
« Plandemic » est une vidéo complotiste américaine de 26 minutes. Son réalisateur, Mikki Willis, la met en ligne le 4 mai 2020. Premier volet d'un projet documentaire, elle constitue l'un des cas les plus marquants de désinformation virale durant la pandémie de Covid-19.
La vidéo − dont le titre est un jeu de mots suggérant que la pandémie a été « planifiée » – repose sur un long entretien avec Judy Mikovits, ancienne chercheuse en biologie présentée comme une « lanceuse d'alerte ». Le film mobilise un ressort classique du complotisme : l'héroïsation d'une figure persécutée par des forces occultes. Selon le film, « les sbires de Big Pharma ont déclaré la guerre » à la chercheuse.
Le parcours de la chercheuse éclaire ce procédé. En 2009, elle cosigne dans la revue Science une étude liant un rétrovirus au syndrome de fatigue chronique. Faute de réplication par d'autres laboratoires, la revue rétracte l'article en décembre 2011. La même année, l'institut de recherche du Nevada qui l'emploie la licencie. La police l'arrête ensuite brièvement pour un vol présumé de matériel. La justice abandonnera les poursuites par la suite.
Dans la vidéo, Mikovits accumule les affirmations fausses (le port du masque provoquerait la contamination par le Covid-19, les vaccins auraient « tué des millions de personnes » et Anthony Fauci aurait étouffé l'existence de traitements efficaces contre le Covid-19 afin de permettre à l'industrie pharmaceutique de faire des profits en développant des vaccins) et invérifiables (le virus du Covid-19 serait, selon elle, sorti d'un laboratoire).
Le 8 mai 2020, la revue Science vérifie point par point les allégations de la vidéo. Sa conclusion est sans ambiguïté : « aucune de ces affirmations n'est vraie ». D'autres articles de fact-checking parviennent au même constat.
Le succès de la vidéo tient à sa fabrication soignée et à sa diffusion. Willis emprunte les codes du documentaire professionnel pour rendre le propos crédible. En une semaine, la vidéo dépasse les huit millions de vues, selon le New York Times. Les milieux antivax, la mouvance QAnon et le mouvement anti-confinement la relaient massivement. Elle atteint au total des dizaines de millions de vues.
Devant l'ampleur du phénomène, plusieurs plateformes retirent la vidéo. YouTube, Facebook et Vimeo invoquent un risque pour la santé publique. Willis prolonge néanmoins la série avec un deuxième volet (« Plandemic: Indoctornation ») diffusé le 18 août 2020 et un troisième (« The Great Awakening ») en 2023.
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(Dernière mise à jour le 28/05/2026)