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Capture d'écran du site de Jane Burgermeister
Quinze questions/réponses pour en finir avec les théories du complot autour de la grippe A...

Le virus de la grippe A a-t-il été fabriqué dans un laboratoire ? L'OMS est-elle de mèche avec l'industrie pharmaceutique ? Est-il vrai que l'OMS a modifié sa définition de la pandémie grippale juste avant l'apparition de la grippe A ? Pourquoi Sanofi-Pasteur a-t-il signé un contrat avec le Mexique au début de l'année ? Les laboratoires Baxter font-il partie d'un vaste complot bioterroriste ? Est-il vrai qu'ils ont déposé un brevet sur le vaccin contre la grippe A un an avant l'apparition du virus ? Pourquoi les Etats-Unis ont-ils accordé l'immunité juridique aux fabricants de vaccins ? Les experts qui conseillent le gouvernement français ont-ils des liens avec l’industrie pharmaceutique ? Les mesures prises par le gouvernement menacent-elles les libertés publiques ? Pourquoi le gouvernement a-t-il acheté le mot-clé « grippe » sur internet ? Quid des effets secondaires du vaccin et du syndrôme de Guillain-Barré ? Les adjuvants sont-ils nocifs ? La vaccination sert-elle à implanter des puces électroniques RFID sous notre peau ? Est-elle obligatoire ? Quelle est l'utilité réelle des vaccins ?

1/ Le virus de la grippe A(H1N1) a-t-il été fabriqué dans un laboratoire ?

Réponse : Adrian Gibbs, un virologue australien à la retraite, a déclaré dans la presse qu'il n'était pas impossible que le virus de la grippe A(H1N1) se soit échappé accidentellement d'un laboratoire. Gibbs aurait en effet observé un taux de mutation anormalement élevé dans le virus. Selon lui, cet élément peut laisser penser que le virus a été fabriqué dans un laboratoire. Prenant les déclarations de Gibbs au sérieux, l'OMS a demandé à des laboratoires de différents pays d'analyser ces résultats. Ces laboratoires ont conclu qu'aucun élément ne permettait de soutenir les hypothèses de Gibbs. Lors d'une conférence de presse le 14 mai 2009, le docteur Keiji Fukuda, directeur général adjoint par intérim pour la Sécurité sanitaire et l'Environnement à l'OMS, a réaffirmé que l'origine du virus était naturelle : « In fact, the evidence suggests that this is a naturally-occurring virus and not a laboratory-derived virus ». L'erreur de Gibbs viendrait du fait qu'il a comparé le taux de mutation du virus à ceux d'autres gènes dont le taux de mutation est relativement bas, le conduisant ainsi à une conclusion erronée. Il faut également noter que, lors de sa déclaration à la presse, Adrian Gibbs a précisé que ses résultats pouvaient tout à fait s'expliquer par des hypothèses autres que celle d'un virus qui aurait été fabriqué en laboratoire.

De leur côté, Alex Jones et Wayne Madsen affirment que le virus de la grippe A(H1N1) a été fabriquée génétiquement, ceci dans le but de servir d'arme biologique. Les affirmations d'Alex Jones et de Wayne Madsen - deux propagandistes notoires de la théorie du complot mondial - ne s'appuyent cependant sur rien de sérieux : Wayne Madsen aurait, selon ses dires, un contact à l'ONU qui lui aurait assuré que le virus possède certains vecteurs de transmission suggérant que la souche de grippe A aurait été fabriquée en laboratoire. Wayne Madsen se garde bien d'en dire plus à ce sujet. Nous ne saurons probablement jamais qui est ce contact ni quels sont ces fameux vecteurs de transmission. Si ce fameux contact existe et s'il est, comme le prétend Madsen, un éminent scientifique, pourquoi ne diffuse-t-il pas publiquement les preuves dont il dispose ?

2/ L'OMS est-elle de mèche avec l'industrie pharmaceutique ?

Réponse : L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a organisé plusieurs réunions avec des représentants des grands groupes pharmaceutiques en mai et en juillet. Le rôle des industries du vaccin étant, précisément, de produire des vaccins, il n'y a rien d'étonnant à ce que de telles réunions aient lieu : pour anticiper une crise sanitaire, il faut nécessairement se coordonner avec l'industrie pharmaceutique. C'est l'absence de ce type de réunion qui serait scandaleuse et irresponsable de la part de l'OMS.

