d’un antisionisme radical soupçonnable d’être le faux-nez d’un nouvel antisémitisme (19). Auprès de groupes sociaux pour lesquels la référence ouvrière ne fait plus sens, et à côté de revendications matérialistes, la politisation conspirationniste apparaît comme un moyen de recréer un conflit de grande échelle (20), et de faire fonctionner une grille de lecture du monde social, où les « victimes » le sont d’abord du gouvernement invisible.

Très concrètement, l’une des modalités discursives utilisées par quelqu’un comme Dieudonné consiste à présenter, de manière allusive, plusieurs institutions (Conseil représentatif des institutions juives de France, Union des étudiants juifs de France) et personnalités juives (21) comme étant les représentantes officieuses d’un pouvoir plus puissant qui ne dirait pas son nom — par exemple un État, Israël, ou un « lobby » —, et pèserait secrètement sur le gouvernement français. Chaque décision de politique étrangère jugée favorable à Israël, toute dénonciation d’un réveil de l’antisémitisme sur le territoire national, et toute condamnation de ses manifestations, sont présentées par lui comme le signe que médias et politiques sont sous l’influence de cette puissance qui leur dicte ces positionnements regardés comme aberrants. Non seulement ces discours accusent un ennemi et activent un clivage marqué, mais encore jouent-ils de la demande de révélation qui fonctionne en fait comme la révélation elle-même, laissant à chacun le soin de recourir à son imaginaire politique pour répondre au
x questions faussement rhétoriques assénées. Ainsi, en 2003, Dieudonné s’interrogerait : « J’aimerais bien savoir qui est derrière l’UEJF, il faudrait regarder son financement » (22). Plus explicite, deux ans après, il dénonce « la soumission totale des dirigeants et responsables français à la volonté du CRIF » (AFP/Reuters, 2005), « qui convoque chaque année nos dirigeants pour leur communiquer leur feuille de route » (23). Ailleurs, c’est « Israël qui a financé l’apartheid [en Afrique du Sud] et ses projets de solution finale » (24). Enfin, sur scène, il raille Colin Powell, qui a « inventé le 11-Septembre » (25). Au sein de groupes sociaux où les agents mobilisateurs ont été parfois politisés essentiellement via la défense de la cause palestinienne (26), la dénonciation d’un complot « sioniste », fomenté par une cinquième colonne formée des juifs de France, peut avoir un écho considérable, en proposant une explication simple de la situation proche-orientale et de la souffrance quotidienne en France. Prospérant sur un terrain laissé désert par les partis politiques ou l’État, la politisation conspirationniste alimente la croyance en un pouvoir caché, nouvel ennemi, métamorphose ses propagateurs en héros qui méritent un soutien électoral, et retourne le stigmate de ceux qui donnent leur voix de victimes en guerriers chargés de reconquérir un libre-arbitre subtilisé. Du point de vue analytique, la politisation conspirationniste témoigne du fait que certains acteurs n’appartenant pas au champ de la politique institutionnelle (27) demeurent capables d’activer des perceptions agonistiques de l’univers social et politique, qui vont structurer un rapport à l’activité politique essentiellement sous l’aspect du conflit entre « petits » et « gros », dépossédés et possédants, initiés et conjurés. On est alors en présence d’un cas intéressant de production de positions politiques à partir d’éléments imaginaires. C’est par ce biais qu’on peut parler désormais d’une introduction du conspirationnisme dans le champ politique.

Le discours conspirationniste entend donc se positionner dans de grands clivages politiques, et surtout dans des rapports de force qu’il dénonce comme inégaux, parce qu’une partie des acteurs y seraient dissimulés dans l’ombre. Dominé dans un univers politique perçu comme univoque, le conspirationnisme apparaît essentiellement comme un énoncé relevant d’une topique de la dénonciation, au service d’une prise de position politique. Sa rhétorique vise autant à prouver l’existence du complot qu’à agir politiquement comme s’il existait. Sa perspective n’est pas seulement de prouver que le lieu du pouvoir est vide, mais à l’inverse de dire qu’il est occupé par des imposteurs, mal élus, ou élus par des citoyens préalablement lobotomisés, et qu’il faut hâter leur remplacement, au besoin par la force. Les théories du complot sont donc moins les marques d’une crise de la rationalité de l’espace public démocratique, que de son utilisation sous une forme narrative particulière par des acteurs politiques qui s’en jugent les nouveaux parias.

