(…) Alors que des journalistes de Sioux Falls (…) lui demandaient pourquoi elle reste dans la course, alors même que ses chances de l’emporter sont infimes, Hillary Clinton a expliqué qu’il n’y avait pas de raison de s’impatienter. Son mari Bill, lors des primaires de 1992, n’a été investi par le parti qu’en juin de l’année, a-t-elle fait remarquer en ajoutant « et on se souvient tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin en Californie » (en 1968, alors qu’il était candidat aux primaires).

En regard des vagues craintes d’attentat qui circulent à propos de Barack Obama, la remarque avait un petit goût de « wishful thinking » – un désir dissimulé d’envisager un scénario similaire.

(…) Alors qu’Obama est sur le point d’obtenir l’investiture du parti démocrate, ses supporters se frottent les yeux. Ils n’osent pas y croire (un Noir à la Maison Blanche, ce n’est pas possible… « ils » vont sûrement le stopper ! ). Au moins deux électeurs noirs de Caroline du sud m’ont fait part de leur crainte d’un attentat, concluant qu’ils ne voteraient pas pour Obama… potentiellement « afin de lui sauver la vie ».

Cette théorie du complot s’appuie sur l’histoire récente des Etats-Unis, qui a vu trois de ses grands hommes politiques assassinés (Martin Luther King, John et Bobby Kennedy), et plusieurs tentatives déjouées (Ronald Reagan en 1981, Gerald Ford en 1975). Un 1974, un chômeur, Sam Byck, avait essayé d’assassiner Richard Nixon en tentant de détourner un avion qu’il comptait écraser sur la Maison Blanche.

Mais il faut dire aussi qu’Obama a bel et bien reçu des menaces de mort, qui ont conduit les services secrets à assurer sa protection dès le début de sa campagne.

Lire l’intégralité de l’article sur le blog de Philippe Grangereau, correspondant de Libération à Washington.

Lire également, du même auteur, « Hillary Clinton gaffe en évoquant l’assassinat d’Obama », Libération, 26 mai 2008.