Dans un texte publié sur le site Global Research.ca (version anglophone du site de Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca), Jane Burgermeister a écrit que l'OMS aurait « refusé de communiquer le procès-verbal d’une importante réunion d’un groupe consultatif bondé de dirigeants de Baxter, Novartis et Sanofi ». En vérité, l'OMS n'a jamais « refusé » de communiquer un tel document. La réunion du 7 juillet 2009 était une réunion extraordinaire du Groupe consultatif stratégique d’experts de la vaccination (SAGE) sur la pandémie 2009 de grippe A. Il n'y a pas eu, à proprement parler, de « procès-verbal » de cette réunion, c'est-à-dire un document qui aurait consigné les propos de chacun des participants. En revanche l'OMS en a publié un compte-rendu de plusieurs pages sur son site internet dans son Relevé épidémiologique hebdomadaire du 24 juillet 2009.

3/ Est-il vrai que l'OMS a modifié sa définition de la pandémie grippale juste avant l'apparition de la grippe A (H1N1) ?

Réponse : Dans une interview au magazine allemand Der Spiegel, l'épidémiologiste Tom Jefferson affirme que l'OMS a modifié sa définition de la pandémie grippale juste avant l'apparition de la grippe A. Apparemment le critère du nombre de mort aurait été ôté de la définition. Tom Jefferson voit dans cette modification un coup de pouce de l'OMS à l'industrie du vaccin car elle aurait permis de déclarer plus facilement l'état de pandémie. En réalité, cette modification a eu lieu en 2005 et non en 2009. Il s'agissait de prendre en compte les conséquences indirectes de la pandémie, en particulier les impacts économiques qui pourraient avoir des conséquences importantes sur la vie des populations, notamment dans les pays en voie de développement.

4/ Pourquoi Sanofi-Pasteur a-t-il investi au Mexique au début de l'année ?

Réponse : Sanofi-Pasteur est la Division « vaccins » du Groupe Sanofi-Aventis. Le 9 mars 2009, soit un mois environ avant le début de l'épidémie, Sanofi-Pasteur a signé un contrat avec les autorités mexicaines pour l'installation d'une usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière et pandémique au Mexique, à Ocoyoacac. Toutefois, ce projet, qui pèse 100 millions d'euros, est bien antérieur à la signature de l'accord. De plus, la pandémie actuelle ne profite guère à la nouvelle usine mexicaine de Sanofi-Pasteur qui ne sera inaugurée qu'en 2012 au plus tôt. Ajoutons que Nicolas Sarkozy et son homologue mexicain, Felipe Calderon, furent conviés lors de la signature du contrat qui bénéficia ainsi d'une importante couverture médiatique. Sanofi-Pasteur a annoncé la nouvelle dans un communiqué de presse et l'a même affiché sur son site Internet. Pour un complot international, cela manque sérieusement de discrétion ! L'origine du projet est en fait double : le Groupe Sanofi-Aventis vise d'abord à mieux s'insérer sur le marché de la grippe saisonnière. La deuxième raison est que l'histoire a connu plusieurs cas de grippes épidémiques, que le risque d'une grippe pandémique plane depuis longtemps et qu'il a été récemment relancé par l'épidémie de grippe aviaire. Ainsi, depuis 2004, l'OMS s'attendait à l'arrivée possible d'une pandémie. Au final, le projet n'a rien de suspect, et la signature de l'accord un mois avant les premiers cas de grippe A est une coïncidence plutôt positive, autant pour la population que pour Sanofi-Pasteur.

5/ Les laboratoires Baxter font-ils partie d'un vaste complot bioterroriste ?

Réponse : A partir d'une information du journal tchèque Ceske Noviny, selon laquelle les responsables tchèques des services de santé ont refusé d'acheter le vaccin de Baxter, le jugeant à risques, les site Alterinfo.net et PlanèteNonViolence.org imaginent un complot lié aux « liens troublants » que Baxter a connu avec la Tchéquie. En effet, la ministre de la Santé Dana Juraskova refuse de traiter avec le laboratoire Baxter parce qu'il est dans « l'incapacité de garantir que le vaccin est sans danger et de dire à qui incombe la prise en charge des risques de possibles effets secondaires ». Plus précisément, la ministre de la santé n'a pas dit que le vaccin fabriqué par Baxter est moins bon, juste que « Baxter a été incapable de confirmer qu'il livrerait un vaccin homologué » dans les délais fixés. Un problème de calendrier, donc, sur lequel les deux parties ont été incapables de s'entendre.

