Page d’accueil du site (capture d’écran du 15/11/2018).

Démocratie Participative est un site néo-nazi et négationniste apparu en 2017. Outrancièrement raciste, il est administré anonymement et hébergé aux États-Unis.

Si Démocratie Participative se présente comme un site « d’expression française […] placé sous la protection du Premier Amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique », plusieurs éléments indiquent qu’il est en réalité animé par le militant ultra-nationaliste breton Boris Le Lay. Co-animateur jusqu’en septembre 2010 avec Hervé Ryssen du blog antisémite « Comprendre le projet politique juif », ce dernier est le fondateur du blog Breiz Atao. Il a été plusieurs fois condamné pour provocation à la haine et est actuellement sous le coup de plusieurs mandats d’arrêt.

Le 27 novembre 2018, la justice française ordonne à neuf fournisseurs d’accès à Internet (parmi lesquels Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR) de bloquer définitivement ce site, considérant qu’il constitue une menace à l’ordre public en raison de ses contenus « d’une extrême violence et qui exhortent en même temps au passage à l’acte violent contre des personnes en raison de la religion, de l’origine ou de l’orientation sexuelle ».

L’observatoire MEMRI a documenté un échantillon des contenus publiés par Démocratie Participative, soulignant que ce site « tout entier imprégné d’antisémitisme » était calqué « sur le modèle du site internet suprématiste blanc et pro-nazi Daily Stormer, basé aux Etats-Unis » et édité par Andrew Anglin.

Démocratie Participative soutient les négationnistes comme l’Allemande Ursula Haverbeck-Wetzel, écrivant que « les juifs de Satan (la) font jeter en prison […] pour l’y faire mourir ».

En novembre 2018, Démocratie Participative diffuse un tract appelant par exemple à manifester « contre le racket fiscal judéo-bolchévique ».

Le 31 mars 2020, en pleine crise du coronavirus, Démocratie Participative titre sur « le complot juif contre la France », relayant une vidéo d’Alain Soral dans laquelle le président d’Égalité & Réconciliation opère un parallèle entre les « gens qui ont en charge la médecine d’État » et le film de Steven Spielberg « La Liste de Schindler ».

Le 2 avril 2020, Démocratie Participative lance un forum appelé « Europe, Écologie, Les Bruns (EELB) ». Selon SimilarWeb, EELB a enregistré 144 000 visites lors de son premier mois d’activité.

Comme le rapporte le site Journalistes solidaires, Démocratie Participative diffuse dans son émission hebdomadaire du 8 avril 2020 un prétendu témoignage d’un médecin urgentiste. Publié sous forme de texte sur EELB, il est ensuite partagé en vidéo sous le titre « Boris Le Lay avoue les magouilles du Covid-19 » sur la chaîne YouTube « Souvenir français – les Gilets jaunes du Jura 39 ». La publication revient sur les « hôpitaux (qui) répondent tous aux ordres de la république juive ». La vidéo cumule rapidement des centaines de milliers de vues. Elle sera partagée sur les réseaux sociaux par l’oncologue Nicole Delépine [archive].

Début septembre 2020, la famille d’une des victimes française de l’attentat du 9 août au Niger saisit la justice. Elle réclame d’urgence le blocage du site suite à la publication de deux articles intitulés : « Niger : une ignoble trainée pro-nègres qui militait pour Benoit Hamon figure parmi les 6 gauchistes blancs assassinés » et « Reportage au Togo : ces blanches négrifiées qui vont faire de l’humanitaire en Afrique pour se faire sauter par des indigènes ».

Peu après, Démocratie Participative est déréférencé de Google. La justice ordonne la fermeture du site en décembre 2020 estimant que les publications du site néo-nazi « exhortent à la haine en valorisant, par les mots et l’image, un passage à l’acte terroriste ».

Après qu’Emmanuel Macron a annoncé, le 12 juillet 2021, la mise en place du pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants, Démocratie Participative a à nouveau fustigé la « dictature juive » et incité au « repli hors des grandes villes contrôlées par ZOG » [archive].

 

(Dernière mise à jour le 22/07/2021)