Notes :
(1) Philippe Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », Calle Luna, avril 2005.
(2) Norbert Elias & Francine Muel-Dreyfus, « Remarques sur le commérage », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 60, novembre 1985, pp. 23-29.
(3) Daniel Framery, « Les inondations de la Somme en 2001 : enjeux de pouvoirs dans un contexte de décentralisation », Hérodote, n° 110, 3e trimestre 2003.
(4) Le cas de l’ancien astrophysicien du CNRS, Jean-Pierre Petit, est à cet égard éclairant : www.jp-petit.org
(5) Daniel Boy, Pourquoi avons-nous peur de la technologie ?, Paris, Presses de Sciences Po, 2007, p. 74.
(6) Véronique Campion-Vincent rappelle les dénonciations historiques du lavage de cerveau, via des drogues, ou le développement d’armes secrètes testées dans l’atmosphère, que mènerait l’armée ou des agences de renseignement (cf. Véronique Campion-Vincent, La société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Paris, Payot, 2005, pp. 113-141).
(7) Jean Delumeau, La peur en Occident. XIVe-XVIIIe siècles. Une cité assiégée, Paris, Hachette, 1996 [1978], p. 67.
(8) Daniel Boy, op. cit., p. 45.
(9) Concomitamment à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), un document a circulé sur Internet dénonçant la volonté de puissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Intitulée « Le vaccin de la conspiration », ce diaporama de trente-deux diapositives contenait une photo de Margaret Chan, la directrice de l’OMS, présentée comme « reine du monde ». Un thème qui renvoie immanquablement à celui du complot juif destiné à couronner un « roi du monde ».
(10) Rudy Reichstadt, « Qui sont vraiment les conspirationnistes “anti-vaccination” ? », Conspiracy Watch.info, 16 février 2010.
(11) Jouvence, Vivez soleil, Thierry Souccar éditions, etc.
(12) Plusieurs séquences du documentaire de Ted Anspach (Les effroyables imposteurs [2010], diffusé le 9 février 2010 sur Arte) montrent certains de ces adeptes des médecines parallèles, New Age ou « holistique ».
(13) Conspiracy Watch évoque ainsi une certaine Mirella Carbonatto. Sur la figure des Illuminati, cf. Pierre-André Taguieff, La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005.
(14) Francis Chateauraynaud & Didier Torny, « Mobiliser autour d’un risque. Des lanceurs aux porteurs d’alerte », in Cécile Lahellec (dir.), Risques et crises alimentaires, Paris, Lavoisier, 2005, p. 329-339.
(15) Il s’agit d’un certain Christian Cotten, se présentant comme « psychosociologue et psychothérapeute », Fondateur d’une association, « Politique de Vie » (http://www.politiquedevie.net/), où il expose ses idées. On verra notamment « Affaire Christian Cotten Affaire des attentats de Madrid », Le Post, 26 février 2009.
(16) Pierre-André Taguieff, « Anti-israélisme et judéophobie : l’exception française », Outre-Terre, n° 9, 204, pp. 385-404.
(17) Jean-Yves Camus, « Dieudonné et l’ultra-droite », L’Arche, n° 582, octobre 2006.
(18) Voir : Anne-Sophie Mercier, La vérité sur Dieudonné, Paris, Plon, 2005 ; Stéphanie Binet & Blandine Grosjean, « La nébuleuse Dieudonné », Libération, 10 novembre 2005 ; Christophe Forcari, « Dieudonné, côté obscur », Libération, 2 janvier 2009.
(19) Dominique Sopo, « Dieudonné ou l’obsession antisémite », Le Monde, 6 janvier 2009 ; Vincent Duclert, « L’antisionisme de Dieudonné, héritage contemporain de l’antisémitisme », Le Monde, 24-25 mai 2009.
(20) Conflit ou clivage dont on sait qu’il est l’une des manières de repérer des formes de politisation chez les « profanes » (cf. Sophie Duchesne & Florence Haegel, « Entretiens dans la cité, comment la parole se politise », EspacesTemps, 76/77, 2001, p. 95-109 ; des mêmes auteurs, « La politisation des discussions au croisement des logiques de spécialisation et de conflictualisation », Revue française de science politique, vol. 54, 6, décembre 2004, p. 877-909.
(21) Ariane Chemin, « Jean-Pierre Raffarin s’en prend au spectacle de Dieudonné », Le Monde, 15 février 2005.
(22) « Dieudonné récidive sur “Le Mouv’”, une station de Radio France », Proche-Orient.info, 11 décembre 2003.
(23) Catherine Coroller, « Dieudonné candidat pas pour rire », Libération, 25 janvier 2006.
(24) Eve Boisanfray, « Dieudonné, condamné pour incitation à la haine raciale », Libération.fr, 10 mars 2006.
(25) Isabelle Monnin, « Dieudonné : “Crevons ensemble” », Le Nouvel Observateur, 5 février 2009.
(26) Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen, La démocratie de l’abstention. Aux origines de la démobilisation électorale en milieu populaire, Paris, Gallimard, 2007, p. 174 et suivante.
(27) Lionel Arnaud & Christine Guionnet, « Introduction. Les frontières du politique. Enquêtes sur les processus de politisation et dépolitisation », in L. Arnaud, C. Guionnet (dir.), Les frontières du politique. Enquête sur les processus de politisation et de dépolitisation, Rennes, PUR, 2005, p. 14.

L’auteur :
Professeur des Universités à l’Université Lyon 2 et à Sciences Po Grenoble, Emmanuel Taïeb a consacré plusieurs articles à l’analyse du conspirationnisme et des rumeurs. Il est l’auteur de La guillotine au secret. Les exécutions publiques en France, 1870-1939, Paris, Belin, coll. « Socio-histoires », 2011.

Ce texte a été adapté de l’article «Logiques politiques du conspirationnisme» paru originellement dans la revue Sociologie et sociétés (Presses de l’Université de Montréal), vol. 42, n° 2, 2010, p. 265-289. Il est disponible en intégralité sur Erudit.org. Merci à Emmanuel Taïeb, à la rédaction de Sociologie et sociétés et aux Presses de l’Université de Montréal de nous avoir autorisé à en reproduire cet extrait ici.