Sur un blog non officiel au nom trompeur, Info Vaccin, on peut lire également que Baxter a déjà mélangé « délibérément » un virus de grippe aviaire H5N1 avec un virus de grippe saisonnière H3N2. Baxter aurait fait de ce cocktail « une arme biologique ». En réalité, Baxter n'a pas contaminé sciemment un virus grippal saisonnier avec le virus H5N1, comme l'expliquait début 2009 une journaliste de Canadian Press, équivalent de notre Agence France Presse. Les laboratoires Baxter ont accidentellement mélangé des virus de type H3N2 et H5N1 dans des dosettes contenant initialement le virus H3N2. Elles ont été livrées à un laboratoire autrichien qui s'est rendu compte de l'erreur en administrant ce virus à des furets qui sont mort sur le coup, à cause de la présence du H5N1 mortel pour eux. Baxter a expliqué que ces échantillons de grippe étaient destinés à des tests en vue de la fabrication d'un vaccin et qu'ils n'étaient pas entrés dans la composition de vaccins. Les locaux utilisés pour les manipulations ont été décontaminés. Le ministère de la Santé autrichien a rapporté l'incident à l'Union européenne qui a conduit ses propres auditions.

6/ Est-il vrai que les laboratoires Baxter ont déposé un brevet sur le vaccin contre la grippe A(H1N1) un an avant l'irruption du virus ?

Réponse : Non. Le brevet concerné (Brevet US 2009/0060950 A1) a bien été déposé le 28 août 2008 mais ne concerne pas un vaccin contre la grippe pandémique A(H1N1). Il porte en réalité sur un procédé de fabrication de vaccins viraux en général. Le terme « H1N1 » désigne un sous-type humain ou porcin de virus de type influenza. Le virus de la grippe A(H1N1) est de sous-type H1N1 mais il est issu d'un réassortiment de quatre virus influenza. Concernant le virus de la grippe saisonnière, la souche n'est pas la même chaque année et ce n'est donc pas toujours le type H1N1 qui en est la cause. Le brevet en question cite le virus H1N1 (celui de la grippe saisonnière, pas celui de la pandémie actuelle) à titre d'exemple et parmi d'autres. Sont également cités : H2N2, H3N2, H5N1, H7N7, H1N2, H9N2, H7N2 et H7N3. Il n'y a dans ce brevet aucune référence au virus grippal pandémique A(H1N1). Et pour cause puisqu'il n'est apparu qu'au mois de mars 2009.

7/ Pourquoi les Etats-Unis ont-ils accordé l'immunité juridique aux fabricants de vaccins ?

Réponse : La secrétaire d'Etat américaine à la santé, Kathleen Sebelius, a signé le 15 juin 2009 un document qui protège les fabricants de vaccins et les fonctionnaires fédéraux contre d'éventuelles poursuites judiciaires en cas d’effets indésirables survenant chez des personnes vaccinées contre le virus de la grippe A(H1N1). Ce texte s'inscrit dans le cadre de la loi sur « la préparation et les urgences publiques » (PREP Act), qui vise à encourager les fabricants à produire rapidement des vaccins, comme l'explique Le Monde.fr. Le PREP Act avait été adopté par le Congrès et signé par George Bush en décembre 2005, à l'occasion des attaques à l'anthrax. Le cadre a ensuite été élargi à d'autres virus, notamment grippaux, susceptibles de provoquer une pandémie. Le PREP Act prévoit aussi que le ministère de la Santé puisse créer un fonds d'urgence afin d'indemniser d'éventuelles victimes. Mais les laboratoires n'ont pas pour autant le droit de faire n'importe quoi : ils sont soumis à une procédure de contrôle sévère – certes accélérée – avant la mise sur le marché de leurs vaccins.

8/ Les experts qui conseillent le gouvernement ont-ils des liens avec l’industrie pharmaceutique ?

Réponse : L'article L.4113-13 du Code de la santé publique impose aux professionnels de la santé de déclarer leurs liens d’intérêts « avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits ». Ainsi, les membres du Comité de lutte contre la grippe (organisme officiel rattaché au ministère de la Santé) sont tenus de faire une déclaration publique d’intérêts afin de conseiller le gouvernement en toute transparence.

Les liens entre les médecins consultés par le gouvernement sur la pandémie et les laboratoires pharmaceutiques ont par ailleurs été soulignés à plusieurs reprises dans la presse. Le Parisien a par exemple mis en évidence que le financement du Groupe d'expertise et d'information sur la grippe (Geig), une association loi de 1901 ayant pour objet officiel « l'information du public en France sur la grippe et sa prévention », était assuré entièrement par les cinq laboratoires qui distribuent des vaccins en France : Sanofi-Pasteur-MSD, GSK, Novartis, Pierre Fabre et Solvay. Le quotidien a également révélé les « multiples casquettes du professeur Lina ». Chef de service du laboratoire de virologie du CHU de Lyon, Bruno Lina est à la fois délégué général du Geig et conseiller de Margaret Chan, la directrice de l’OMS pour le risque pandémique. Le Pr. Lina se défend quant à lui de tout conflit d'intérêt, dit « assumer [ses] différentes casquettes », explique qu'il a « des collaborations avec les laboratoires Roche, Sanofi, GSK et BioMérieux [qu'il] ne cherche pas à cacher » et précise qu'il n'est pas rémunéré par le Geig.

9/ Les mesures prises par le gouvernement français menacent-elles les libertés publiques ?

Réponse : Le 8 septembre 2009, le Syndicat de la magistrature a révélé l'existence d'une circulaire du ministère de la Justice sur les mesures à prendre en cas de pandémie et a dénoncé « la volonté de créer une justice d’exception par ordonnances gouvernementales » : « des projets de textes modifiant l’organisation et le fonctionnement de la justice ont été transmis, dans le plus grand secret, aux chefs de cour en juillet 2009 », peut-on lire dans le communiqué. Ces projets prévoyaient notamment la possibilité de faire des audiences à huis clos ou à juge unique, de faire juger des enfants par des juges correctionnels et non par des magistrats spécialisés, ou encore de limiter l'accès des avocats lors des gardes à vue. Le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier, rappelle que tout texte de ce genre sera préalablement soumis au Conseil d'Etat et au Parlement et indique que cette circulaire a été « envoyée en juillet, à une époque où nous n'avions pas les informations sanitaires et médicales dont nous disposons aujourd'hui ».

10/ Pourquoi le gouvernement a-t-il acheté le mot-clé « grippe » sur internet ?

Réponse : Le gouvernement achète régulièrement des mots clés. Ces achats font partie du budget Web de la communication gouvernementale. Selon le directeur du Service d'information du gouvernement, Thierry Saussez, ils servent à orienter le public vers des sites fiables sur lesquels les informations sont « claires, réalistes et validées » afin de protéger les internautes des fantasmes véhiculés parfois par d'autres sites.

11/ Le vaccin contre la grippe A ne risque-t-il pas d’entraîner des effets secondaires graves comme le syndrôme de Guillain-Barré ?

Réponse : En dehors des irritations cutanées et des douleurs musculaires, les effets indésirables des vaccinations contre la grippe sont extrêmement rares. Le plus connu, le syndrome de Guillain-Barré, se manifeste par une réaction du système immunitaire qui s'attaque aux cellules nerveuses de l'organisme. Il peut être provoqué aussi bien par la vaccination elle-même que par certains virus, dont celui de la grippe. Mais le risque de développer ce syndrome après une grippe est 40 à 70 fois supérieur qu'après une vaccination anti-grippe.

On compte en moyenne un cas grave par million de personnes vaccinées, alors que les risques de développer une forme agressive de la grippe A sont 1000 fois plus élevés (1 pour 1 000). La réticence d'une partie de la population, y compris chez certains professionnels de santé, tient notamment à des polémiques médicales qui ont éclaté ces dernières années à propos de dangers supposés de plusieurs vaccins. Celui contre l'hépatite B a ainsi été accusé de déclencher la sclérose en plaque, un lien démenti depuis 2001 par plusieurs études internationales.

Selon le Dr Brian Ward, directeur adjoint du Centre de recherche en maladies infectieuses et microbiologie du Centre hospitalier de l'Université McGill (Montréal), ce type de complications avaient plus de chance de survenir avec les anciens vaccins, comme ceux contre la rage. Fabriqués à base de virus vivant, les vaccins contre la poliomyélite, qui étaient administrés oralement, présentaient quant à eux des risques de paralysie.

12/ Les adjuvants sont-ils nocifs ?

Réponse : La plupart des vaccins actuellement distribués contre la grippe A contiennent des adjuvants. Ces produits servent à renforcer l’efficacité du principe actif du vaccin et à fabriquer ainsi plus de vaccins avec une même quantité d’antigène. Les vaccins « adjuvantés » commercialisés en Europe ne requièrent ainsi que 3,75 microgrammes d’antigènes, quand il en faut 15 microgrammes pour un vaccin non-adjuvanté.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande l'utilisation d'un vaccin sans adjuvant pour trois types de publics prioritaires dont les femmes enceintes et les enfants de 6 mois à 23 mois.

Deux adjuvants composant le vaccin contre la grippe A(H1N1) comportent du squalène, une substance lipidique présente à l'état naturel dans les plantes et dans plusieurs aliments qui a été soupçonnée d'être à l'origine du syndrome de la guerre du Golfe, car il entrait dans la composition des vaccins contre l'anthrax administrés aux soldats. Pourtant, plus de 22 millions de personnes ont été immunisées depuis 1997 contre la grippe saisonnière avec un vaccin contenant cette molécule, sans qu'aucun problème particulier n'ait été signalé.

Des dizaines d'études ont également confirmé l'innocuité du thiomersal, un anti-bactérien contenu dans les vaccins ROR (rougeole-oreillons-rubéole), lequel a été montré du doigt voilà quelques années par des médecins américains qui le rendaient responsable de l'apparition de certains cas d'autisme. Cette hypothèse a été définitivement rejetée par l'OMS. D'ailleurs, les cas d'autisme n'ont pas diminué après le retrait du thiomersal aux Etats-Unis. Le thiomersal contribue à prévenir la contamination bactérienne des vaccins, et il est considéré à ce jour comme l’une des substances les plus efficaces pour cette prévention. Il a également été établi que le thiomersal contribuait à améliorer la stabilité des médicaments. Il est actuellement présent dans tous les vaccins contre la grippe, à des doses si minimes que tout risque de toxicité est exclu.

Quant à l'adjuvant contenu dans le vaccin antigrippe A des laboratoires GSK, il est, selon Jean-François Delfraissy (directeur de l'Institut des maladies infectieuses au Kremlin-Bicêtre et coordinateur des recherches menées à l'Inserm sur le virus A/H1N1) « très proche de celui déjà utilisé avec le vaccin contre le papillomavirus, prescrit en prévention du cancer du col de l'utérus et avec lequel il n'y a aucun problème ».

13/ La vaccination sert-elle à implanter des puces électroniques RFID sous notre peau ?

Réponse : Il est tout à fait possible, techniquement, d'implanter des puces RFID (Radio Frequency IDentification) sous-cutanées au moyen d'une seringue. Les rumeurs liées à un « puçage » massif de la population à la faveur de la campagne de vaccination relèvent cependant du délire pur et simple.

14/ La vaccination est-elle obligatoire ?

Réponse : Contrairement à une opinion répandue, la vaccination n'est en rien obligatoire. Ni dans les écoles ni même pour les personnels soignants - ceux-ci étant simplement invités à le faire. Trois vaccins sont actuellement obligatoires en France : les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, généralement administrés simultanément (DTPolio). La vaccination contre le BCG (la tuberculose) n'est plus obligatoire depuis 2007.

15/ En définitive, quelle est l'utilité réelle des vaccins ?

Réponse : Les vaccins sont parfois rendus responsables de pathologies classiques dont l'apparition coïncide avec l'injection. En 2006, le gouvernement israélien a dû interrompre une campagne d'immunisation contre la grippe après la mort de quatre patients en l'espace d'une journée : il ne s'agissait en fait que d'un simple hasard statistique. La vaccination contre la grippe saisonnière n'empêche pas d'être infecté par d'autres virus hivernaux, comme les rhino-pharyngites, qui provoquent les mêmes symptômes (fièvre, courbatures, toux). Du coup, ceux qui s'y sont prêtés sont amenés à douter de l'efficacité du vaccin qui leur a été administré.

Le 19 novembre 2009, l'OMS a assuré qu'aucun lien entre les vaccins et la trentaine de décès signalés dans le cadre des campagnes de vaccination massive contre la grippe A(H1N1) n'a jusqu'à présent pu être établi tandis que, depuis son apparition en mars dernier, la grippe A(H1N1) a tué près de 6 500 personnes dans le monde.


Sources :
* 100 questions sur la grippe A(H1N1), Le Monde.fr, 16 novembre 2009.
* Coline Berard, « Comment la peur du vaccin anti-grippe A contamine la Toile », L'Express.fr, 10 novembre 2009.
* Sarah Pinard, « Quatre folles rumeurs sur le vaccin contre la grippe A », L'Express.fr, 18 septembre 2009.
* Anna Alter, « Grippe A : le labo Baxter obligé de s'expliquer », Marianne 2.fr, 11 septembre 2009.
* Olivier Chacornac, « Grippe A(H1N1) : entre information et désinformation », Des doutes à gogo (blog d'Agnès Lenoire), 6 septembre 2009.
* Lisa-Marie Gervais, « A(H1N1) : des "antivaccination" crient au complot sur Internet », Le Devoir, 6 août 2009.
* Sophie Verney-Caillat, « Sanofi Pasteur investit au Mexique, pure coïncidence », Rue 89, 4 mai 2009.

Voir aussi notre dossier sur la grippe A(H1N1) .

(Merci à Olivier Chacornac pour sa participation à l'écriture de ce texte).